ERUBESCEBANT*
L’humiliée
Immobile, blessée par la foule en liesse,
Se laisse fondre au milieu du chahut…
Sent le souffle de ceux qui l’oppressent,
L’assourdissent, en ce tohu-bohu.
L’âme en peine, prisonnière du flot,
Dont la rage clanique déchire l’espace,
Se voit invectiver, même du gourdiflot,
Jadis, talant ses perceptibles traces.
Ses lubies d’amante, ses folies d’harengère,
Ont, des pleines débauches, et sans mal,
Attisé les braises du malheur… étrangère
A la plèbe aux grognes extrémales,
La voilà, vaincue de l’audace, dont parfois,
Elle flatte, sans réserve aucune, l’attrait ;
Ses yeux quémandent indulgence, au froid
De ces regards, et qui, céans, l’effraient…
Femme, sans être docile… serve, sans être soumise,
Elle puise de l’attente, avant le couperet,
Rogatons d’infortune… aimerait, en promise,
Gravir du parvis, au laraire, l’étrange ableret,
Où, prise au filet de consommables noces,
Sa chair distillerait de louables étreintes…
Sa bouche confesserait, grisée de sacerdoces,
Cette fidélité acquise… et sans plaintes.
Mais… ses geôliers sont là… incivils, pugnaces,
Brandissant l’oriflamme du châtiment !
Puisque tu as, chaque nuit, en tes nasses,
Capturé sous fraie, tes pernicieux amants,
Modulé la faiblesse de pauvres céladons…
Puisque tu as su des familles unies, altéré
Le portrait, enjugué à ton rets, sans pardon,
La paisible fratrie, tu seras lapidée, enterrée
Sous le butoir de la rectitude… la mort
Te fera voir du miroir écaillé, le tain
De cette démesure ayant servi de mors
Aux hommes aboutés, privés de clairs matins…
Ecoute sonner le glas, pécheresse conquise
De minables gaziers au faîte des vanités !
De ton vieux cœur-breloque, s’attisent
Des cendrures… entends-les crépiter !
Femme, je te regarde, sans te jamais juger !
Ai tant de fois maquillé mon honneur
Du fard d’indiscipline… si tu les viens jauger,
Tu verras de mes tares, l’immodeste malheur
Scander, gorge pleine, avant que de me lier :
_
Il est de ces manants emmurés d’infractions ;
Son indocilité, fait preuve de défis… allié
Au désordre des pairs, se joue des séditions…
Sommes, toi et moi, inutiles blessures…
Que ne puissions-nous être riches d’espoir !
Celui du Seigneur, qui, couvert d’injures,
Agrémente l’esprit, de la foi… faut y croire !
Armand Mando ESPARTERO© copyright
2021
