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samedi 4 février 2023

POUSSENT LES JOURS

POUSSENT LES JOURS


Il pleut des coteaux de ruisselantes larmes

 

Baignant des vallons la belle houppelande

 

Ébouriffée, hirsute ; n'y jamais désarment,

 

Faune et flore de la secrète lande.

 

De doux parfums évincent la puanteur

 

Du visqueux ruclon, ce remugle mouvant ;

 

S’entrouvre la plaine épiée des hauteurs

 

Du bouquetin des degrés éprouvants.

 

Nos humeurs chagrines se dissolvent,

 

Ecimant des rancœurs la contrescarpe ;

 

Nos rires engainés d’impudeur absolvent

 

Des lourds grimauds, le tissu épicarpe.

 

 

Ô nature plaintive ! tes chutes ondoient…

 

Que n’aurais-je donné en cette circonstance 

 

Quand les froids me roidissent des doigts

 

Les cicatricules grisées de tant d'essence !

 

Bouche bée sous de froides coulées

 

Au reflux sécrétoire ; j’y calme ma pépie

 

En l’anhydre trop souvent refoulée

 

De la glotte… peut-être par dépit.

 

Les premiers pas de l’enfance bohème,

 

Aux primes incartades, tallaient ta peau

 

Sur des terres qu’excitait la birème,

 

Sans vaincre des flots, l’élégant tirant d’eau ;

 

 

Y déroutent la vague, la lame ondulée,

 

L'abysse, le corail de nos fonds marins…

 

Loin de toi, tu le sais, je me sens refoulé,

 

En gabier couché au noir du souterrain

 

Où paissent les outardes aux pas désaccordés

 

Chichement parfumées de poudrin lacustre ;

 

Ma vie fait ce qu’elle peut avant de déborder

 

De mon cœur sinistré, cet organe si rustre

 

Qu’il faille l’endiguer de digressions

 

Se voulant jouer du circonstancié

 

Défroissé du tubule, pour de l’ascension,

 

En ravir des degrés le col émacié.

 

Tombent sur mon sopor de nuageux flocons ;

 

Fardant de l'insomnie, l’errance

 

Sophistiquée de nuits au vétuste acon ;

 

Ils taclent mon double, sans autres manigances.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023