VIOLENTAM INTER
DUOS AQUA*
Violence entre deux eaux
Tu prives de mots, l'enfance de banlieue,
Sèvres de vérité, la jeunesse bafouée ;
Tu as tagué les murs, percé en son milieu,
La cité anonyme où cingle encor le fouet.
Tu séduis les hommes lâches, complexés:
Soldats du bitume, reîtres du macadam ;
N'ont plus de respect ; on les a expulsés,
Tels les coprolithes nauséeux, infâmes.
Tu armes les gamins, prostitues les gosses,
Éloignes de l'école, l'indocte, l'ignorant ;
Les mets en cage, les plonges dans la fosse
Où s'ébrouent vermine, larves de torrent.
Violence : mot magique pour ganaches
Accoudés au support d'époques en déclin ;
Tu brides le naïf en quête de panache,
Le benêt asservi, hissé au terre-plein.
Tu fais pleurer veuves et orphelins,
Sangles la femme, écorches la conjointe,
Aux soirs dessertis d'astres opalins ;
S'y effacent, les comètes disjointes.
Violence : vil éponyme de philosophes,
Invective de prétentieux scientistes
Te liant à l'offense ; ils t'apostrophent,
Fardent ta cruauté ; puis, en absolutistes,
Dénouent des lois, les lacets ; rivent
Au joug sociétal, la plèbe maillonnée
Au règne despotique… là, dérive
L'inexpérimenté à l'esprit bâillonnée,
Cœur en lambeaux… tu exultes, jubiles,
De l'irréfragable volte ; t'encanailles
Au creux du lit douillet ; s'y agite l'habile,
Ce cauteleux klephte ; l'arrivisme le tenaille.
Au bout du tunnel de la repentance,
Au passage dévoilé du miroir, tu verras
De l'enfer, les flammes ; La Prépotence
Du Divin Rédempteur, de Son Feu, balaiera
De La Main, folie et excès du péché
Baguant de l'homme, la notoire sagesse…
Tu mourras intestat... se feront empercher,
Tes funestes œuvres, ta factice sagesse !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

