Démembré sur l’asphalte de mes quinze ans,
Je fuyais des nuisibles offrandes le don
Fait aux icônes qui en automédon,
Guident Néoptolème, cet autosuffisant,
Jusques aux gémonies où la gloire confisque
A l’âme pénétrée de vains atermoiements,
De formelles attentes sans linéaments,
Au soir fractionné d’illusoires trochisques.
Le souffle de mon île balayait de l’ennui,
Pour s'en mieux surprendre… parfois,
Tutélaire sorgue bercée de grands froids,
Rude assombrissement d’éphémères nuits.
Je voyais s’écailler des matins à venir,
Avant d’en sublimer l’artificieuse aura,
L’altérable rosée boudée du drosera,
Le farouche aiguail… et sans y parvenir.
En de riches quémandes, j’illusionnais
Et mon cœur, et ma soif éphébiques,
Egrugeant de mes ailes la voilure torique :
Fadasses effluences de l’affect ruiné.
Ai tant rêvé d’atteindre l’inaccessible faîte
De l’enfance piégée d’utopies contadines…
Ma fragile musarde fuit des citadines
L’enjôleuse moue écalée de défaites.
Solitairement, prisonnier de fantasmes,
Me suis laissé dupé de songes corrompus,
De flottantes chimères… hélas, n’ai pu
En baguer les disgracieux spasmes !
Sans île, et sans ailes_ refoulé sur la rade
D’insolvables amours, ai fini par sombrer
En vieil amant déchu, et par trop encombré
De fugaces désirs semble-t-il… décigrades.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022
