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mercredi 26 avril 2023

SAVOIR : INFLEXIBLE TUTEUR (Aux doctes grisés de rhétorique)

SAVOIR : INFLEXIBLE TUTEUR

(Aux doctes grisés de rhétorique)

 

Aux rires pleins des muses se diluent

Et l’espace, et le temps consomptibles ;

Au pulpeux de leur moue corruptible

S’affairent des pépiements goglus.

 

Leurs ductiles mensonges pommadent

A escient le naïf piégé de chimères,

De froides utopies encrées en l’éphémère,

Au soir où le sabir s’étoffe d’algarades

En la lingua franca profanée de l’alcade

Mis à mal de l’Ibère au jobelin sommaire.

 

J’effeuille noble langage au style de la prose

Posée au palimpseste dont je me fais parfois

Herméneute de lois acquiescées de la foi

Du croyant rassuré, banni de l’amaurose.

 

Tant de mots écorchés de malhabiles lèvres,

De vocables usés aux vents d’élocution

Grisée de vains discours, d’aberrations

Pulsés de matamores... l’audace les enfièvre.

 

Se doit-on de conspuer_ avant que de se taire_

Le docte de facultés, le sage d’académie ;

Sont-ce là les ectoplasmes de l’endémie,

Les trublions au verbe délétère… ?

 

Ces barbants ronds-de cuir du professorat  

Engluent d’un mol enduit l’intellect muché

Sous de stupides règles : édits écachés,

Egrugés de glaçures de protectorat…

 

L’affect mis en berne a fait de ces trompeurs :

Orgueilleux pédagogues de cégep… emmurés

Au savoir du lettré… on les voit murmurer

Mesquins épistémès aux miteuses vapeurs ;

Trop souvent, allégoriques donnes, en la peur

De fragiles pupos au désir fissuré…

 

Caton et sa morale a peu à peu séduit

L’enseignant privé du libre-arbitre…

Celui-là même qui pérore au pupitre ;

Lui que l’obsolescence à céans, réduit

 

Au silence… face à la déferlante d’images

Glosées d’adeptes de l’informatique ;

Ces néo-affranchis salivent au portique

De la gent anonyme en plein écimage.

 

Voyez ces souches mitées ! fonctionnaires

Épiant retraite en se croisant les doigts,

En disloque, bouffis, désœuvrés, maladroits

Aux noces de la plèbe factionnaire.

 

Sous guérite, la jeunesse refoule sans mal,

La poussiéreuse pédagogie… Jules Ferry

En son tiède linceul … je le crois ! en rit…

Heureux de voir le disciple de Normale

Cacarder au vide de l’étrange : Pauvre animal

Blessé de tant d’offenses… offensé, marri.

 

L’école a tué l’enfant que Dieu a fait libre,

L’innocent encavé de hideux préceptes

Dont la compréhension aux riches concepts,

Accuse évidence aux sonnets du félibre…

 

Griffé de scholastique, de vexants aphorismes,

L’écolier s’en vient paître en ce déclamatoire

Dont khâgne fait bombance; cet ostentatoire...

Le savoir tale du raccourci sans schismes,

 

La berme de l’existentialisme… convaincu

D’avoir aux accusatifs, prisé pétun, sans

De l’ivresse probable, retenu en son sang,

L’éphémère volute… que n’aura-t-il vécu !...

 

« OUVREZ UNE ECOLE… FERMEREZ PRISONS ! »

Disait ce cher Hugo, se croyant prophète…

Pauvre lord ! orgueilleux silène ! la défaite

Récuse cet argument… jamais, ne méprisons

 

Le simple niquedouille ! car aujourd’hui,

Se tissent en ces écoles : criminogènes actes ;

Les élèves agressent le pédagogue, au pacte

Le liant de mortifères enduits :

 

Voyoucratie dont se sustente le fat ;bague

Du conceptuel en ce spéculatif, la raison…

Nulle âme ne se peut aux fades oraisons,

S'adorner de silences… la dague

 

Du tentateur scarifie des vertus, toujours,

Le ready made… quand l’illusion dévore

A coup de parélie, l’espèce, le limivore

Empuanti en la vase voit s’étioler le jour

 

Où s’alune l'astre de félicité… se meurt

Disgracié de rêves écrasés, de songes floutés ;

Reste en ce désordre… à vous en dégoûter,

Miasmes condensés de la belle demeure :

L’esprit du nouveau-né défait de ces rumeurs

Anonnées de guerre-lasse de censeurs voûtés !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023