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samedi 18 février 2023

FATAL DESOEUVREMENT

FATAL DESOEUVREMENT

 

Et passent au point du jour les amants usés,

Pétris de lassitude… ils pleurent les matins

Où l’amour en escale caressait du satin

Les chatoyants reflets ; puis, sans se récuser,

 

Essaient de dompter des songes éclopés,

Avant de voir mourir l’onirique cuvée,

Sa trop fade substance sous l’étai incurvé,

Et que rongent les jours sans s’y développer.

 

La sépia jaunie de leurs riches clichés

Rappelle les orages défigurant l’espace:

Tumultueuses tempêtes, et qu’enlacent

Les âmes où l’ombre s’est nichée.

 

Le cœur geint, avant de s’arrêter

Sous la clepsydre d’années évaporées

Aux breloques de noceurs éplorés,

Perdus en l’estuaire de désirs curetés.

 

Au pal de ces nuits, se dissolvent encor

Les frêles silhouettes d'adultères grisés,

Aux leurs comparables : deux êtres méprisés

Enjugués malgré eux, aux funestes accords.

 

Perclus de solitude, noués en cette thébaïde,

Puisent du corrélat chevillé au remords

La troublante taxie ; l’esprit la remémore,

Quand s’écroule l'attente assaillie de rides.

 

Emmurés sous l’archère de cupidones gerbes,

Les amants s’abandonnent au silence

Du pâle blanchet perforé d’une lance,

Ou du fin ableret d’une symphonie terbe.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023