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vendredi 11 mars 2022

EPISTOLAIRES ACCOINTANCES

 

EPISTOLAIRES ACCOINTANCES

 

 Il m'en souvient encor de l’espace clos...

L’amour y liait de nos mots impudents,

Style, emphase du verbe décadent :

Improbable variante du slang juste éclos.

 

Aimerais à la page, les pouvoir retenir,

Insuffler au temps qui lentement vieillit,

Prime jeunesse ; l'homme s’enorgueillit ;

Au prestige d’antan, voudrait revenir.


Ma plume nue, ce miroir, honore

Des réminiscences, les plus belles images 

Tissées en l'arabesque de nuages,

D’alphabet ânonné de la lexie sonore

 

Empruntée à la communale... jadis,

Ma dégaine emmurait de contraintes,

La joviale moue délacée de plaintes

Enjôlées de trompeurs artifices.

 

Il m'en souvient, à l’éveil de l’enfance,

Quand s’écaille l'arbre, se durcit le crépi,

De solitude ; adossé au tronc, par dépit,

J’effeuillais des jours pleins, la constance.

 

Faut-il écrire ces turbulences 

De  malhabile main, retoucher d’hier,

Les criardes couleurs, sous le galbe fier

De filles fardées, grimées d'intolérance ?

 

Femmes devenues depuis, pleurent

Du vieil amant ce doux visage...

Il hante les nuits dont la pensée volage

Captive le songeur ; en l’aube... se meurt.


En mes luttes, pointe désaccordée,

Je bouscule la faillite des nuits,

La morgue aux clichés de l’ennui ;

J’y pose en douceur des redites fardées.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022