Cent fois perdu au sein
des nuits d’orage ;
L’âme, le cœur en sang…
abandonné, blessé...
Endormi quelquefois aux
sépulcres d’alfange
Ton amour à l’orgueil fait
encor barrage,
Comme le jaseran sur la
peau agressée,
L'élégant haubert protégeant
de la fange….
Tes luttes ont percé le
voile des jocrisses,
L’armure des jobastres
au pérore facile ;
Peut s’en fallait aux nouvelles
prémices,
Que la peur vienne
rompre cet abord indocile.
Mille fois tourmenté de
violents graphèmes
Qui de la linguistique
empaquète l’aura ;
Te faisant enjamber du
fastueux morphème
La beauté du style que
jamais tu n’auras.
Tes cris sont des jets
d’ombre pris au rets
De mensonges d’arrogants
scribes ; nage
En tes eaux moins vite
qu’il n’y paraît,
L’obsédante folie de l’infatué
en cage.
Tu voudrais t’arrêter
aux portes du savoir,
Donner à ta faconde de
seyantes couleurs ;
Oui !... tu
essayes ; tu aimerais pouvoir
Animer de ton verbe,
cet inutile leurre,
Les riches accointances,
et sans jamais faillir ;
Hélas ! la docte
sapience initie_ ou si peu,
Le censeur violenté que
semblent ébahir
Les absconses formules d’organes
sirupeux.
Mets-toi vite à l’ouvrage ;
admoneste l’idoine !
N’accuse de sa fougue
les multiples largesses !
Le formel que souvent
ton sabir dédouane
Pose encor jalons aux
ignobles bassesses…
Si le temps agrémente
en l’absurde l’acquis,
Il te viendra couver de
moult prétentions…
Tes mots enjôleront l’obséquieux
conquis
De ta prolixité… fais
montre de rétention !
Quand l’orgueil
empanache l’écrivassier,
L’audace du paraître
embouche l’ironiste…
Privé de son dialecte,
son moral d’acier
N’est plus céans, qu’ultime
tour de piste.
Armand
Mando ESPARTERO© copyright 2023
