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jeudi 20 avril 2023

EN MA LIE VIOLACEE… (Sommeillent d’autres saveurs)

EN MA LIE VIOLACEE

(Sommeillent d’autres saveurs)

 

Au satin de vos lèvres somnolent des baisers,

De petites lueurs irradiant la bouche ;

La vôtre captive de mes pauses farouches,

Humidifie l’espace dont je me veux griser.

 

Au velours de la chair attentive aux ébats,

L’audace se fait reine… il pleut des insomnies

Entre nos corps défaits, d’imprudentes manies

Echues de ce rivage où le cœur se débat.

 

Délié de l’angoisse, de l’irascible aplomb :

Rubicondes pépites, sanguines appétences,

J’enferre peu à peu de la concupiscence,

Le malléable avers : ce tramage de plomb…

 

Assujetti sans autre au filin de vos gestes,

J’avance en équilibre sur la peau du désir

Dont vous êtes_ rétentive louve _ au plaisir,

Agréable Carmen, attractive bupreste.

 

Au grelot de vos rires se diluent mes attentes ;

Perceptible ô combien au calme de vos eaux,

Mon besoin s’apprivoise, tel le souple roseau

Chahuté des ventées comme amoities d’andante :

 

Enjôleuse musique qui des nuits cendrées

Soulève l’adagio enfiévré d’ambitions…

N’est ici, d’autres larmes que suées de faction

Aux aguets au tertre d’ombres madrées.

 

Je longe du courtil de votre galbe chaud,

La charmille pentue… m’en dois-je disculper ?

N’est de plus doux passage pour doper

Ma mâle certitude que ce plaisant cachot.

 

J’y vois aux primes abandons, naître encor,

Et la nuit, et le jour, les ultimes drageons

De votre bel hymen… par ce ru, engageons

De l'instant l’entrelacs de ces corps !

 

Pistez de ma vacance les rudes bosselures !

Se peut-il que la gêne contriste vos humeurs,

S’enrouent (en l’écho du remords) les clameurs

Donnant vie à notre appariement ! la fêlure

 

De contiguïté est un trouble notoire ; il tacle

En ces faits, l’ensellure voûtée… brisez-en l’aura !

Verrez aux claires mues… nul autre n’en saura

Comme vous l’approuver en la macle _

 

La beauté du simple retenir… gardez-moi

Sous la vague dont vous faites furie !

En coulant, j’y verrai en steamer équarri,

La profondeur de ma sombre cale ! les cauris

 

Paveront le deuil de mon fonds éventré ;

Morte sera la lame écumée sous mon nerf…

Au ressac de ces flots, l’avenaire

Toisera ma superbe cloquée, décentrée…

 

Deviendrai carène d’un vieux marigot :

L’épave déposée au ventre d’une rade

Où s’égarent les pas de pérégrins maussades,

L’empreinte d'amants piégés de l’albugo…

 

Toutefois, si vos pleurs font quémande au soir,

Viendrai aux molles certitudes encerner

De vos rêves mutants, et sans les encorner,

Emorfiler nos jeux rompus sous l’aiguisoir.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023