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mardi 21 février 2023

DECARGUER AVANT L’AUBE

DECARGUER AVANT L’AUBE

 

Lorsque l’insomnie perce le voile des nuits

Pour venir s’installer en impudente reine,

Les rêves qui déchoient en l’aube souveraine

Pulpent de ma raison l’intolérable ennui.

 

Lors, je déambule entre ombre et lumière,

Buvant du clair matin l’efficiente rosée,

Aspirant de l’aurore les reflux nitrosés,

Et qu’enrobe la brume souvent coutumière.

 

J’avance de guingois sur un sol dételé,

Le cœur clampé d’un trop rustre garrot

Cernant de l’aisance au-delà des barreaux,

Le fragile confort s’y laissant marteler.

 

De dissidence, entre piètres raccourcis,

Se dilue ma bohème, s’allonge mon errance ;

Tel le pusillanime démuni d’expectance,

Je déjoue de ce spleen les souhaits imprécis.

 

Marinant en la lie de ce visqueux fiel, je fore,

Autant qu’il m’en soit permis, le cylindre

Etayé de fastueux râles, sans me plaindre

Pourtant de la charge butée… sans efforts,

 

Pénètre des narcoses, la trame tissulaire ;

Puis, en souple longipenne, déploie

Mes plus belles rémiges… j’assure de l’exploit

La jouissance certaine ; là, du crépusculaire,

 

Je dénoue peu à peu le pesant gordien, fier

D’avoir du monarque phrygien escamoté

Légendaire notoriété, allégorique motet,

Au noir de ces influx tassés en tufière.

 

Il me faut du sommeil en l’hiberne possible,

Infiltrer avec grâce l’étrange mausolée !

Le flou qui m’accompagne aimerait isoler

Des nantis de l’éclipse la paresse cessible.  

 

Si mes nerfs cabriolent, délestés d’inertie ;

Si du tonus des loups s’affaisse mon ressort,

Ferai de ma torpeur un vaporeux tussor,

De cette léthargie… faraude autarcie.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023