pinterest

samedi 10 avril 2021

OBITER DICTUM* Soit dit en passant

 

OBITER DICTUM*

 Soit dit en passant

 

 

Venez, et voyez la sublime couche !

Vous y dénuderez vos riches appâts !

De vos mots impudents, à ma bouche

Déjà sublimée de copieux repas,

 

L’orge princière déglutie hardiment,

Semble assouvir, en sa décoction,

La fatale paissance du lascif amant

Dupé des apparences, avec attention:

 

Celles portées aux scabreuses dérives

Conspuées du galant crispé d’incertitudes.

Je fais montre, il est vrai, en l’imaginative,

De prudence… presque par habitude.


Soit dit en passant, des feuilles chues

De l’arbre de mes quinze ans,

Aux précoces nervures de songes fourchus,

Semblent s'accentuer les rides d’un présent

 

 

Ayant plié bagages aux lunes incertaines,

Laissant pour geôle, les friables cendrures

De plaisirs éventés écoulés en fontaine

Sur la peau de remords solennisant l’injure.

 

Me reste des larmes d’abondance,

Flux boudés de cernes lacrymales…

Engoncés au corset de l’autosuffisance,

S’enflent encor mes poches palpébrales.

 

Cela semble étrange… n’est-il pas ?

Régurgité sans mal, la lie des privautés,

En ennoblie du verbe, cet appât,

Sa quintessence… en pourriez-vous douter ?       

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

ILLUSIO OPTICA* Trompe l’œil

 

ILLUSIO OPTICA*

Trompe l’œil


Les histoires d’amour se ressemblent...

Lors, les déchirures nous rassemblent ;

S’entremêlent nos larmes, nos grimaces,

Nos rires sélectifs, que la douleur efface ;

Souvent, nous faisons montre de rétention,

Pour ne point livrer, des viles prétentions,

L’orgueil animant le désir de paraître,

Mégalomanie de laquelle vont renaître,

Les vieux souvenirs que la chair parfumait

D’insolubles désirs dont l’intellect s’armait...

La jeunesse conquise de l’insatiable amant,

Nubilité asservie, puis… subrepticement,

Le corps, en la dérive d’inacceptables chutes,

Possibles ondoiements, que le vice percute,

Avant de l’estourbir de clichés malsains

Projetés sur l’écran de défis assassins.

 

Tous les échos renvoient à la digression:

Subtiles pirouettes, permutations…

Rien de plus navrant, en ces tranchants reculs,

Pitoyable… dois-je dire_ ridicule ( !?)

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

vendredi 9 avril 2021

SEASONED TRACKER* Pisteur aguerri

 

SEASONED TRACKER*

Pisteur aguerri

 

A l’abri sur la branche,

J’épie les citadins, les oies

S’empanachant de joie,

Emmurées de nuits blanches.

 

De mon nid d’infortune,

J’aperçois les marins défaits,

Grisés d’embruns, sans effets,

Face aux vagues falunes.

 

Du faîte de mon palmier,

J’écoute les tempêtes de mai

Briser de l’océan brimé,

La lame aux flots coutumiers.

 

Dessus l’épais collet, je scrute

Les soldats d’une impossible guerre ;

En spadassins, bataillaient naguère,

Pour gagner de douloureuses luttes.

 

Cependant, privé de jaseran,

J’avance à découvert, inquiet

Des ombres enquillées

Profanant ma doublure d’errant.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

NON LUDERE* Il ne faut pas jouer

 

NON LUDERE*

Il ne faut pas jouer

 

Ne pas jouer, quand l’amour admoneste

Les amants pris au piège du désir,

Les concubins de l’ombre, adeptes du plaisir

Consommé d’adultères, en des sites agrestes !

 

Ne pas se laisser prendre au filet du vice,

Quand les fièvres enserrent les coupables

Séduits de stupre, de débauches palpables,

De dépravation dentelée de caprices !

 

Il est de froids soleils, comme de lunes blêmes,

De fantaisistes rais, et qu’affolent les vents

Agressant l’inscient du damné survivant ;

 

En pécheur séduit de farandoles, sème

Au noir de l’esprit, et la nuit, et le jour, inique,

Le mépris et la honte enjôlant les cyniques.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

jeudi 8 avril 2021

SEDUCTOR ILLE STRAITJACKET* Carcan de séducteur

 

SEDUCTOR ILLE

STRAITJACKET*

Carcan de séducteur

 

Qui est cet arrogant qui piétine mes fleurs,

Ce silène pansu de petite noblesse ?

Sera-ce en ce désordre que la colère blesse,

Que fuseront les larmes de la peur ?

 

Je m’étais fait à l’idée, qu’au soir

Où se lamentent les marquises poudrées,

Les belles, d’absinthe, de liqueur, enivrées,

L’homme se délie de ses vains accessoires,

 

Pour, au deuil de la riche bombance, repenti,

Faire sans ronds de jambe, génuflexe coulpe…

Hélas ! l’homme, cet animal, ce vieux poulpe,

S’accroche, en orgueilleux, en sombre abruti,

 

A l’orgueil du cosignataire parafant mainmise :

Titre placé en gloriole en l’intellect floué,

Edit de convenance que l’affect vient louer,

Avant que de se lier aux folles entremises.

 


Qui donc est ce félon paradant à confesse,

Ce renard affairé, sans pitance, ni gite ?

Ce ramenard rusé, qui en l’aube, s’agite,

Pour de son trouble, feindre maladresse ?

 

Il longe de ma ville, en preste chevau-léger,

Les friables murets où s’isolent aux froids

De sombres créatures éjectées du beffroi,

Aux lueurs pénétrant le dôme ennuagé.

 

Dilettantes, en ces vagabondages, mes pensées

S’harmonisent, pour enclore des mots,

Sans réticence aucune, surely dolcissimo,

La concision du langage que l’on dit insensé.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mercredi 7 avril 2021

QUAE OBLITUS* L’oubli de tout

 

QUAE OBLITUS*

L’oubli de tout

 

Ne plus se souvenir des dimanches roses,

Des vacances fleuries d’Isola Madre ;

Ne plus s’accrocher aux parois de l’adret,

Quand l’escale semble être: inutile pause.

 

Se cacher d'amants de la lande bohème,

Rosières blessées du couvent de Müstair ;

Nier du conciliabule, et sans vraiment le taire,

L’aveu qui du désir, empaume l’anathème.

 

Ne plus se laisser vaincre des rêves d’hier,

D’obtuses confessions de tristes repentis,

Qui de la thébaïde, sous le frêle appentis,

Se viennent purger d’étreintes ancillaires.

 

Oublier les mensonges du clergé romain,

L’apocryphe de niables encycliques,

D’épistoles tracées de nonces chimériques

Envoûtés de prélats à la toge carmin.

 

Pour ne garder de soi, ce que d’autres ignorent,

Il se faut prémunir des sages ordalies, ces édits

De grincheux podestats, dont l’action contredit

L’éphémère décence que l’arrogance honore.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

IRRADIATIO* Irradiation

 

IRRADIATIO*

Irradiation

 

Il fait déjà soleil sur les plaines d’avril ;

Le laboureur s’empresse d’écobuer

Les terres endormies, à deux lieues du bouvril

Où paissent les génisses, en l’azur embué.

 

Il fait déjà matin, au nord de Carcassonne ;

Sur les remparts romains, le fief médiéval ;

Vaquent les vents ; en l’aube, ils frissonnent,

S’épanouissent au soir, en ce gracieux val.

 

De diaphanes rais auréolent la nue, nimbent

La lame soulevée des marées, s’ajustent encor

Aux flots bleus en cacarde, comme au limbe

D’exosphère empuantie du relent de mucors.

 

Il fait jour aux plages talées de promeneurs,

Aux hautes criques surplombant Etretat ;

Les pierreuses bosses entravent le flâneur

Musardant sur la berge, d’où l’onde s’apprêta.

 

Il fait chaud sur la dune de Cerro Blanco,

Au centre de Badain Jaran, au désert de Gobi,

Quand les astres étoilent le Pila, en l’écho

Souffleté de tempêtes déportées de Serbie.

 

Alors… il fait silence aux portes d’Almina,

Au Ras de Nouadhibou, l’estuaire de Cochin…

Reverdissent les sentes, où hier chemina

Mélusine, l’étrange bravant mille crachins.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021