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lundi 15 février 2021

MANE MISCENDAM EBRIETATEM* Matutinales ivresses

 

MANE MISCENDAM EBRIETATEM*

Matutinales ivresses

 

Je t’avais fait promesse, au matin radieux,

De t’offrir de mon cœur, les généreuses perles,

Quand, au clair renouveau, le gazouillis du merle

Eveille la rosée bercée de sons compendieux.

 

En un cérémonial unissant les amants,

Nos lèvres harmonisaient des fugaces baisers,

La douceur parfumée de teintes irisées,

Agrémentées de mots enquillés de serments,

Rétives en ces miroirs où l’amour s’abandonne...


Ton trouble permanent, tes mécaniques gestes,

Semblaient illusionner de ma joie immodeste,

La ferveur du galant soumis à la maldonne.

 

Que n’aurais donné, pour percer du mystère

Obombrant ta superbe en ces froides coulées !

Du rituel sans fard, s’y semblaient démouler,

D’autres dépits, en un tropisme austère.

 

J’ai aimé… t’ai aimée, sans comprendre parfois,

Le deuil dont ton passé entoile de clichés,

L’étrange réminiscence : remembrance affichée,

Pour soumettre l’affect grimaçant en ces froids.

 

Ma plume dénude des pensées anamorphes,

Quelque douteux témoin, fidèle suppléant

De ses incartades… en des délires saillants,

Sous le transport muté du flou téléomorphe ;

 

Voudrais du devenir, y puiser, sans autres,

L’audace et la retenue : malsains mélanges

Etrillant du bretteur à la pointe d’alfange,

Grotesque pochade, bien qu’elle soit nôtre…

 

En la matutinale, éclose dès potron, l’amour

S’est envolé… nos rêves compulsés ont fui

Des chemins contraires, et la peine, et l’ennui,

Dépossédés, comme aux plus belles nuits,

De l’auréole rehaussant le fastueux ajour,

Quand l’âme esseulée vaque au petit jour,

Avant de s’effacer du seuil de l’éconduit.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021