NOCTES*
Nuit après
nuit
Je n’ai pour toute famille, qu’une plume
De laquelle naissent des harmonies,
Quelquefois… de nobles symphonies
Au revers d’accords que le passé bitume.
Ne s’éteignent jamais les humiliations
Eventrant de ma vie, le majestueux retable ;
De ce riche triptyque, en l’humeur agréable,
S’évanouissent les tons de la conception.
Je suis un chien battu, sans niche, ni écuelle ;
Mes sourires fardent encor du possible,
Avant que de sombrer, les degrés accessibles
Empruntés de jobastres en d’étroites ruelles.
Je n’ai pas d’amis, ni d’âmes à consoler…
Longeant les rails d’un monde mécanique,
Sans espace, ni lune… les liaisons claniques
M’éloignent de la gent me voulant isoler.
Mes pas se sont défaits des marches nuptiales,
Qui, du parvis, au lit, accouplent les amants
Scellés de vanités, d’inclassables tourments,
De mensonges feutrés, de passions abyssales.
Quand je m’en irai voir s’affermir le cosmos,
Mes nuits ne seront plus rivières de larmes,
Mes jours auront vaincu l’irrésistible charme
Des sirènes goulues que les vices engrossent.
Armand Mando ESPARTERO© copyright
2021
