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jeudi 10 mars 2022

INEXACTE MOUTURE



                      INEXACTE MOUTURE

Il y avait des fruits ; je les voulais cueillir ;

J’aurais pu décimer l'arbre de janvier…

Nul obstacle ne peut être ici-bas, obvié,

Ni placé en amont d’ombres à assaillir !

 

Il y a des jardins, de généreux courtils ;

Les vents en caressent le frêle mantelet

Aux belles livrées épiées du roitelet :

Duveteux drapés aux rhizomes fertiles.

 

Il y a des lacs posés entre les berges

S’y amoitissent d’éphémères bises ;

La bernache parfois, pour lâcher prise,

Pose grâce repue de trop d’alberges.

 

J’ai vu aux nuits de l’automne venteux,

Plier le fin roseau entre les folles ronces,

Le sombre fourré ; la broussaille le ponce,

Avant d’en élaguer l’herbage duveteux.

 

L'insecte surpris du halo du Phoebus

Vole la nuit au-dessus des cuves

Mitraillées de bruines supplantées en l’étuve

De nos terres ridées de cumulo-nimbus.

 

S'il y est des filles en devenir de femmes,

Créatures dont le sein prometteur

Souffle à la lippe étarquée en tuteur,

Rutilante douceur agrémentée de flammes,

L'amour fera escale loin des mots menteurs.

 

Que n’aurais-je donné pour lier la soif

Entenaillant les nuits du marin égaré

Sur la lame frisée qu'écalent les marées

Chahutées de poudrin, et que zéphyr encoiffe !

 

Il y a tant d’espace en mon rêve clos,

De continuum en ce fonds homogène ;

S’éclatent peu à peu les pointes conigènes

Griffant de ma vacance les espoirs forclos.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022