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mardi 7 février 2023

INDECIS EBAUCHAGE

INDECIS EBAUCHAGE

 

Cent fois perdu au sein des nuits d’orage ;

L’âme, le cœur en sang… abandonné, blessé...

Endormi quelquefois aux sépulcres d’alfange

 

Ton amour à l’orgueil fait encor barrage,

Comme le jaseran sur la peau agressée,

L'élégant haubert protégeant de la fange….

 

Tes luttes ont percé le voile des jocrisses,

L’armure des jobastres au pérore facile ;

Peut s’en fallait aux nouvelles prémices,

Que la peur vienne rompre cet abord indocile.

 

Mille fois tourmenté de violents graphèmes

Qui de la linguistique empaquète l’aura ;

Te faisant enjamber du fastueux morphème

La beauté du style que jamais tu n’auras.

 

Tes cris sont des jets d’ombre pris au rets

De mensonges d’arrogants scribes ; nage

En tes eaux moins vite qu’il n’y paraît,

L’obsédante folie de l’infatué en cage.

 

Tu voudrais t’arrêter aux portes du savoir,

Donner à ta faconde de seyantes couleurs ;

Oui !... tu essayes ; tu aimerais pouvoir

Animer de ton verbe, cet inutile leurre,

 

Les riches accointances, et sans jamais faillir ;

Hélas ! la docte sapience initie_ ou si peu,

Le censeur violenté que semblent ébahir

Les absconses formules d’organes sirupeux.

 

Mets-toi vite à l’ouvrage ; admoneste l’idoine !

N’accuse de sa fougue les multiples largesses !

Le formel que souvent ton sabir dédouane

Pose encor jalons aux ignobles bassesses…

 

Si le temps agrémente en l’absurde l’acquis,

Il te viendra couver de moult prétentions…

Tes mots enjôleront l’obséquieux conquis

De ta prolixité… fais montre de rétention !

 

Quand l’orgueil empanache l’écrivassier,

L’audace du paraître embouche l’ironiste…

Privé de son dialecte, son moral d’acier

N’est plus céans, qu’ultime tour de piste.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023