Quand les mots alimentent le doute,
Les rêves tisonnent l’anxiété ;
La peur éveille, et sans démériter,
Le mésaise, pour changer de route,
L’homme devient un pouilleux
Sur des chemins sans gloire :
Triste va-nu-pieds, monstre villeux
Aux méandres de banales histoires.
Au jour naissant, paraissent
Des saisons aux difformes profils
Musardant au nord de forteresses
Dressées au centre des villes,
De ruines envahies de lierre,
Transformés en terrains de jeu ;
De leurs fondations, les pierres
S’écroulent des murets ombrageux.
Le temps bedonne la cuve océane,
Balaie des frissonnantes vagues,
La lame brisée sous la tartane
Et que les crachins baguent.
Les semonces agitent l’incivil,
La morale en rebute le félon
Dont l’aplomb fascine le plus vil,
Le flatte la nuit, le jour, c’est selon,
Lors, vitupère le klephte imbu,
Le trompeur aux dents longues
Narrant de ses exploits, les débuts,
De nanti enfoui sous barlongue.
Ni victimes, ni bourreaux, quand
Tombe le couperet… sont les mêmes,
Insatiables prédateurs mués au décan
De tristes lunes aux soirs blêmes
D’hivers délacés du col d'alpages,
De frimas auréolant les cimes
Au faîte d'ouateux nuages…
L’auster les poudre de pluies infimes.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022
