IMBRIBUS*
Noires averses
Un jour de pluie... un jour comme un autre ;
La faune s’en revient d’une lourde paissance,
Les bruines butinent le grand port de plaisance ;
S’y affairent des hommes dont l’audace est nôtre.
Un jour de crachin sur la mer démontée ;
Les barques domptent la houle, aux tempêtes
Crachant le venin de vents qui s’émiettent
Avant de se purger de la chaleur d’été…
Un jour d’averse perçant la canopée ;
Lianes et marcottes s’entrelacent, s’étreignent
Sous le halo des cimes, et que jamais n’atteignent
Les rudes bourrasques s’y voulant agripper.
Quand il pleut sur la berme talée du troupeau,
Les crevasses piègent les marchands pressés
De rejoindre la ville, son marché… oppressés,
Ils longent le sentier, en pérégrins groupaux.
Quand il pleut sur mon lit, de solitaires larmes,
S’éteignent mes soleils, mes princières lunes ;
Je voudrais, en l’aurore, contrer mon infortune ;
Hélas, n’est de l’absence, qu’inoffensives armes !
Armand Mando ESPARTERO© copyright
2021
