D’azur et d’eau
L’azur se mire amoureusement,
Dessine des clairs chapiteaux, l’aube
Feutrée de perles chues du firmament ;
L’atmosphère se vêt d'une longue robe:
De dentelles moirées, ganses vermeilles,
Kaunakès sublimés de la belle saison ;
Les solstices y troublent le sommeil
De noceurs épiés du lointain horizon ;
L’azur, en fier poète, épine de Ronsard,
La rose protégée de rustres arbrisseaux,
Du clos où l’abeille au rétractile dard,
Boude les volves pistées du vermisseau,
Les bulbes percés du mycélium,
De filaments accrochés au terreau
Lavé de crachins du venteux automne
Bergénie pourprée, miscanthus en fourreau.
L'enfant dans les flaques, éclabousse
En riant, les marchands à leur porte ;
Ils étalent des premières pousses,
Fruits nouveaux, fioles de liqueur forte,
Bradées à moindre coût ; bésicles
Sur le nez ; de prébendiers, mécènes.
La vie, sans décoter l'opulence des cycles,
Adoube l’azur au voile de misaine,
Déploie le gréage de jonques croisant
Du clair embrun, l'onirique splendeur,
Confère au voyage, parfois en l’imposant,
Le bleu de l'océan, sa sublime candeur.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
