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vendredi 3 février 2023

CEREMONIAL

CEREMONIAL

 

Quand déclinent au soir les soleils blessés,

Les pâles luminaires de l’azur en déclin,

Les hommes quittent leur toit, oppressés

Par l’angoisse dont ils sont enclins.

 

Là, s’embrument les monts de l’Estérel,

La dune du Pila, la vallée de Jonzac, sa plaine,

Les animaux hibernent sous les rais aquarelles

D’un espace flétri aux lisières pleines.

 

Les bruines flottent, comme désaccordées,

Déliant des ombres condensées, au jour,

Les cotonneux stratus semblant y déborder,

Pour se jeter au col des lignes sans ajours.  

 

Parfois, aux lunes pleines, quand somnole

L’astre de l’altimétrie, s’assoupissent les orbes,

L’enfant se grise de vapeurs terpinoles,

De puantes boucanes qu’évince le théorbe.

 

Alors…

Les cités perdent pied avant de s’effondrer

Au pied de courtils enneigés… la nature

Vient pleurer au creux du vert adret,

Sans laisser se voiler sa sublime parure.

 

Il fait déjà demain sur les routes blanchies,

Et que drape l’hiver aux heures trépassées…

Les amours défaites se sont vite avachies…

Pleurent du clavecin quelques notes cassées.

 

L’hiver a fait son lit sur la peau des saisons

Devenues aux aurores transitoires ides…

Ma plume, engourdie aux noires oraisons,

Larmoie un requiem de cycles impavides.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023