J’ai vu d’autres matins, d’autres feux
Incendier mes joies carnassières ;
Le souffle de l’aurore, sa mue grimacière,
Ont roidi de mes pleurs, tout l'engobe suiffeux.
Ai vu poindre au cœur du renouveau,
Du soleil de juin, d’incandescents faisceaux
Posés en auréole au rostre de vaisseaux
Dont l’océan module l’altérable biveau.
N’ai rien en cette perspective floutée,
Que le sang d’un mirage posé en la dérive
Du songe dégradé de l'éveil chahuté
De torpeur, de mélancolie, et qu’avivent,
Ivres de l'affront pérennisant la peur
Les vents chauds balayant ma stupeur.
