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jeudi 12 mai 2022

COUCHES DANS L’OXALIDE


COUCHES DANS L’OXALIDE

 

Les premiers frissons accusent dépendance

Quand nos corps chavirent de la retenue ;

L’on sent peu à peu à même la peau nue,

Emerger le désir que pulpe la mordance

 

De profils sous étoupe pubienne,

Et qui de la jouissance renfloue l’ardeur

Calmement égrenée, que boude la pudeur

Refoulée de larmes alluviennes…

 

La chaleur de son cou emprisonne ma lèvre,

Et je sens se roidir mon souffle mis à mal

Par d’autres crispations, et qui de l’animal

Attisent le mépris d’inquisitives fièvres.

 

J’ai de malsains besoins, d’impudiques feux ;

Il semble que la peur enfante des affronts,

Puis clampe de la chair le néphron

Dont mon nerf agrémente l’enfeu.

 

Couchés pour voir éclore de la liberté,

Sans s’en faire jamais… sans biaiser,

La caloricité, et pour la déniaiser,

La pensée dont l’âme a héritée.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

mercredi 11 mai 2022

NOIRCEUR


NOIRCEUR

Aux nuits de cendre, de poussiéreux matins,

Avions jadis semé de ductiles mensonges,

Des impostures, et que la crainte ronge ;

En d’oblongs gages, sous d’offensants satins,

 

Donnions à l’archiptère des ailes de géant,

Quand l’espace dévie de l’ouateuse nue,

Admonestant l’angoisse, tous les rêves ténus

Posés à la rambarde du chagrin béant.

 

Aux heures décalées de piètres souvenirs,

Minutes flambées du passé anémique,

Rivions au corset de dolentes mimiques,

Les sourires figés de la moue à bannir,

 

Pour écouter la vie en un long trémolo,

Anonner du présent les râles subjacents,

Pour ouïr la mort, ce spectre indécent

Hululer aux aurores, en un souffle pâlot.

 *

Quand l’aube balaiera des souhaits déchus

L’archaïque parvis, verrons la nébuleuse

Intrôner de facto aux secondes crayeuses

L’audace du culpa, le cran du moi fourchu.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

mardi 10 mai 2022

ÎLE ET AILES


ÎLE ET AILES

 

Démembré sur l’asphalte de mes quinze ans,

Je fuyais des nuisibles offrandes le don

Fait aux icônes qui en automédon,

Guident Néoptolème, cet autosuffisant,

 

Jusques aux gémonies où la gloire confisque

A l’âme pénétrée de vains atermoiements,

De formelles attentes sans linéaments,

Au soir fractionné d’illusoires trochisques.

 

Le souffle de mon île balayait de l’ennui,

Pour s'en mieux surprendre… parfois,

Tutélaire sorgue bercée de grands froids,

Rude assombrissement d’éphémères nuits.

 

Je voyais s’écailler des matins à venir,

Avant d’en sublimer l’artificieuse aura,

L’altérable rosée boudée du drosera,

Le farouche aiguail… et sans y parvenir.

 

En de riches quémandes, j’illusionnais

Et mon cœur, et ma soif éphébiques,

Egrugeant de mes ailes la voilure torique :

Fadasses effluences de l’affect ruiné.

 

Ai tant rêvé d’atteindre l’inaccessible faîte

De l’enfance piégée d’utopies contadines…

Ma fragile musarde fuit des citadines

L’enjôleuse moue écalée de défaites.

 

Solitairement, prisonnier de fantasmes,

Me suis laissé dupé de songes corrompus,

De flottantes chimères… hélas, n’ai pu

En baguer les disgracieux spasmes !

 

Sans île, et sans ailes_ refoulé sur la rade

D’insolvables amours, ai fini par sombrer

En vieil amant déchu, et par trop encombré

De fugaces désirs semble-t-il… décigrades.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

mardi 3 mai 2022

SENESCENTS APHORISMES

SENESCENTS APHORISMES

 

Cachées entre les lignes, emmurées volontaires,

Mes pensées semblent liquéfiées… elles bordent

De chaque perspective que peu à peu décordent

La raison et l’espoir bridant l’imaginaire,

L’orgueil du glossateur, sa fougue d’avenaire

Ignorée de la gent bornant miséricorde…

 

De mes quinze ans fragiles, à la translation

Dont ma peau alimente le parallélisme,

Me purge des matins liés aux aphorismes :

Tenaces manigances, opiniâtres fusions.

 

Les doutes pénétrés de lourdes arguties,

Les folles controverses lestées de défiance

Calquent du savoir, en d’autres alliances,

La réelle valeur dont l’imbu se soucie.

 

Quel fol me précipite du haut de cet orgueil

Dont l’idoine abecque du lore de son rostre,

La saillante lèvre dressée en conirostre

Pour encor ânonner, empaumée à ce treuil !

 

Sans montre d’outrecuidance, je dénoue

Du vocable emprunté à mes pairs,

Joviale constance… est-ce à dire qu’on s’y perd

Quand l’emphase admoneste du joug

Rehaussant du sabir le subtil rajout,

L’inutile emprise, l’impossible repaire !

 

Au faîte de mots vrais, et avec assurance,

Plissant de l’invective le pompeux verbiage,

Je rassure, quand tonne le charriage,

L’ouïe en son éveil… si la crainte dérange.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

AU RYTHME DE L’ESPECE

AU RYTHME DE L’ESPECE

 

L’oiseau s’est envolé aux ombres qui s’effacent ;

Il a quitté du nid la duveteuse assise ;

Il n’est pour qui, en ces heures précises,

N’a vu de ses rémiges, la douceur qui l’enchâsse,

Aucune vision aux ides quand trépassent

Les ultimes plombées sur l’onde insoumise….

 

L’oiseau s’est envolé afin de disparaître

Entre les froids blizzards et la nue infidèle

Et qu’égrènent les vents piégeant l’asphodèle,

Les tempêtes butées neutralisées du reître.

 

Le soleil enclin aux tendres grâces éveille

Du miroir de l’étrange nature, l’écho

De ce reflet blessé de clichés afocaux

Où l’oiseau bleu lacère l’azurage vermeil.

 

Il n’est en cet ouvrage mollement poudré

D’indociles crachins nulle métamorphose

Roidissant du flou l’aura d’anamorphose

Aux lunes rapiécées chues au soir de l’adret.

 

Au rythme de l’espèce, il s’en vient quérir

Aux frimes d’abondance, avant reviviscence,

Conciliabules et menues confidences

Sous la toile froissée de bises à mûrir.

 

L’oiseau bleu en y posant parfois des ires

Eclatées, de cruelles bourrasques,

S’évertue à l’aube d’envies fantasques,

A ramener au souffle d’ondes apyres

D’immuables collyres retenus de la vasque.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

vendredi 25 mars 2022

PARIS CETTE GÂTINE (AUX RUINES DU PASSE)

PARIS CETTE GÂTINE

(AUX RUINES DU PASSE)

 

Je connais de la ville les moindres interstices, les ruelles pavées, les trop longs boulevards, les tristes avenues et le sang des trottoirs : celui que perdent la nuit, les marlous et les chiens fuyant l’aube à venir, pour ne se point soumettre aux lois de la maréchaussée avide d’en découdre avec ces marginaux émargeant de nuits blanches, d’éthyliques comas… ou simplement de fastueux lupanars où s’offrent sans retenue, les bourgeoises coincées, les fragiles minaudes dont Paris auréole l’ignominieux commerce(…)

Paris est un chenal que traversent les vents et d’épaisses bourrasques muées en maëlstroms sur la peau de la Seine, entre les ponts ; ils grincent sous le poids de trotteuses fardées, de fringants pédérastes ajustés au corset d’illusoires offrandes, grimés sous la barlongue d’un éphémère théâtre,

La coulisse d’un opéra en ruine ; y glissent des cariatides purgées du raisonnable (…)

Paris cette gâtine, est une moite jachère dont les semis enserrent entre les frêles stries les pas désaccordés de crédules péons, de pontifiants sectaires noués au point du jour, quand résonne l’écho du vice, et (ou) quand tintinnabulent les cloches du destin vidé de sa superbe…

Je connais les artères germanopratines, les murets de Gavroche : fragiles barricades, sanglades palissades ; s’y écaillent encor la sueur de braves révolutionnaires…

Sur les Champs-Elysées, et jusqu’au point de l’aciculaire obélisque Concorde, les touristes dévêtent la capitale avant de l’entoiler d’ouateuses fumées prises aux estaminets à l’écœurant pétun… au rets de l’objectif, s’étranglent des clichés faciles, de ridicules poses pixellisant l’étrange, cosmétiquant du flou le trompeur photomètre…

 Au pied de la tour Eiffel, les amoureux pénètrent de l’angoisse, autant que des fièvres, l’insoluble vertige dont s’agrémente l’âme de l’excursionniste venu de ces contrées dont parle le poète que Paris ensorcelle de fantaisistes contes, d’indociles mimiques (…)

 J’ai traversé des ombres dilatées, avant que de m’émouvoir, les impasses mordues de flottantes poussières ; y chantent les ménestrels d’un autre temps, les nouveaux Bruant aux portes de Ménilmontant… l’argot fait son retour entre zinc et percolateur de bistrots enfumés que la môme Piaf voyait comme des lunes au revers d’aventures consommées de voyous mine patibulaire, de ruffians passionnés de Prévert, de turfistes monnayant la goulue d’un Versailles d’infortune…

 De Montmartre aux Invalides, quand le soir pose arpèges aux notes des nuits bleues, Paris siffle en un sabir super, un son mélodieux aux vieux refrains sucrés d’artistes désœuvrés abandonnés en cale, sénescents chansonniers bridés de souvenirs… oh ! comme ils aimeraient renaître au souffle frais de fringants lovelaces… ils pourraient amortir de leurs rêves tronqués, l’onirique lestage (…)

Quand Paris, en doux conciliabules, défenestre mes joies, vient m’inoculer le venin de sa rage, heureuse, fière en sournoise catin, elle me fait reproche de nos brèves étreintes, nos vagues promesses, tous nos gages menteurs ; alors, au silence fané de mes topiques fuites, j’encloue de métaphores mes peines ulcérées, puis… au faîte d’un temps mort, imagine un chemin perçant d’outre-lieu, un cahoteux sentier où se meurent les songes juste éclos.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

jeudi 24 mars 2022

AVANCE SANS CRAINTE

AVANCE SANS CRAINTE

 

Avance, n’aie pas peur ! Mon cœur

Fait chaud et froid… c’est selon…

Avance lorsque les vents moqueurs

Emportent au-dessus du vallon

Les lambeaux de la triste rancœur

Épanchée à l’ouïe des filles de salon !

 

Ces minaudières, parfois à contrecœur,

Dévêtues, pâles, s’étirent de leur long,

Enivrées d’absinthe, de liqueur,

Sur de moelleux sofas, déliant bottillons

Devant le mâle, cet amant vainqueur

A l'inaudible sabir, hissant gonfalon

Sous l’étoupe d’un sinistre croqueur...

 

Il retouche la courbe du mamelon,

En pince l’aréole, en fauviste truqueur,

Pour sublimer le chaud tétin oblong ! …

***

Avance sur mes pas ! Mes songes remorqueurs

Te conduiront sans doute à mon riche filon.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022