Ma peine
Elle est en ce miroir, une vierge
Qui s’offre au matin gris, quand
Vacille la flamme du modeste cierge
Que peu à peu, évincent les décans.
Si l’hiver la pénètre, elle emmure
De son profond chagrin, le souffle
Lentement dilué de l’étrange ramure
Sous les baies que les ombres marouflent.
Elle parle mon patois, se cheville parfois
A mes larmes salées d’adolescent puni,
Vieillissant dans la neige, au froid
De remembrances, trop souvent, de dénis.
La nuit, face à face, jouons en silence
A des jeux interdits ; la mort en décélère
Des besoins latents, d’intimes confidences,
Sans farder d’entregents, le rythme délétère.
Au matin, en l’éveil de l’aurore floutée
De mues anamorphes, me fait reproche
D’avoir du temps, sans raisons, abouté
Rêve et factuel, défaits de l’anicroche…
Pour elle, sans mal, ai déposé les armes,
Car de l’anadipsie, sans vaincre la pépie,
Ai abreuvé mon âme irradiée de larmes
Aux sources polluées de l'arrogant dépit.
Je n’aurai plus le droit, aux ides à venir,
De m’asseoir à la table de l'enfant de jadis ;
La vieillesse a tracé de riches souvenirs
En l'anamnèse enchâssée d’indices...
Armand
Mando ESPARTERO© copyright 2021







