ALIQUAM…*
Il sera temps…
Puisqu'il faut des rêves, éteindre l'illusion,
Atteindre des pensées, en un temps dérisoire,
Les choix cosmétiqués, les indécisions,
Il nous faudra un jour, sur le fil du rasoir,
Traverser de l'épreuve, l'horrible confusion.
Puisqu'il faut des mots, paraphraser les signes,
De la glose ampoulée, délétère, encenser
Le discours du rhéteur : sycophante indigne,
Il nous faut sans contrainte, nuancer
Du propos, le pathos, crever du pédantisme,
Plantureuse panse, bedonnant rumen,
Lestant du laïus, le piteux alarmisme
Emphatique parénèse ; la glotte la malmène.
Puisqu'il faut en ces temps incertains, boire
Du raisonnable, le réduplicatif, apaiser
De l'anadipsie, l'outrecuidance folle, croire
En cet avenir trop sombre, pour biaiser,
Il nous faut encor retoucher du tableau,
Le pastel affadi, teinter du mordançage,
L'aveuglant chatoiement… tête hors du hublot,
Ecouter les sirènes aux cavatines sages.
Il est temps, je pense_ d'entériner le doute,
Ratifier de l'appréhension, la controverse,
L'irréfragable lâcheté… ici, l'ego s'encroûte,
Pour disparaître sous les larmes d'averse.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
