J’ai tant bâti
de tours, châteaux et fiefs,
Écroulés depuis…
me suis recroquevillé,
Déçu de ceux
qui, me faisant griefs,
Dupaient la
gent à leurs mots, chevillée.
Se fanent mes
esquisses ; ai des ébauches
Écaillées sur trépied… mon fusain a pâli :
Charbon
en poussière en l’encoche
D’un style, d'errements vexés de l’hallali.
Ai vu choir
des femmes liées aux mépris,
Aux médisances lestées de persiflages ;
Au caniveau des larmes, me suis pris
Au soir pour elles; aux mêmes plages,
S’accotaient
nos pas en la cadence
Rythmée du
ressac de ces vagues,
Dont le sel clair fuit la pulvérulence
De froids sillons que la lame élague.
Mes mots vrais, mon verbe vitupérateur
Se cognent aux
silences oints de solitude,
De
souvenirs pris au filin rétenteur
Des sirènes de
l’ombre… en séducteur,
J’arpente
l'allée du désir ; l’altitude
Me sied
bien ! Aussi, sans changer d’attitude,
Ni rompre du
sabir l’acronyme agioteur,
J'effleure le
vide pénétré de moiteur,
L’apathique
affect voilé de rectitude.
S’enflent les croûtes, les funestes teintes :
Picturales lézardes de nus illusoires ;
L'odalisque
se joue de ces subtiles feintes
D’amants floués de joutes dérisoires.
Je vois déchoir les dryades bouffies,
Les
vestales de boudoirs enfumés :
Larvaires
mues retrempées de défis,
Violentées d’annonces embrumées.
En ornemaniste, je cisèle la courbe,
Retouche la hanche, élague le pubis
Ouaté d’un
duvet qu' embourbent
L'insolence, les fadasses blandices.
Comme
le panneleur, je pose le maillet
Aux revêches cuisses : entrejambe poudrée
De muses alanguies, d’égéries taillées
Pour nymphe devenir, quand le madré
Ayant pour
pochoir l'œil dilettante,
Pince de
l’ondine l’aréole cuivrée,
Pourlèche du sein chaud, l'adragante
Gonflée de sucs et de sève poivrée.
Rupestres ébauches, fades auréoles,
D'un
Cézanne amoureux de la vie,
Impressionnistes au faîte de gloriole,
Purgent encor d’agréables lavis,
Le ton immergé sous l'atoll...
Je les veux posséder, donner au diptyque
Cireuse
surface d’où glisse le stylet
Agrémenté de ponces de la stylistique :
Rhétorique
magnifiée… il me plait
De la faire trôner en la littérature
Faite pour
elle, en montre de respect…
L'obséquiosité en trahit son concept mature,
L’abstrait en
solennise l’altérable toupet.
En
caricaturiste, j’égrène des lubies,
L’immodeste
vacance… pugnace,
Au bord de matins gris, ma pensée ébaubie
Dépèce de
l’anamnèse, la fiévreuse audace.
Armand Mando
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