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mercredi 5 avril 2023

SCHOLA

SCHOLA

 

Fats et prétentieux se donnent l’accolade,

Se tutoient au banquet de la gent incivile ;

Bercent de congratulations les plus vils,

Pour coincer du douzil, avant dégringolade,

L’embouchure à l’influx dévié de son clade.

 

Ignares et érudits s’accolent sur les bancs

De nos académies ; en cet alma mater,

Ce Redemptoris studiorum : long cratère,

Bouillonne le censeur cacochyme, tremblant.

 

Rabelais, pour nous plaire, et avec élégance,

Dompta du L’Ivy League, le statut informel

Crispant de l’incipit, la pointe allumelle,

Aux notes éthérées d’un clavicorde dense.

 

A Cambridge, les sages (si tant est qu’ils le soient)

Ont posé des jalons au naos du lettré ;

Infligeant à ses doctes, sans les déconcentrer,

Théogonie encellulée, sous capuce de soie,

 

Douteux codex : discutables apophtegmes

Aux mythes cosmétiqués d’argumentation…

N’est rien de plus laid en ces cooptations,

Que novicius coquistro sans flegme !

 

La villa Médicis joue encor les fleurons

De la pédagogie… porte ses précepteurs

Sur ses ailes noircies… vaillants éducateurs,

Et disciples de khâgne, fulminent de jurons

 

Face au flemmard poudré de l’aristocratie

Dont la bourse alimente aux fatales fièvres,

L’élitiste coincé louant de moites lèvres

Sophocle ou Ptolémée… folle argyrocratie !

 

Sorbonne la pantouflarde, ce paneton ridé,

A glissé sur la glaire d’un Hugo écœuré

Du vexant alliage qui, de Dante, à Coré,

Agglutine l’espèce réceptive aux idées_

 

Pourvu qu’elles soient saines… aux adages ;

Pourvu qu’ils soient cessibles en ces lieux,

Aux acronymes du scientisme bilieux,

Aux linguistes voutés de l’utile bravade.

 

Je regarde mourir les plus belles écoles,

S'affaisser en ruines, l’Académie française…

Les califes sont devenus vassaux ; l’ascèse

A empourpré les monarques châtrés… s’y accole

 

Le prévaricateur dont la verve égratigne

La pornocratie… se meurent les courtisanes ;

Marozia, statufiée, cherche son filanzane ;

De ces bourgeois ventrus (est-ce un signe ?)

 

Ne reste plus _ hélas ! _ que pochade soufflée…

Une triste peinture vidée de l’aquatinte…

S’ébrouent quelques penseurs en plaintes…

Le râle des poètes s’y semble difflué.

 

Accordez-moi audience : Vous direz pourquoi

Aux lévites palpables s’insurgent les battants !

Quand l’hiver sonne glas, le tiède harmatan

Balaie de ses risées le triste porte-croix.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023