pinterest

mercredi 14 octobre 2020

DISSIMULIDO*

 

DISSIMULIDO*

Dissemblance

 

Ouaté en la paresse d’un rêve en devenir,

Je me voyais, grisé de vapeurs telluriques,

Atteindre de l’Ether, avant que d’en honnir,

Le col de l’indécence, son ajour chimérique...


Dans le froid de l’oubli, la moiteur du temps,

J’absorbais des fumigations, les miasmes

D’une vie en dégénérescence ; pourtant

Des soleils volages, toujours, sans marasme,


Je floutais de l’histoire, en l'appréciable,

Époques, épopées, écalées de schismes,

Impartiales pensées, peut-être allouables,

Lors que la gent en capte, sans sophisme,

Les moindres volontés, quitte, du syncrétisme

Répudier l’âme, dont céans, d’inavouables

Vœux, écorchent en l’idoine, l’angélisme.

 

En dépeçant du rêve, les sombres retenues,

Je voyais, au clair du fantasme, poindre,

De la stratosphère, des astres ténus,

Infimes réceptacles, de fioles, pour oindre


Le fidèle en quête de Ciel… suis-je celui-là,

Victorieux soldat de La Croix du Calvaire,

Que Le Seigneur couronnera ? Lui, qui scella

De Son Sang, au pied des larvaires,

Ses plus belles Promesses… j’en acte, avec foi,

Heureux croyant, sans m’en faire jamais,

Les Béatitudes ; passés, les craintes d'autrefois,

Moqueries et crachats… désormais décimés...


L'être nouveau se vide d’incongruités, réarmé.

Ce qui de l'orgueil d'hier, soufflait le froid,

S’évente ici, des rêves, d'idées... parfois ;

Démembrée, l'inconscience jadis sublimée !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 13 octobre 2020

SPECIOSUS EST IN CAELO*

 

SPECIOSUS EST IN CAELO*

Au ciel superbe

 

Épiez les palombes de l’azur idéal,

Les pigeons-voyageurs aux ailes déployées !

Laissez les mouettes, ces rieuses banales,

Nager au ciel d’été, quand  s’en vient louvoyer

L’albatros, superbe laridé de la matutinale,

Qu’un zéphyr rêve un jour de côtoyer !  

 

Les moites limicoles abandonnent la vase,

Quand, sternes, guifettes, s’élancent avec aisance ;

Majestueusement, leurs rémiges évasent

Des cotonneux nuages, la crayeuse panse.

 


Je veux fuir des matins, avant les jours d’automne,

Les brumes de tourmente ; tous ces blizzards

Boulochent aux branches, puis, tourbillonnent,

Au-dessus des cols où nichent les busards.

 

Je veux voir s’immerger en la mer de corail,

Cingle plongeur, gracieux cormoran,

Fou de Bassan, rayonnante sterne ; bâille,

Aux vents légers, la frégate s'y affairant.

 

De mon île étoilée de spires, le noddi

Virevolte en l’air marin, grisé d’embruns,

D’insolentes bruines… la brise qui l’alourdit,

Soulève des marées, quelques miasmes bruns

De l’océan cuivré dont vagues hardies

Éclosent sous la houle dont l’onde fait emprunt.

 


Je reste, en ces mirages, rivé à la barlongue

D’une belle terrasse, capturant de ces vues,

D’admirables clichés aux figures oblongues ;

Ici, le couchant berce l’horizon dépourvu

De remous, en l’étendue des canaux de Khlong.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

QUA MELIUS HABUERIT*

 

QUA MELIUS HABUERIT*

Pour s’amender

 

Ecrire, pour voyager au-delà de la nue,

Atteindre des monts neigeux, le faîte ;

Ecrire, pour modeler de l’odalisque nue,

La hanche de porphyre, en un matin de fête,

La gorge parfumée, quand l’amante s’apprête

A plisser de la lèvre, en boudeuse ingénue,

Les secrètes ridules, les profondes fossettes

Animées du mafflu, dont le vent émiette

En la risée superbe, les rires soutenus.

 


Ecrire, avant de naître de plaisirs, de luttes

Encordés au filin de l’offense… inassouvie,

La plume, de guerre lasse, fait encor culbute,

Avant que de griffer des possibles envies,

La ténuité, en la délicatesse, que ravit

Le phonème, en l’abstrait que rebute

La polyphonie... en rebelle haquebute

Ronflant sourdes salves, sans vie.

 

Ecrire, au matin blême, aux ombres figées,

Éveillées d’humeur, d’acariâtres poussées ;

Ecrire, pour bannir les amours mitigées,

Unions sans grâces dont on veut repousser,

Avant qu’elles fondent, les désirs impulsés:

Obsédantes visées de l’amativité négligée

Du galant prétendu libre, quitte à s’infliger,

En cette perspective, sans s’oppresser,

De concises règles, d’évolutives pensées.

 


Ecrire :  j’ai dix ans ; ma bohème est un champ

Au bord de la rigole, enclos, sous ciel ivoire ;

Je joue, pour enfreindre la peur, et au couchant,

A n’être plus moi… comment le concevoir ?

Hélas !... Ceux qui peuvent me voir,

Disent que je m'égare, effarouchant

Ma silhouette floue,  profil qui, en cachant,

Frôle en l’air cendré, à deux lieues du lavoir,

L'elfe de mes contes livresques, attouchant

De ma mue d'enfant, tout en les détachant,

Les rides... elles semblent s'en émouvoir…

Jeunesse, mon empire, ma crayeuse lie,

Toi qui pourfends de mes larmes bleues,

Le rideau, défaits-moi de ce parhélie

M'enserrant l'âme, ce mirage suiffeux !

Dessine-moi l’espace où l'astre de feu

Allume mon regard !… de la pareidolie,

Les orbes semblent réels, du dôme d’enfeus 

Posés entre les niches du petit-bois-joli.

 

Je dirai aux amis… quand vous verrez

L’enfant sous ma peau, ce poupard

Qui de tout, s’émerveille, vous saurez

A mes mots... sagement, prendre part !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 12 octobre 2020

VITAE*

 

VITAE*

Vivant

 

Vivant, jusqu’au sommet des dunes,

Vivant, arraché à la mort sur trépied,

Vivant, quand l’angoisse ne cesse d’épier,

Et l’âme et le cœur évidés de rancunes.

Vivant, loin d'hommes décidés, pugnaces,

Ces êtres sans remords, ces vils concepteurs,

Mesquines formes, ignobles contempteurs

D’un monde éthérifié que le présent efface…

*

Je resterai vivant en ce nouvel Eden !

Ne point accorderai aux fallacieux propos,

Inaliénable quitus… jouirai d’un vrai Repos,

Au Ciel de ma naissance, sans aversion, ni haine !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

OBLIVISCATUR EIUS*

 

OBLIVISCATUR EIUS*

Oublie

 

Oublie que mes matins s’affolent, s’engourdissent

Au creux de ce grand lit que tu as déserté !

Oublie l’adolescence ; il faut que je grandisse

Dans les vapeurs de nuits autrefois essartées

D’amants qui, des rives, aux couches d’infortune,

Ont conjugué de fiévreuses étreintes, captifs

De lunes griffant les bordures falunes,

Berges du littoral jouxtées de vieux récifs !

 

Oublie les premières neiges, la trace des sabots

De vieilles carnes éreintées en l’hiver :

Pauvres haridelles escortées de cabots,

Sous les soyeux flocons d’un ciel à découvert !

Oublie les mots d’amour étranglés en ma gorge,

Les niaiseries sucrées du maladroit béjaune

Soupirant au revers de ma peau, cette forge

Où s’empilent aux rêves, des vues monotones !

 

Oublie les rendez-vous manqués, les larmes

De marins sur un océan d’encre, les pleurs

En déversoir, quand s’évente le charme,

Se meurent les rires épandant de l’humeur,

En quelques ritournelles, l’extase du galant

Prêt à faire siennes, les plus belles romances,

Les suaves élégies soufflées d’un cœur brûlant !

 

Oublie de la tendresse, les ultimes percées !

Il te faut revenir au temps des amours mortes,

Effacer sans rougir, de l’ivresse bercée

De fades souvenirs, les sillons que déportent

Les premières caresses, les langoureux frissons,

Les chœurs de cathédrale, chantant à l'unisson!


***


A ta porte, un matin, quand il fera soleil,

Des silhouettes d’amants arborant écussons,

D’exsangues profils émargés du sommeil,

Te viendront annoncer, ces hésitants bessons  : _

*


S’en est allé voir de l’autre côté, les couleurs

Du bel arc-en ciel que tutoient les enfants,

A déposé sa gerbe de peines, de douleurs,

Afin, du Divin Créateur, au son de l’olifant,

Recevoir la couronne bénie… glorifiant

Le Père, louant Le Fils… L’Agneau Rédempteur.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 11 octobre 2020

AMICUS MEUS*

 

AMICUS MEUS*

Mon ami

 

Tu étais mon seul ami, un frère en qui

J’avais mis mes espoirs… j’aurais pu, avec toi,

Aux heures douloureuses, prendre le maquis,

Sans montre d’orgueil, sans froncement matois.

 

Tu as traîné dans la boue, mon prénom,

Piétiné cette enfance dont nous fûmes liés,

Souillé l’adolescence… de nos belles Manon,

Aux pimbêches de l’ombre, sous le vert hallier,

 

Avions des mêmes joies, aspiré quintessence,

De la soif, apaisé brûlures, et sans plaintes ;

Nous voilà, aujourd’hui, au faîte de l’absence,

De la cocagne, inutiles objets de feinte !…

 

Quand le temps déchirait le tissu de tes rires,

Je posais aux sillons des larmes, d'autres mots

Vrais, ondulés de quiétude… et sans jamais férir ;

Heureux de retrouver tous nos jeux de marmots,

 

Aux portes de ludiques promesses…  belle époque,

Mais, triste souvenance… j’aurais tant voulu

Éteindre les braises, souffler des tisons glauques,

Balayer d’hier, les bribes du passé vermoulu,

 

La lugubre chaleur, taire la caloricité de ce feu

Sans constance… puis, tirer révérence, fier

D’avoir conquis les vieux contours suiffeux

De la cognition, pour, sans mal, en extraire,

 

La répugnance de candeur et de nocivité ;

Hélas, il est des monts ardus, d’absconses quêtes,

Que ne peuvent franchir, céans, en l’incivilité,

Les barbares lestés de pesantes défaites…

 

Tu étais mon ami, je savais tes besoins, traduisais

De tes évasions, les moindres tentatives…

Aux jachères de la puérilité, sans l’user,

Semions, aux douces réjouissances, l’active

Métempsychose alunée en nos vies réactives,

Nos visions de géants, nos regards médusés…

 


Nos passions livresques nous aidaient à atteindre

De la maturité, les insolents degrés… nos filles

De papier, ces poupées, agrémentaient, sans geindre

Puisque sevrées de l’absolu, nos fluettes esquilles

 

Qui, du masturbatoire, emplissaient le mandrin

Retenu de malhabile main, le laminoir

Pressé du va-et vient dont l’illusoire écrin

Encage le mouvement da capo… dans le noir.

 

Ami, mon ami, toi,  l’encre de mes maux, le sang

De mes pantoums, soldat de mes victoires sises

Au panthéon de la riche jouvence… en blessant

Ton ego, ai-je plombé l’orgueil ceint de méprises

Dont tu te fais archonte ? Dessertie de l’emprise

Du piètre écrivassier, ce plumitif disert, vexant,

Ai fait, sans ronds-de jambes, du verbe indécent,

Banale resucée de censeurs enfiellés d'entremises.

 

S’il te prend, en des nuits décadrées, l’envie de voir

Au-delà de l’offense, sache, ami très cher, mon frère,

Mon vaillant héros dont je suis plus que fier,

Que l’ivresse à atteindre est un puissant pouvoir

Dont s’honore le sage, qui, sans s’en émouvoir,

Encloue de la vertu, les prémices, pour plaire

Aux jeunes drilles s’y voulant là, mouvoir,

Aux complies de nonces abdicataires.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020


VITIOSA IGNORANTIA*

 

VITIOSA IGNORANTIA*

Ignorance fautive

 

Je n’avais compris, au chant des pipistrelles,

Que la nuit était, en la mort annoncée,

Simple défaite d’ombres, et par trop roncées,

Qui de la perpendicularité, aux poutrelles

Des volages ténèbres, blutaient de l’aquarelle,

Les poudreux fragments de l’atome poncé.

 

J’ignorais du défi de l’inquiétant fading

Dont se targue le fou déchu de sa superbe,

La trame entitaire encellulant l’acerbe,

Quand la mort émulsionne du standing,

 

La luxurieuse assise dont se vêt le pédant,

Ce présomptueux, en l’antre du paraître ;

Il fait de l’artefact, tel le lâche, du reître,

Réceptive vue_ bien sûr_ pour l’accédant,

 

Moulé en d’illusoires conforts dont

Se drapent silènes pansus et podestats

Agrémentés d’un baccalaureus d’Etat…

Laurier nimbant ceux qui accèdent au don.

 

Que n’aurais-je voulu, sans panache, ni gloire,

Accéder au col de sciences captives du savoir !

Ma plume ferait réserve, en-deçà du pouvoir,

De concomitance de faits, en l’exutoire

De possibles dérives… fussent rédhibitoires.

 

Du rêve écaché de vos lames, aux songes,

J’effeuille de la branche, l’onirisme flouté,

Ses trop moites nuances, et sans douter,

Au for de l’asthénie, et qui me pourtant ronge,

 

Du bonheur délié de contraintes posthumes…

Vagabond, aux pointes d’élagage, je longe

De l’inhibitif, en soldat de poisseux mensonges,

Le fard édulcoré… faut-il que je l’assume( ?)

 

Les aveux plombent de béotisme, le fat,

Aux poussées de pauvres niquedouilles,

En mol énergumène emperlé de bafouilles…

Que ne serais-je moi en ce faux califat !

 

Ne pourrai plus asseoir, et sans pudeur,

Le galbe de fièvres enchevêtrées au moi ;

Cet ego manifeste me ceinture d’émois...

Il efflore de l’âme, la constante lourdeur

Du cœur enfiellé d’impavides fadeurs,

L'habitacle, quand mon double larmoie.

 

Resterai, pour confirmer mes choix, sceller

Ma position d’élégiaque dompteur, nomade

De traverses, de rimes prises à l’aubade

Du trouvère aux mots entremêlés !

 

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020