pinterest

samedi 14 janvier 2023

ELUSIFS MEANDRES



ELUSIFS MEANDRES

 

Domptées de folles vagues au flot de la colère,

S’écument les années dont jadis, avec grâce,

Prisions sans retenue au sortir des nasses,

Le spumescent dépôt en la cuve de mer.

 

Croyions que nos vingt ans porteraient estocade  

Au malheur à venir, empaleraient le doute

Posé en contrefort aux possibles déroutes,

Tarauderaient de la perplexité, l’arcade.

 

Etés et hivers balbutiaient au soir

Où le bonheur défait de son nimbe,

Mystifiait du vide le sépulcral limbe,

Le figeant à nos seuils en altier ostensoir.

 

Eventées les accords dont nous fîmes bombance,

Les serments encavés au for de la détresse,

La corporéité mise à mal, et qu’agressent

Les rides modulées d’inutiles souffrances.

 

N’est pires défaites que les songes moussus :

Ces flous manifestes, ces délires d’ascèse,

La harangue butée prise en l’aposiopèse

D’un discours crénelé d’un orateur pansu.

 

Au roulement de l’iodique lame, la baille

S’en vient mordre de l’océan plombé

De crachins, de bruines bombées,

La peau dénaturée de tempêtes d’aiguail.

 

Sommes-nous céans, assiégés de rumeurs,

Qu’il faille, pour s’en défendre controuver

Avec style, panache, peu à peu couvés,

Le lit froid de l’Allanche, en l'humeur ?

 

Dépossédés de tout, exproprié d’attraits,

Voyons pousser l’envie au fief du plaisir ;

Nous voilà démunis au souffle du gésir :

Nécrotiques parures d’affligeant fortrait.

 

Claudiquant aux sentes de ductiles attentes,

J’effeuille de l’expectance_ ce, à moindre coût_

Aux passions qui m’animent, sans licou,

L’ultime fane de tiges brinquebalantes.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023