HIBERNIS
AUTEM HUMORIS*
Hivernale
moiteur
O pâle douceur des matins hivernaux,
Quand le petit jour bâille d’un radieux cil !
La brume se disperse, en volutes dociles
Nimbant l’aube claire de rais subliminaux.
Février en escale sur les jardins flottants,
Pose sa chaude mante au faîte du bel arbre
Peu à peu, obombré d’un Hercule de marbre,
Où de cette Aphrodite au regard hésitant.
En la molle paresse de l’aurore alanguie,
S’étire ma doublure de rêveur amorti
D’oniriques chimères, de pensées abêties,
Dont s’animent encor les sorites groggys.
Sur la couche voilée de cette servitude,
L’empreinte de ma mue encercle les suées
De désirs consommés, consommables, liés
Au désordre foulé de brèves assuétudes.
Refoulant des craintes, l’approximable chute,
J’erre sous le duvet de l’étrange paresse,
Cette indolence clivée de maladresses,
Et qui de l’aboulie, se trop souvent permute.
J’aime à me fractionner en-deçà de l’errance,
Ecarteler de la pleine constance, la fixité…
Que n’ai-je, aux grimes de l’affect, plébiscité
L’emphase, avant que de me taire… l’absence
Est un remords sans pathos, ni gêne !…
Ne se peut compromettre celui qui l’agrémente
De douteuses pratiques… se peut-il qu’il mente
A son ego, pour enclore en ses gènes,
Le douzil du sang que les larmes égrènent,
Les regrets, subtilement, fermentent !?
En l’hiver enneigé de discourtois flocons,
Ma dégaine meurtrie de la roide froidure,
Vient puiser en l’éveil, cela, si elle dure,
La fatale coulée… de l’ivresse… au flacon.
Armand Mando ESPARTERO© copyright
2021
