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jeudi 9 février 2023

IMPROBABLE MENEE

IMPROBABLE MENEE

 

Ils avaient sur le sable écartelé l’enfance,

Pour boire du désir, en de rudes lampées,

Le plaisir et l’offense dont s’aimeraient draper

Les amants agrippés au col de l’insolence.

 

Leur peau apprivoisait de la soif abonnie

La saveur et le fiel d’étreintes malhabiles,

De ces gestes confus qu’ont les âmes nubiles

Accorées aux envies dont le cœur fait déni.

 

Ils avaient sur la vague bercée de roulis,

Abandonné l’espoir d’une vie plus mâture ;

Le silence des ombres éreinte la nature

Au cri de ces humeurs que l’on dit abolies.

 

Deux corps nus en l’entrisme de l’affaitement

Aux ductiles caresses pleinement contenues

N’imposent plus hardiesse à la retenue,

Ni souffrances baguées de flous halètements.

 

L’océan regardait sous le voile de mer

Avant de chavirer de la lame défaite,

Deux enfants possédés, figés au même faîte,

Bourgeons peu à peu encordés d’éphémère…

 

Le souffle haletant de la jeune moinelle,

L’exhalaison de l’ambitieux mâle

Cosmétiquaient la chair devenue animale,

Travestissaient l’esprit d’ardeurs pulsionnelles.

 

L’écume du ressac, de la berge dissoute,

Clarifiait l'écho lesté de mille plaintes,

Pour s’en mieux délier, en l’empreinte

Tallée de fugaces crachins… sans doute.

 

Ne restait plus, aux vespérales teintes,

Que profils larvés noués à l’aussière

De la gène palpable : chétives poussières,

Mortes illusions que le remords éreinte.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023