Domptées de folles
vagues au flot de la colère,
S’écument les années
dont jadis, avec grâce,
Prisions sans retenue
au sortir des nasses,
Le spumescent dépôt
en la cuve de mer.
Croyions que nos vingt
ans porteraient estocade
Au malheur à venir,
empaleraient le doute
Posé en contrefort aux
possibles déroutes,
Tarauderaient de la
perplexité, l’arcade.
Etés et hivers balbutiaient au soir
Où le bonheur défait de
son nimbe,
Mystifiait du vide le
sépulcral limbe,
Le figeant à nos
seuils en altier ostensoir.
Eventées les accords
dont nous fîmes bombance,
Les serments encavés au
for de la détresse,
La corporéité mise à
mal, et qu’agressent
Les rides modulées d’inutiles
souffrances.
N’est pires défaites
que les songes moussus :
Ces flous manifestes,
ces délires d’ascèse,
La harangue butée prise
en l’aposiopèse
D’un discours crénelé d’un
orateur pansu.
Au roulement de l’iodique
lame, la baille
S’en vient mordre de l’océan
plombé
De crachins, de bruines
bombées,
La peau dénaturée de
tempêtes d’aiguail.
Sommes-nous céans, assiégés
de rumeurs,
Qu’il faille, pour s’en
défendre controuver
Avec style, panache, peu à peu couvés,
Le lit froid de l’Allanche, en l'humeur ?
Dépossédés de tout,
exproprié d’attraits,
Voyons pousser l’envie
au fief du plaisir ;
Nous voilà démunis au
souffle du gésir :
Nécrotiques parures d’affligeant
fortrait.
Claudiquant aux sentes de ductiles attentes,
J’effeuille de l’expectance_
ce, à moindre coût_
Aux passions qui m’animent,
sans licou,
L’ultime fane de tiges
brinquebalantes.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023
