BISSENOS
MULTUM NEBULAE
TURBINIBUS*
Brouillards
de solitude
Le ciel cotonneux désactive mes rêves,
Pour me faire oublier la haine des miens,
La cruauté de ceux dont la fielleuse sève
Abâtardit l’espèce de vils prosimiens.
L’azur se fait rétif, refusant de m’offrir,
Un rayon sous la nue, un rai de liberté ;
Il vient mordre, pour me faire souffrir,
Au nanan de ma vie, peu à peu, désertée
De ceux qui, hier, m’offraient large sourire ;
Ma solitude encloître, sans les domestiquer,
Les passions, et qui sans coup férir,
Agrémentent mes songes cosmétiqués.
Je regarde mourir, aux plaintives ventées,
L’enfance emmurée de souffrances… mon dos
Ensanglanté de perverses mains, hantées
Par le désir de tuer… ils m’appelaient Mando,
Pour farder d’apparence, le mal les chevillant ;
Ces caïnites castes, illusoire fratrie poudrée
De mécréance, ces êtres qui se croient vaillants,
Et qui, âmes damnées, s’égarent sous l’adret
Du col infranchi du profane : L’Amour, le Vrai,
Celui que voudrait abêtir l’arsouille engrossé
D’inepties propres à déconcerter l’ivraie,
La famille rusée, ce clan toujours drossé,
Au moindre courant d’air, vers l’abîme
Où s’ébrouent les pécheurs de ce monde,
Irascibles impies, dont la toge s’abîme
Aux crantages d’un haquet immonde.
Si de ma solitude, émanent des chagrins,
De mon cœur orphelin, percent des joies ;
Nul ne les peut éteindre… en digne pérégrin,
J’efface de mes traces, les rides qui rougeoient.
Armand Mando ESPARTERO© copyright
2021

