Lorsque l’insomnie
perce le voile des nuits
Pour venir
s’installer en impudente reine,
Les rêves
qui déchoient en l’aube souveraine
Pulpent de
ma raison l’intolérable ennui.
Lors, je
déambule entre ombre et lumière,
Buvant du
clair matin l’efficiente rosée,
Aspirant de
l’aurore les reflux nitrosés,
Et qu’enrobe
la brume souvent coutumière.
J’avance de
guingois sur un sol dételé,
Le cœur clampé
d’un trop rustre garrot
Cernant de l’aisance
au-delà des barreaux,
Le fragile
confort s’y laissant marteler.
De dissidence,
entre piètres raccourcis,
Se dilue ma
bohème, s’allonge mon errance ;
Tel le
pusillanime démuni d’expectance,
Je déjoue
de ce spleen les souhaits imprécis.
Marinant en
la lie de ce visqueux fiel, je fore,
Autant qu’il
m’en soit permis, le cylindre
Etayé de
fastueux râles, sans me plaindre
Pourtant de
la charge butée… sans efforts,
Pénètre
des narcoses, la trame tissulaire ;
Puis, en
souple longipenne, déploie
Mes plus
belles rémiges… j’assure de l’exploit
La jouissance
certaine ; là, du crépusculaire,
Je dénoue
peu à peu le pesant gordien, fier
D’avoir du
monarque phrygien escamoté
Légendaire
notoriété, allégorique motet,
Au noir de
ces influx tassés en tufière.
Il me faut
du sommeil en l’hiberne possible,
Infiltrer avec
grâce l’étrange mausolée !
Le flou qui
m’accompagne aimerait isoler
Des nantis
de l’éclipse la paresse cessible.
Si mes
nerfs cabriolent, délestés d’inertie ;
Si du tonus
des loups s’affaisse mon ressort,
Ferai de ma
torpeur un vaporeux tussor,
De cette
léthargie… faraude autarcie.
Armand
Mando ESPARTERO© copyright 2023
