Avance, n’aie pas peur ! Mon cœur
Fait chaud et froid… c’est selon…
Avance lorsque les vents moqueurs
Emportent au-dessus du vallon
Les lambeaux de la triste rancœur
Épanchée à l’ouïe des filles de salon !
Ces minaudières, parfois à contrecœur,
Dévêtues, pâles, s’étirent de leur long,
Enivrées d’absinthe, de liqueur,
Sur de moelleux sofas, déliant bottillons
Devant le mâle, cet amant vainqueur
A l'inaudible sabir, hissant gonfalon
Sous l’étoupe d’un sinistre croqueur...
Il retouche la courbe du mamelon,
En pince l’aréole, en fauviste truqueur,
Pour sublimer le chaud tétin oblong ! …
***
Avance sur mes pas ! Mes songes remorqueurs
Te conduiront sans doute à mon riche filon.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022
