SUUS’ NICE
QUOD E*
Il fait
bon
Il fait bon vivre sur les terres cendrées,
Où paissent les amours baguées d’illusions ;
Les amants s’y prélassent avec effusion ;
Lors, s’enflent les soleils de l’imposant adret.
Il fait bon musarder sur la lande farouche,
De taler de la sente, les crantages renflés…
Mon cœur a fait promesse aux soufflées
A venir, d’en préserver la précieuse ouche.
Il fait bon s’alanguir au nord de Tirlemont,
En la cité flamande, au creuset de la Gette ;
Y flémarde la loche sous la froide cuvette
Où s’ébroue la truite bercée du goémon.
Il fait bon voyager aux prémices de mai,
Quand le tubule aspire la rosée diaphane ;
La flore s’esbaudit, enivrée de barbane
Accrochée au repli des manches élimées.
Aimerais m’assoupir aux solstices d’hiver,
Hiberner en Ecosse, quand frileuse, l’absence
Pointe de sa rétive mue, en la déliquescence,
L’économe doublure sous d’ouateux revers.
Fidèle aux fontaines fuses de l’imaginative,
Je prise du douzil, pour tromper ma pépie,
Le nectar des poètes, dénudant par dépit,
Les irascibles strophes de l’appréciative.
Il fait bon se soumettre, aux ides écalées,
Au bonheur dont la plume s’étoile…
Des spires d’été, aux rais qu’entoilent,
Au soir, les brumeuses à jamais isolées,
Se délectent mes rimes de trouvère blessé
De la faconde de grincheux podestats…
J’entrelace mes plaintes, et sans en faire état…
Qu’il m’en soit donné de les mieux tancer !
Armand Mando ESPARTERO© copyright
2021
