Nos pensées portent au loin, et sans mal,
L’enfance désœuvrée, l’adolescence brève ;
Elle fuit la mémoire qui lentement achève
De notre devenir le reflux optimal.
Nos songes défenestrent des nuits la fadeur,
Naviguant au matin sur l’onde crêpelée ;
Ils tracent des cavées le plaintif chapelet
Qu’égrène le sommeil accablé de lourdeur.
Nos spleens amplifient de la dense mémoire,
L’esprit des saisons gauchies du bibelot
Posé au froid ubac éveillé des grelots
Secoués au nord de l’âpre désespoir.
Puisqu’il faut des tares taire l’altération,
Il faut aussi des mots éteindre l’aspérité ;
Si ma plume accuse encor sincérité,
Ma faconde en lie l’étrange mutation.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022