Il pleut des coteaux de ruisselantes larmes
Baignant des vallons la belle houppelande
Ébouriffée, hirsute ; n'y jamais désarment,
Faune et flore de la secrète lande.
De doux parfums évincent la puanteur
Du visqueux ruclon, ce remugle mouvant ;
S’entrouvre la plaine épiée des hauteurs
Du bouquetin des degrés éprouvants.
Nos humeurs chagrines se dissolvent,
Ecimant des rancœurs la contrescarpe ;
Nos rires engainés d’impudeur absolvent
Des lourds grimauds, le tissu épicarpe.
Ô nature plaintive ! tes chutes ondoient…
Que n’aurais-je donné en cette circonstance
Quand les froids me roidissent des doigts
Les cicatricules grisées de tant d'essence !
Bouche bée sous de froides coulées
Au reflux sécrétoire ; j’y calme ma pépie
En l’anhydre trop souvent refoulée
De la glotte… peut-être par dépit.
Les premiers pas de l’enfance bohème,
Aux primes incartades, tallaient ta peau
Sur des terres qu’excitait la birème,
Sans vaincre des flots, l’élégant tirant d’eau ;
Y déroutent la vague, la lame ondulée,
L'abysse, le corail de nos fonds marins…
Loin de toi, tu le sais, je me sens refoulé,
En gabier couché au noir du souterrain
Où paissent les outardes aux pas désaccordés
Chichement parfumées de poudrin lacustre ;
Ma vie fait ce qu’elle peut avant de déborder
De mon cœur sinistré, cet organe si rustre
Qu’il faille l’endiguer de digressions
Se voulant jouer du circonstancié
Défroissé du tubule, pour de l’ascension,
En ravir des degrés le col émacié.
Tombent sur mon sopor de nuageux flocons ;
Fardant de l'insomnie, l’errance
Sophistiquée de nuits au vétuste acon ;
Ils taclent mon double, sans autres manigances.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023
