Mon enfance a couru avant de s’envoler
Loin des terres herbues où dorment
Les soleils empourprés de vermeil
Ma jeunesse a dormi avant d’être volée
D’aggiornamento, d’inutiles réformes
Peuplant peu à peu le fragile sommeil.
Je l’entends murmurer au creuset de l’oubli,
De mielleuses complaintes, et qu’attisent
Les vents dont les frasques publient
De piètres vésanies proches de la hantise.
Mon enfance a griffé de ses rêves lointains
L’onirique substance, avant de s’écailler
Au miroir de ces ans dont le tain
Agrémente l'arceau de généreux matins.
A son dernier repos, triste, je l’ai posée
Au marbre glacé de fantasmes éteints ;
A ses pieds, me suis seul reposé,
Pour voir du temps les désirs incertains.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022
