Ils avaient sur le
sable écartelé l’enfance,
Pour boire du désir, en
de rudes lampées,
Le plaisir et l’offense
dont s’aimeraient draper
Les amants agrippés au
col de l’insolence.
Leur peau apprivoisait
de la soif abonnie
La saveur et le fiel d’étreintes
malhabiles,
De ces gestes confus qu’ont
les âmes nubiles
Accorées aux envies dont
le cœur fait déni.
Ils avaient sur la
vague bercée de roulis,
Abandonné l’espoir d’une
vie plus mâture ;
Le silence des ombres éreinte
la nature
Au cri de ces humeurs
que l’on dit abolies.
Deux corps nus en l’entrisme
de l’affaitement
Aux ductiles caresses
pleinement contenues
N’imposent plus
hardiesse à la retenue,
Ni souffrances baguées
de flous halètements.
L’océan regardait sous
le voile de mer
Avant de chavirer de la
lame défaite,
Deux enfants possédés,
figés au même faîte,
Bourgeons peu à peu encordés
d’éphémère…
Le souffle haletant de
la jeune moinelle,
L’exhalaison de
l’ambitieux mâle
Cosmétiquaient la chair devenue animale,
Travestissaient l’esprit
d’ardeurs pulsionnelles.
L’écume du ressac, de
la berge dissoute,
Clarifiait l'écho lesté de mille plaintes,
Pour s’en mieux délier,
en l’empreinte
Tallée de fugaces
crachins… sans doute.
Ne restait plus, aux
vespérales teintes,
Que profils larvés
noués à l’aussière
De la gène palpable :
chétives poussières,
Mortes illusions que le
remords éreinte.
Armand
Mando ESPARTERO© copyright 2023
