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mardi 7 février 2023

EVOCATOIRES RIMES

EVOCATOIRES RIMES

 

Flottent les matins engainés de rosée,

S’humidifie la nue transpercée d’ouragans ;

La faune malmenée, au saut de l’achigan,

Scrute les fonds marins, avant de s’y poser.

 

Les terres désolées s’envasent peu à peu,

Perçant de l'aube, avant de disparaître,

D'altérables stries refoulées des reîtres

Pris au bataillon à l’axiome pompeux.

 

Quand les berges lacustres fondent au ressac,

Les insolubles rives dévient du littoral,

Pour bordurer l’espace mué en corral ;

Y paissent les chevaux abreuvés au grand lac.

 

Du courtil givré, aux vertes prairies,

Les saisons décélèrent… le froid transit

Les premiers drageons ; puis, de cette adipsie,

Emanent des spires voilant la métairie…

 

De la bise fondue, aux spumeux crachins :

Tout rappelle, en ce flux hiémal, le déclin

De dame nature encoffrée sous le clin,

Abîmée sous le bât ignoré du fraîchin.

 

Faudra du renouveau lier d’autres lunes,

Pressentir de l’éveil aux moites afflictions,

La beauté du printemps ivre d’ovations,

Riches de fragrances sous l’arche falune.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

dimanche 5 février 2023

PENETRES D’ABSOLU

PENETRES D’ABSOLU

 

Laisse-moi parfumer de ton cou abyssin

Les secrètes ridules, pénétrer sous la moire

Le soyeux chatoiement ; et garder en mémoire

Les fiévreuses poussées du regard assassin !

 

Sur ta chair blessée de tant d’émotions,

Ma lèvre vient briser, en des mots incertains,

La jouissive lie… quand le désir s’éteint,

Ne reste plus d’ivresses ; se fane la passion.

 

Laisse-moi semer en tes jachères, consteller

De tes larmes butées de généreux influx !

Plus efficaces_ peut-être_ sans miser refus,

Nos caresses cloueront, sans jamais panteler,

 

Du raisonnable l’immodeste sagesse… l’aube

S’en vient quérir aux nuances cupriques,

La beauté de l’instant pris en l’assertorique ;

Tes yeux en domestiquent le chassieux d’engobe.  

 

J’aimerais aspirer en de brèves lampées

Les diaphanes glaires de l’enfantine moue

Dont ta lèvre essaime les fascinants remous

Pour en mieux pincer la gloutonne lippée.

 

Au bord de tes nuits noires, en l’oubli taraudé

De vaines somnolences, j’avance en reptation

Jusqu’au tertre feuillu plein d’ostentation

Dénervée de plaintes aux râles érodés…

 

Tel l’épicurien barbé de confort, j’évince

La cuvée lestant du plaisir la débauche

Encor coutumière… capturant de l’ébauche

La maladresse pleine, l’amusette trop mince.

 

Défaites de sophisme, mes lutines pensées

Equarrissent du jeu les replets contours ;

Fallait-il que j’amputasse, sans détours,

Les chahuts, les geindres insensés :

 

Possibles récriminations qui du verbe,

Au mutisme, écornent du conciliabule

La secrète arcane : cette absconse fibule

Ajustant de l’envie la dialectique terbe (!?)

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

samedi 4 février 2023

POUSSENT LES JOURS

POUSSENT LES JOURS


Il pleut des coteaux de ruisselantes larmes

 

Baignant des vallons la belle houppelande

 

Ébouriffée, hirsute ; n'y jamais désarment,

 

Faune et flore de la secrète lande.

 

De doux parfums évincent la puanteur

 

Du visqueux ruclon, ce remugle mouvant ;

 

S’entrouvre la plaine épiée des hauteurs

 

Du bouquetin des degrés éprouvants.

 

Nos humeurs chagrines se dissolvent,

 

Ecimant des rancœurs la contrescarpe ;

 

Nos rires engainés d’impudeur absolvent

 

Des lourds grimauds, le tissu épicarpe.

 

 

Ô nature plaintive ! tes chutes ondoient…

 

Que n’aurais-je donné en cette circonstance 

 

Quand les froids me roidissent des doigts

 

Les cicatricules grisées de tant d'essence !

 

Bouche bée sous de froides coulées

 

Au reflux sécrétoire ; j’y calme ma pépie

 

En l’anhydre trop souvent refoulée

 

De la glotte… peut-être par dépit.

 

Les premiers pas de l’enfance bohème,

 

Aux primes incartades, tallaient ta peau

 

Sur des terres qu’excitait la birème,

 

Sans vaincre des flots, l’élégant tirant d’eau ;

 

 

Y déroutent la vague, la lame ondulée,

 

L'abysse, le corail de nos fonds marins…

 

Loin de toi, tu le sais, je me sens refoulé,

 

En gabier couché au noir du souterrain

 

Où paissent les outardes aux pas désaccordés

 

Chichement parfumées de poudrin lacustre ;

 

Ma vie fait ce qu’elle peut avant de déborder

 

De mon cœur sinistré, cet organe si rustre

 

Qu’il faille l’endiguer de digressions

 

Se voulant jouer du circonstancié

 

Défroissé du tubule, pour de l’ascension,

 

En ravir des degrés le col émacié.

 

Tombent sur mon sopor de nuageux flocons ;

 

Fardant de l'insomnie, l’errance

 

Sophistiquée de nuits au vétuste acon ;

 

Ils taclent mon double, sans autres manigances.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

FLOU

FLOU

 

J’ai vu d’autres matins, d’autres feux

Incendier mes joies carnassières ;

Le souffle de l’aurore, sa mue grimacière,

Ont roidi de mes pleurs, tout l'engobe suiffeux.

 

Ai vu poindre au cœur du renouveau,

Du soleil de juin, d’incandescents faisceaux

Posés en auréole au rostre de vaisseaux

Dont l’océan module l’altérable biveau.


N’ai rien en cette perspective floutée,

Que le sang d’un mirage posé en la dérive

Du songe dégradé de l'éveil chahuté

 

De torpeur, de mélancolie, et qu’avivent,

Ivres de l'affront pérennisant la peur

Les vents chauds balayant ma stupeur.

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023


vendredi 3 février 2023

CEREMONIAL

CEREMONIAL

 

Quand déclinent au soir les soleils blessés,

Les pâles luminaires de l’azur en déclin,

Les hommes quittent leur toit, oppressés

Par l’angoisse dont ils sont enclins.

 

Là, s’embrument les monts de l’Estérel,

La dune du Pila, la vallée de Jonzac, sa plaine,

Les animaux hibernent sous les rais aquarelles

D’un espace flétri aux lisières pleines.

 

Les bruines flottent, comme désaccordées,

Déliant des ombres condensées, au jour,

Les cotonneux stratus semblant y déborder,

Pour se jeter au col des lignes sans ajours.  

 

Parfois, aux lunes pleines, quand somnole

L’astre de l’altimétrie, s’assoupissent les orbes,

L’enfant se grise de vapeurs terpinoles,

De puantes boucanes qu’évince le théorbe.

 

Alors…

Les cités perdent pied avant de s’effondrer

Au pied de courtils enneigés… la nature

Vient pleurer au creux du vert adret,

Sans laisser se voiler sa sublime parure.

 

Il fait déjà demain sur les routes blanchies,

Et que drape l’hiver aux heures trépassées…

Les amours défaites se sont vite avachies…

Pleurent du clavecin quelques notes cassées.

 

L’hiver a fait son lit sur la peau des saisons

Devenues aux aurores transitoires ides…

Ma plume, engourdie aux noires oraisons,

Larmoie un requiem de cycles impavides.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

mercredi 1 février 2023

EVIDENTES CLAUSULES

EVIDENTES CLAUSULES

 

Les larmes d’une femme sont des serments

Arrachés aux mensonges ; elles pénètrent

Sans mal le plus noble des êtres,

Envahissent le cœur du plus rétif amant.

Quand la mort interpelle l’infante désœuvrée,

Le fier dauphin supplanté d’hommes

Larvés en ces lieux où l’offense dégomme

Autant l’étiologie que l’étouffante ivraie :

Relent de scandale ébranlant l’âme nue,

Et qu’encloue au pal de l’ingénue,

L’excuse du paraître, le cynisme du vrai.

 *

Les prétentions du sage invectivent l’athée,

Sans qu’il puisse à jamais faire coulpe au soir,

D’oscillantes caraques servant d’équarrissoir :  

Absurdes brimborions d’un esprit colmaté.

Faut donc pour la brigue, sans se laisser lier,

Desserrer le carcan des folles vanités,

Se défaire du joug des prétextes mités ;

Confiant, annihiler du doute le frêle palier.

 *

Les contrevérités de la gent ébaubie encernent

A moindre coût, sans qu’on y prenne garde,

L’affect mis à mal aux aurores blafardes,

L’ébouleuse pensée du négoce terne…

...

S’il faut des lendemains enquillés au désir,

Un futur arrimé dont le cœur s’illusionne,

Il faut sûrement au for de la maldonne,

Déplacer du sixain la mise, sans plaisir…

Des pleurs enfantins, aux malléables rires,

Nos silences rompus en la furtivité,

Aux brèves liesses, n’est_ ceinte de futilités,

Que froide anamnèse… voyez-la dépérir !


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

jeudi 26 janvier 2023

AMBITIEUX CANEVAS


AMBITIEUX CANEVAS

 

N’est d’autres ivresses au ciel mélancolique

Où paissent les étoiles cosmétiquées de feu,

D’autre euphorie loin des orbes suiffeux,

Que l’éclat coruscant de bélandres caïques.

 

Soutenue en l’étrange, permuté de son lit,

La rivière louvoie entre les froids ajoncs

S’étirant mollement en dessous du donjon

Pénétré de clarté, en l’aurore pâlie…

 

De fins brasillements encapent l’estuaire

Dont le marin condamne l’étrécissement ;

Le nautonier en de flous rudoiements,

Enquille la manœuvre du fougueux corsaire.

 

L’espace prend en otage ce fascinant tableau,

En retouche le galbe démuni de fibres,

Privé de capsulaire, et qu’un triste félibre

Couche sur le feuillet jugulé de simbleaux.

 

Je vois en ce mire à nul autre pareil,

Les nuances cuivrées d’un soleil à naître ;

Le temps s’est arrêté derrière la fenêtre

Qu’apprivoisent les vents nus qui l’enrayent.

 

Farouchement posées au faîte de l’esquisse,

Les ombres délacées embrument le portrait

Mis à mal de l’étoupe pinçant de l'attrait

Les virginales lignes… le fusain les déplisse.

 

Moi, d’insolente plume, j’octroie par atavisme

Aux mots désaccordés, la permanence pleine,

Sans user_ il est vrai_ de prolégomènes,

L’élégance du style, son bel académisme.

 

J’enserre, puis enfièvre du liquoreux adage,

La feinte dilatoire, sans bercer la cupule

Aux funestes écailles dénervées de papules

Annihilées du slang modulé d’affinage.

 

Défaite, en frêle pastourelle, ma vision

Boude la paissance aux mues frelatées

L’âpre déglutition… qui pourrait en douter !

Puis encloue à ma prose la désillusion.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023