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samedi 8 avril 2023

DIVIN APOSTOLAT

DIVIN APOSTOLAT

 

Traversèrent les eaux, affrontèrent tempêtes ;

Passèrent par le feu, sans connaître défaites_

Leur âme fut soumise au Divin Créateur ;

Ne prononcèrent jamais d’Oracles séducteurs…

Parlèrent en langues inconnues, psalmodièrent

A L’Agneau de merveilleux Cantiques ; huèrent

Chaque anathème enkystant l’incrédule,

En l’amorce de scribes dont les écrits pullulent.

*

De L’Etroite Porte, au Chemin resserré, virent

Renaître à la vie ceux que faisaient périr

Les riches podestats de La Rome païenne :

Pontifex maximus, ces retors_ panse pleine ;

Ceux qui du magistère encensèrent l’aura_ loups

Travestis en agneau… pernicieux gabelous

Lestés de mille dîmes, engrossés de sesterces ;

Mammon les a séduits, puis d'eux, fit commerce.

 

Les Saints du Dieu Vivants combattent de la bouche

Les tristes mécréants, qui du péché, accouchent ;

La Parole donne au sage, un vrai Apostolat ;

Le mensonge disperse tous les ayatollahs…

Il n’est autre Victoire que Celle du Sauveur :

Jésus-Christ, mon Amour, dont je garde saveur

En mes justes prières, mes repentirs fidèles ;

Je sais me bien soumettre, resserrer la ridelle,

Offrant à mon assise confortable fondement ;

Ballotés ça, et là, sans aucun rendement,

Les esprits désœuvrés devront plier bagages

Aux vires du Jugement Dernier… le voyage

Qui rend sages les fous_ est un fade périple :

Trompeuse croisière sans doctes, ni disciples…

*

Cet Apokàlupsis dévoile Les Mystères de La Déité :

A savoir l’avenir en ses plus beaux Atours… La Piété ;

Le monde ne point verra Le Royaume Eternel ;

Recluse en basse-fosse, l'âme passionnelle

Choiera de ce pinacle nommé RELIGION :

Inutile cocarde de damnés… hors SION

*

Père Eternel : mon Seigneur et Maître, donne-moi

D’accéder aux âpres Gémonies ! essore mon larmoie !

Que j’aie aux Grâces Belles, jouissance certaine !

C’est Le Son de Ta Voix qui peu à peu m’entraîne

A La Porte bénie du Rédempteur Vivant : Le Seul

Ayant vaincu et Judas, et Satan… du linceul

Me voulant ajuster, la moiteur fait malaise…

Echauffe mon cœur nu, aux ides qui l’empèsent.

Mon péché est une ombre sans voile: brandi

Sans garde, ni quillon… qui l’accepte, médit

De Ta Toute-Puissance, les justes Incidences…

Ne se peut pas mieux, aux rudes abondances,

Que Ta Sainte Colère pour détruire le nonce,

Ce minable prêcheur égratigné de ronces,

Ce porteur de présages ineptes, ce prélat

Lové en sa coquille aux teintes de burlat !

*

Je me veux _ pour te plaire, assujetti, sans autre…

Me voici Divin Père… fais de-moi Ton apôtre !


 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

jeudi 6 avril 2023

ELEGIAQUE HERE

ELEGIAQUE HERE

 

Avant d’avoir aimé, avant d’avoir pleuré

Sur la peau du cristal de rêves inhibés,

Ai rompu de mes peurs prohibées,

Le plus faible maillon, sans me jamais leurrer.

 

Ai fait montre d’adresse, vidé de peccavi,

Posant borne au silence de vieux anachorètes

Agrémentés de larmes étouffées du poète,

Chamarrés de grimaces prisonnières d’envies.

 

Que ne suis-je plus moi en ces songes étroits !

Mes nocturnes escales virent au cauchemar ;

De mes pompeux souhaits coudés en coquemar,

Filtrent des objectifs étirés... maladroits…

 

Quand vacillent mes mots, ne me reste plus rien ;

Rien qu’un passé éteint dont les ombres accorent

D'infimes charges… piégée en ce vaste décor,

Ma dégaine bat mesure en piolet galérien.

 

Si j’avais de l’absence exploré vacuité,

Me serais fait ascète en quelque monastère

Où dans un prieuré aux loges vacataires…

Mais...  je veux hériter d’une autre vérité :

 

Celle qui de l’absolu entaille l’inconfort !

Je veux mordre au nanan, abouté d'efforts,

Corroder de la chair le juteux contrefort…

 

En me faisant aède de troubles équivoques,

Ai blessé de ma frêle monture le bât ;

En ce déséquilibre où l’aplomb fait débat,

Mon moi velléitaire aux affres plurivoques,

 

Cherche issue, sans nier de l’existentialisme,

Doctrine princière… serf en d’autres lieux,

Impuissant factotum au reflux bilieux,

Le zèle du uhlan m'encloue au gestaltisme.

 

J’emprunte des traboules avant que de tracer

Aux fragiles lignures _ au soir de lune pleine,

D'éphémères empreintes sur la plaine

Où paissent les fantômes de l'âme trépassée…

 

Avant d’avoir connu du plaisir l’hédonisme,

Ai fardé de blandice les vierges hypocrites :

Ces drôlesses coincées, perméables aux rites

D’un catéchuménat lesté de syncrétisme.

 

Me suis retrouvé seul, égrenant sur mon lit,

De perfides fantasmes de puceau désœuvré,

De chimériques tacles… vrai !... J’en survivrai,

Ce, quoiqu’il m’en coûte… l’offense est un délit,

 

Et ma froide monture, cette farouche carne,

Ne saurait me conduire en des limbes cloqués…

Sine tempus terrere* en poussant le loquet,

J’encage ma vertu aux pauses qui l’incarnent.

 

*sans avoir le temps de paniquer

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

STRICTO SENSU



STRICTO SENSU

 

Vous donnez en pâture, nocifs impétrants,

A la plèbe dupée de trompeuses oukases ;

Oui, vous récipiendaires fissurés en diaclase !

De branlantes trottes dupant l’itinérant.

 

Vous distribuez hier, sequins au connétable,

Subsides aux militaires, à la maréchaussée ;

Sans donner au plus faible pour le rehausser,

L’armure du soldat : jaseran adaptable…

 

Aux banquets des bouffis, fiers, faisiez agapes,

Sans vous jamais repaître du repas du silène ;

Sous votre gras bedon, et en la panse pleine,

Les fricots s’émoustillent, font encor varappe…

 

Oseriez-vous prétendre que salutaire pause

Ne se peut, en de tristes poncifs, prévenir !?

Auriez-vous, aux orgiaques noces, sans honnir_

Caresser du plus faible, les attentes précoces !?

 

Posés au faîte de la superbe, ceints d’une gloriole,

Vous acclament debout, les citadins séduits,

Les agrestes confus ; de mensonges… enduits ;

En la périmétrie d’inusables legs qu’auréole

 

Le vice chevauché de banquistes captieux :

Ceux-là même que vos lois_ retors fildeféristes,

Acculent au désespoir sans aucun tour de piste !

Sans tarder, suerez du déclamatoire factieux !

 

L’anémie comptable, les mnésies économes,

Flotteront en la tourbe de votre excursus…

Le sang garde longtemps le goût du prolapsus,

Et que la mort encastre à votre duodénum.

 

Dans les froides artères de vos capitales,

S’enquille la manœuvre du frondeur alléché

Par la sueur de l'homme haut-perché,

Dont le désir enferre le toxique captal…

 

Mise sur le sixain du précieux devenir,

Votre donne bat de l’aile… se peut-il en l’état,

Que la guigne dévoile, sans montre d’omerta,

Vos bassesses coupables… vexés, sans avenir…

 

Dos voûté, tête basse, fuirez des longs cortèges

Le cérémonial ! enrubannés de haine, exécrés,

L’éphémère couronne de votre pugilat

Baignera dans la boue, refoulée çà et là

Par la gent offensée, piètrement échancrée…

 

Un cadavre voilé est toujours un cadavre…

Le suaire des manants est un linceul humide ;

Quand il colle à la peau les fibres aramides

Strangulent le dormeur aux portes de son havre.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

mercredi 5 avril 2023

SCHOLA

SCHOLA

 

Fats et prétentieux se donnent l’accolade,

Se tutoient au banquet de la gent incivile ;

Bercent de congratulations les plus vils,

Pour coincer du douzil, avant dégringolade,

L’embouchure à l’influx dévié de son clade.

 

Ignares et érudits s’accolent sur les bancs

De nos académies ; en cet alma mater,

Ce Redemptoris studiorum : long cratère,

Bouillonne le censeur cacochyme, tremblant.

 

Rabelais, pour nous plaire, et avec élégance,

Dompta du L’Ivy League, le statut informel

Crispant de l’incipit, la pointe allumelle,

Aux notes éthérées d’un clavicorde dense.

 

A Cambridge, les sages (si tant est qu’ils le soient)

Ont posé des jalons au naos du lettré ;

Infligeant à ses doctes, sans les déconcentrer,

Théogonie encellulée, sous capuce de soie,

 

Douteux codex : discutables apophtegmes

Aux mythes cosmétiqués d’argumentation…

N’est rien de plus laid en ces cooptations,

Que novicius coquistro sans flegme !

 

La villa Médicis joue encor les fleurons

De la pédagogie… porte ses précepteurs

Sur ses ailes noircies… vaillants éducateurs,

Et disciples de khâgne, fulminent de jurons

 

Face au flemmard poudré de l’aristocratie

Dont la bourse alimente aux fatales fièvres,

L’élitiste coincé louant de moites lèvres

Sophocle ou Ptolémée… folle argyrocratie !

 

Sorbonne la pantouflarde, ce paneton ridé,

A glissé sur la glaire d’un Hugo écœuré

Du vexant alliage qui, de Dante, à Coré,

Agglutine l’espèce réceptive aux idées_

 

Pourvu qu’elles soient saines… aux adages ;

Pourvu qu’ils soient cessibles en ces lieux,

Aux acronymes du scientisme bilieux,

Aux linguistes voutés de l’utile bravade.

 

Je regarde mourir les plus belles écoles,

S'affaisser en ruines, l’Académie française…

Les califes sont devenus vassaux ; l’ascèse

A empourpré les monarques châtrés… s’y accole

 

Le prévaricateur dont la verve égratigne

La pornocratie… se meurent les courtisanes ;

Marozia, statufiée, cherche son filanzane ;

De ces bourgeois ventrus (est-ce un signe ?)

 

Ne reste plus _ hélas ! _ que pochade soufflée…

Une triste peinture vidée de l’aquatinte…

S’ébrouent quelques penseurs en plaintes…

Le râle des poètes s’y semble difflué.

 

Accordez-moi audience : Vous direz pourquoi

Aux lévites palpables s’insurgent les battants !

Quand l’hiver sonne glas, le tiède harmatan

Balaie de ses risées le triste porte-croix.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

RENAISSANCE

RENAISSANCE

 

Il fait déjà printemps sur la plaine humectée

De diaphanes perles chues du ciel d’avril ;

Les roses exhalent l’air empuanti du bouvril ;

S’y repaît le corpulent cheptel comme éjecté

 

Du pré où broutent quelques daines, à l’aube

Mise en écharpe au col de la nature…

Grisée en cet espace ceint de mille boutures,

La faune s’en vient naître, tel le cobe

 

Alangui au cœur même de l’Afrique…

La savane en enserre le majestueux bedon,

Plissant du hallier, du lac… l’altier tétrodon

Caché sous les ajoncs, et qu’encage la crique.

 

De suaves senteurs éclatent leur fragrance,

Eparpillent les sucs de la flore captive

De ce tableau aux nuances trop vives,

Cependant que le lac souffle sa radiance.

 

Mon cœur pose complainte aux ventées anodines,

Emulsionne du temps les secrètes ridules…

J’y vois sous d’autres bises d’agréables fusules

Délacer de la soie, les miasmes d’amine.

 

Etrécies au ventre des prairies, les sentes nues

Piègent l’empreinte pérégrine de flâneurs

Enivrés du preste renouveau… le promeneur,

La mutine rosière s’arment en ingénus,

 

A quadriller au frais de la charmille, l’alleu

Où s’esbaudissent les amours contadines,

Le noduleux pampre boudé de citadines

Lestées de vains désirs, de murmures fielleux.

 

En cette renaissance aux ascétiques laudes,

D’affronts jubilatoires, aux liesses ténues,

Les ombres s’amenuisent sans autre retenue,

Peu à peu évidées de joutes billebaudes.

 

Ne se peut _ en ce doux retenir _ conglober

Et l’espace, et le temps… c’eût été démentiel

D’aliéner à la vie l’antre artificielle

De ces ides vaincues, ces saisons bilobées !


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

mardi 4 avril 2023

ALUNE A CES MUES

ALUNE A CES MUES

 

La plus humble demeure est un palais de roi

Où s’harmonisent encor les complices amours ;

S’élèvent hors la nue, en l’empreinte du jour,

Ses plus suaves tons déportés du noroît.

 

Derrière le retable de ses larges auvents,

S’allument des miroirs dont le teint coordonne

En des nuits feutrées, aux mises de maldonne,

De luisantes flammèches en engoulevents.

 

Parfois, au matin blême, aux heures étirées,

Derrière la fenêtre de la chambre à coucher,

De noduleuses branches viennent effaroucher,

Les dernières noctuelles s’y semblant mirer.

 

Bancale, comme bambane, la vieille cheminée

Etrécie de son âtre le col du long conduit

Où s’étirent sereines jusqu’au sombre réduit,

D’ignifuges brandons dessertis, calcinés.

 

Une simple cuisine où fument aux aurores

Quelque mousse gratine, l’odeur d’un bon café,

L’arôme qui du four tiède se peu à peu défait

De l’humide volute illutant ce décor :

 

Crasseuses spirales dont les braises conspuent

Les miasmes carbonés, les nocives bribes…

Rien qui ne se puisse, en l’encre bleue d’un scribe,

Flouer l’ordre banal… en l’ininterrompu.

 

Une baignoire cuivrée, un lavabo sous vasque :

Un cabinet d’aisance balayé d’un faisceau

De froides lumières profilées en arceaux,

Pénétré de lueurs comme chues d’une fiasque.

 

Et puis…

Une pâle pièce emplie de babioles… un bureau

Rehaussé d’une ancienne lampe… c’est d’ici

Que fusent mes fontaines… mes soupirs forcis

S’acclimatent aux mots encagés aux barreaux

 

Dont ma plume fait fête… oui, c’est ici que j’écris,

C’est là, en ce doux cloître repu d’alexandrins

Que j’éveille Candace d’étuve de poudrin,

Avant d’en dénuder au confort de ses cris,

 

L’itératif écho : ce brûlant artifice égrappé

De nuances, débridé de chambard…

J’entoile de musique, au rets de la gabare,

Tous les râles cognés dont elle se veut draper.

 

De cette humble demeure enfiévrée de rêves,

Ma poésie éclate sous la peau du penseur

Ses plus riches blessures dont le flux apiéceur

Supporte le bâti d’une impossible trêve.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

dimanche 2 avril 2023

CLOISONNEMENT FATAL

CLOISONNEMENT FATAL

 

Ne point ferai bombance en des estaminets,

Sous d’exsangues quinquets où, la nuit,

S’évaporent au plus fort de l’ennui,

Volutes éthérées, et relents avinés !

 

Te surprendrai au faisceau d’autres lunes,

Quand sombre la nue auréolée d’ivresses ;

Donnerai à nos bouches encloses d’allégresse,

Le nard de parfums aux fièvres opportunes.

 

Disjointes en l’aurore, nos mains feront accord

Au creux de la rayonne déplissée de suées ;

Nos doigts entrelacés, au souffle de Bossuet,

Donneront à sa prose des reflets isochores.

 

Il nous faudra bercer du silence trompeur,

Avant que de se lier au pal du baldaquin,

Les morsures cuivrées de tes gestes taquins,

Les escarres brunies d’insolubles vapeurs.

 

En prenant raccourcis aux astres encordés,

Irai battre jouissance, humecté de frissons ;

Il y aura peut-être, écho en l'unisson

De fatales empreintes avant que ne bleuissent,

 

Halitueuses cicatricules, cerces dilatées

Sur la peau de mes baisers sonores, 

Librement permutés d’impalpables remords,

Et qu’absolvent les feux de la fatalité.

 

Au sentier de tes reins, s'arc-boute le plaisir ;

Ta chair fait caprice de trompeuses invites :

Inutiles toquades de douleurs en lévite

Au chaudes accolades… avant que de gésir.

 

O permanente femme sous altière livrée,

Que ne te puis-je nier, en ce quadrilatère

Emmuré à la couche aux rages délétères

De froids gémissements me voulant enivrer !

 

J’ai appris à dompter_ du vice à la vertu _

Les possibles alcades dont l’audace m’accuse ;

Pris au réceptionnaire où s’ingénue la muse

Suspendu à mon pal d’amant en substitut.

 

De mes aveux en toc, au houleuses confesses,

N’ai plus rien d’un héraut en la tonitruance

De douteuses harangues… suis, amorti d’allégeance,

Piètre céladon enjugué de détresses.

 

Quand je viens cheviller ta peau désinhibée,

Ton cuir fantassin, s’éparpillent nos rêves,

S’éventent nos besoins… là, s’écoule la sève

Dont ta rose voilure se voudrait imbiber.

 

Tu égratignes de mon derme défait

Les sanglantes plissures... par audace ;

Les larmes ont vieilli ton agréable face :

Surprenant gréage aux atroces méfaits.

 

En l’estuaire de tes secrètes ouches,

Me suis abandonné : espiègle volontaire

De battues coudoyées d’autres terres,

Vidé, sous la coulure adulant la souche

 

Sur laquelle se pose la serve ravagée

De vents éparpillés, de mutants arpèges

D’un clavecin buvant du matin grège,

Les dernières notes savamment encagées

 

De phonie à nulle autre semblable : adagio

Pour galant en mal de convenance…

J’en concède, après moult prévenances,

L’usage prohibitif… sans ce religio.  


 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023