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jeudi 26 janvier 2023

AMBITIEUX CANEVAS


AMBITIEUX CANEVAS

 

N’est d’autres ivresses au ciel mélancolique

Où paissent les étoiles cosmétiquées de feu,

D’autre euphorie loin des orbes suiffeux,

Que l’éclat coruscant de bélandres caïques.

 

Soutenue en l’étrange, permuté de son lit,

La rivière louvoie entre les froids ajoncs

S’étirant mollement en dessous du donjon

Pénétré de clarté, en l’aurore pâlie…

 

De fins brasillements encapent l’estuaire

Dont le marin condamne l’étrécissement ;

Le nautonier en de flous rudoiements,

Enquille la manœuvre du fougueux corsaire.

 

L’espace prend en otage ce fascinant tableau,

En retouche le galbe démuni de fibres,

Privé de capsulaire, et qu’un triste félibre

Couche sur le feuillet jugulé de simbleaux.

 

Je vois en ce mire à nul autre pareil,

Les nuances cuivrées d’un soleil à naître ;

Le temps s’est arrêté derrière la fenêtre

Qu’apprivoisent les vents nus qui l’enrayent.

 

Farouchement posées au faîte de l’esquisse,

Les ombres délacées embrument le portrait

Mis à mal de l’étoupe pinçant de l'attrait

Les virginales lignes… le fusain les déplisse.

 

Moi, d’insolente plume, j’octroie par atavisme

Aux mots désaccordés, la permanence pleine,

Sans user_ il est vrai_ de prolégomènes,

L’élégance du style, son bel académisme.

 

J’enserre, puis enfièvre du liquoreux adage,

La feinte dilatoire, sans bercer la cupule

Aux funestes écailles dénervées de papules

Annihilées du slang modulé d’affinage.

 

Défaite, en frêle pastourelle, ma vision

Boude la paissance aux mues frelatées

L’âpre déglutition… qui pourrait en douter !

Puis encloue à ma prose la désillusion.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023