SUAVIS
AFFECTIO*
Doux émois
Douces émotions de mon esprit soumis
Aux lois parachevées de primes amours :
Joie, candeur, innocence, fol humour,
De prestes gazilles à qui, il fut permis
De clore de baisers, la lèvre bavarde,
Attiser de la bouche, de sulfureuses braises
Tisonnées en l’envie amputée du mésaise,
Et qu’affadit le deuil qui en l’âme, s’attarde.
Passives récréances de mon cœur rétif,
Charmé du tendron pris aux colichemardes
De cruels duellistes dévoilés de nos bardes,
Espiègles chantres au langage incisif…
Je te veux poète, aux fleurs du renouveau,
Troubadour, en l’extase de radieux matins…
Ton mutisme pénètre le vaporeux satin
Engainé aux cuissardes fulminées du prévôt.
Sur la soie pubienne de lascives mutines,
Mes mains ont effloré la délicate zone,
Où, ivres de malice, les phalanges cloisonnent
Le suave hymen, quand elles s’y agglutinent.
Posée au contrefort de ce doux matelas,
Ma respiration effeuille les geignements,
Autant qu’il lui soit prévisible… savamment,
Éclosent les renoncules filtrant la candela.
Entrouverts aux bâillements plus sombres,
Mes délires accotent le plaisir adjuvant…
J’accède au palier de ces cols éprouvants,
Ne pouvant résorber de sa lie, la pénombre
Drapant de l’ego, l’insupportable bâti…
Dilatoires, les inusables feintes enquillent
D’un flou, l’affect : cendreuses escarbilles,
Grisâtres poussières, sur l’amant abêti.
Avant que de me taire, de livrer ma superbe
A la folle vindicte, ai muselé, sans mal,
Sous la peau éclatée du stupide animal,
L’angélisme ouaté du confort de l’acerbe
Pincé d’acrimonie, dont le sarcasme enjôle
L’ironiste lié aux rivaroliennes joutes
D’un épanneleur, en l’engobe de croûtes :
Ornemaniste otage en sa propre geôle.
Armand Mando ESPARTERO© copyright
2021

