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mardi 24 mai 2022

HETEROGENIE


HETEROGENIE



Quand les mots alimentent le doute,

Les rêves tisonnent l’anxiété ;

La peur éveille, et sans démériter,

Le mésaise, pour changer de route,



L’homme devient un pouilleux

Sur des chemins sans gloire :

Triste va-nu-pieds, monstre villeux

Aux méandres de banales histoires.

 

Au jour naissant, paraissent

Des saisons aux difformes profils

Musardant au nord de forteresses

Dressées au centre des villes,



De ruines envahies de lierre,

Transformés en terrains de jeu ;

De leurs fondations, les pierres

S’écroulent des murets ombrageux.

 

Le temps bedonne la cuve océane,

Balaie des frissonnantes vagues,

La lame brisée sous la tartane

Et que les crachins baguent.

 

Les semonces agitent l’incivil,

La morale en rebute le félon

Dont l’aplomb fascine le plus vil,

Le flatte la nuit, le jour, c’est selon,



Lors, vitupère le klephte imbu,

Le trompeur aux dents longues 

Narrant de ses exploits, les débuts,

De nanti enfoui sous barlongue.

 

Ni victimes, ni bourreaux, quand

Tombe le couperet… sont les mêmes,

Insatiables prédateurs mués au décan  

De tristes lunes aux soirs blêmes



D’hivers délacés du col d'alpages,

De frimas auréolant les cimes

Au faîte d'ouateux nuages…

L’auster les poudre de pluies infimes.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022