MARE*
Outre-lieu
Lewis Carroll est triste, Alice ne viendra plus
Au pays où les rêves assagissent les fées…
Il soupire, en pleurant sur ses songes défaits,
Ses musiques d’antan, et qui nous ont tant plus.
Alice s’ennuyait, elle aussi, du livre sans images
Que feuilletait sa sœur, sans paroles, sans vie…
Sa douceur désirait un plus humble parvis,
Un tertre infranchi de doctes mis en cage.
Quand, en belle redingote, surgit le blanc lapin,
Montre à gousset, canne de sureau clair,
La tendre Alice n’en fut pas étonnée ; l’éclair
Qu’il produisît, en courant, ici, en dépeint
Toute la scène… elle l’entend s’écrier : _ il est
tard !
Quelle imagination !!! oh ! Quel tableau !!!
Se peut-il qu’elle entendît: _ quelle tare !
_
Ou _ je suis en retard ! En retard !
En retard !
Tel le voyageur scrutant l’onde, du hublot…
Alice lui emboîte le pas, jusqu’au terrier ;
Là, chue… sans s’arrêter, prise au tourbillon
D’un voyage, où les ombres se vêtent de haillons…
Quand de l’imaginaire, le cœur semble sérié…
Carroll prétend que l'œuvre s’adressait aux
adultes ;
Les adultes sont, d’éphémères décans, des enfants
Amorçant du silence, les rives ; l’âme en
pourfend_
Dit-on, les méandres ; l’oubli absout, et catapulte
Aux mortes cognitions… qu’y faire ?...
Les contes de l’enfance, sont des vices d’amants :
Visqueuses larves _ mue sans linéaments,
Entoilés de colère ; la honte s’y infère.
Si Alice a gouté à l’exode, bu le lait
De fiction, le désir de renaître au
jardin
Des fragrances premières, trouble le citadin
Qu’encloue le raisonnable… il le
fallait !
Blanche-Neige est, c'est ainsi _ croyez-le !
Le symbole d’une coulée de sperme...
A ces désordres, l’académie mit terme…
Les nains représentent les phallus _ sachez-le !
De journaliers amants… le beurre et la galette
Du chaperon, symbolisent le lubrifiant,
Pour un coït indigne… en s’y fiant,
Les frères Grimm, de galette, firent fête,
Profit… elle assure gain d’inexpérimentée ;
Rougement vêtue, pour confirmer le sang
De virginité perdue; la mère-grand, à l’indécent,
Confirme la vieillesse nous venant
hanter.
Comptines et fables, sont un réquisitoire
Pour consciences mitées, ces cribles…
L’hédonisme bafoue encor La Bible…
Diane en prône le culte, en l’offertoire.
Lewis Carroll en confesse, sous larmes,
Dans ''De l'autre côté du miroir'',
L’affreux malentendu qui, des villes, au terroir,
Pousse le conceptuel à assombrir le charme
De l’expressive joie dont s’étoilent les mondes,
Quêtant du bonheur, les chatoyants pixels…
Le zélateur, lui, s’accouple aux brèves de
missel
L’apocryphe y entaille la vierge pudibonde…
Moi, du stoïcisme, aux rites sublunaires,
Ne garde trace, vainquant de l’apparence,
Le violent artefact… formolé d’ignorance,
Mon esprit se dilue des vacants avenaires.
Armand Mando ESPARTERO© copyright
2021
