LUMEN*
Luminescence
La lumière pénètre la grande salle vide,
Peu à peu, enveloppe les précieux bibelots ;
S’étirent mollement, les premières rides
D’étranges lueurs projetées du halo…
En la douce clarté, d’indistinctes volutes
Auréolent l’espace où se mélangent encor
De discrètes fragrances… s’y percutent
De langoureux soupirs, quand les corps
S’entrelacent, puis s’égarent au matin,
Dans la moite inertie d’amants inassouvis,
Et qu’enlisent les rêves enfouis au satin
D’un berceau de promesses, et qu’atteint
En l’aurore, l’éveil de passions écloses
Sous la chair investie de suaves caresses…
Ecorché de l’épine protégeant la rose,
Le cœur saigne au soir, la fatale détresse
Qu'auront, repues de folles allégresses,
Ces âmes piégées de songes amauroses.
Armand Mando ESPARTERO© copyright
2021
