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mardi 26 septembre 2023

OBVIEUSE CONSOMPTION

OBVIEUSE CONSOMPTION

 

S’amoitissent les rêves dépulpés de confort,

Les songes maquillés de fantasmes glacés ;

Percent, dès matins, les teintes nuancées

De l’aurore…  au faîte du réconfort.

 

S’écaille des nuits d’encre, l’éphémère :

Illusoire, dont l’offense duplique le réel…

Se peut-il encor, des riches aquarelles,

Que s’évident les spirées ulmaires ?

 

Comment battre campagne si, de l’imago

Se dépeuple l’enfance, si le truisme désocle

De nos jeux, le fécond arbitraire ? Binocle

Sur le nez, le géronte, en soufflette l’ego.

 

Se durcissent nos vies pérégrines :

Possibles errances de louables fuites…

Quand l’hiver fait colère, l’âme séduite

Détèle la courroie de ses mises chagrines.

 

Ecartelé, entre deux charnières, j’ouïe

Du silence, d’allusives dénégations :

Courbatu, vide de propension !

Inertes, mes inclinations… vite enfouies

 

En l’adaptable… ne me reste parfois_

Quel fol oserait là, sur ce moud bancal

Me défier, me braver, seul sur cette bercale ! ?

Ne me reste_ disais-je _ en ce violent froid,

 

Qu’un gîte sans couvert… cagneuse chaumière

Où s’accouplent les vents, s’apparient les rais

D’un exsangue soleil qui, jadis, emmurait

De l’espace, la périastre… mais, c’était hier.

 

S’épuisent les profonds râles de l’agonisant,

S’enrouent les longs soupirs du moribond

Brisés, aux portes du pulpitum…  pudibond,

Le zélote cache ses sentiments ; ironisant,

 

Pour se donner courage… ou masquer sa peur

De piètre compagnon, au glas du repentir…

Que de fantaisies, nous voulant abrutir ;

N’est-il pas ! l’angoisse détrône la torpeur.

 

Pour se donner courage, se tresser lauriers,

Ne se peut pas mieux ; s’adjuger cum animo*

Vainqueur du temps passé, sans plus, à mi-mots,

Se baguer d’entregents… désormais, apparier

 

Devoir et justice, à l’heure du chaos, ne semble

De la subsidiarité, éloquence permise…

Tout s’écroule !... n’y pouvons rien !!! mainmise

 D’Etat, prise de pouvoir, seuls, désassemblent

 

De la gent borné, l’efficace… le Dauphin,

Roi devenu, est un pitre de foire… l’ivresse

Du pouvoir est leurre ; se fendre d’allégresse,

Dénature la soif d’exister_ fut-ce en bec-fin.

 *avec courage

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

 

dimanche 24 septembre 2023

AUX SENESTRES… L’ECRIT ; AUX ENCAGES… LES CRIS

AUX SENESTRES… L’ECRIT ;

AUX ENCAGES… LES CRIS

 

Les cris viennent rompre le silence de l’âme,

Les mots en atermoient, pour piéger l’ignorant

Pris au rets du passé qui, le déshonorant,

Dévêt de son esprit, les nuances agames.

 

Les cris poussent harangue, et pour circonvenir

La foule assoiffée de ductiles promesses :

Serments qui s’allongent au sortir de messes,

Annonces greffées d’absurde retenir.

 

Le cri poussé par la progéniture, dévoile

Le nouveau-né d’un futur ambigu :

Avenir sclérosé d’invites suraiguës ;

Devra seul, trouver la nuit, sa bonne étoile.

 

Quand les cris admonestent l’idoine, le rêveur

S’imagine autre terre, nouvelle oasis,

A deux lieues du lit ; là, sans satyriasis,

S’engouffre au puits de souhaits sans ferveur.

 

Le poète, lui, déguenille la rime, déçu de voir

Les mots obombrer l’élégie… sa plume dépitée

Farde de catachrèse, son talent réputé…

Etrécie sa verve, étiole _ peut- être par devoir,

 

Toute la stylistique ; n’est-il pas de bonbec,

Le subtil Diafoirus, ce vantard prescripteur ?  

Ai-je de la faconde d’imposants contempteurs,

L’utile élision : précieuse apostrophe de becque,

 

Et qui, de ce distributif, resèque chaque part,

Pour du gosier avide, poser à ce goulet,

Sans parcimonie, l’offrande décagoulée

D’un tropisme érigé ?… sans faire-part.

 

Mes cris sont: aveux empreints de solitude ;

J’en confie l’efficace, avant que de me lier

Aux déconfites lois stagnées à mon palier,

Que piétine la gent sertie d’ingratitude.

 

Je cri, lorsque j’écris sous la toise de nuits

Enveloppées de cendreuses parures… j’écris,

Lorsque les cris viennent en exinscrit,

Ramener la tangente au faîte de l’ennui.

 

Mes cris font la confesse de désirs avortés,

De lubies achevées en un petit matin ;

L’aube fait clémence, en l’éveil diamantin

D’un jour déraciné d’appétences voûtées ;

 

De la concupiscence, à la chasteté, se diluent

Mes besoins… serait, lors, de bon ton, que j’aie,

Moi, ilote de réserve, sans me plus affliger,

Le talent de ces muses : ces naïades goulues !


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

vendredi 22 septembre 2023

ARLECCHINO

ARLECCHINO

 

Italie : parure de la Commedia dell’arte, souffle

Au XVIème siècle, tel, vent de liberté,

Entre les interstices d’un théâtre avorté,

Pour donner vie nouvelle aux maroufles

 

De la noble gestuelle… il fait bon s’accoter

Au rostre de cette liberté… la comédie,

Peu à peu, encarte des riches prosodies,

Tonalité superbe… et sans les décoter.  

 

Masque noir, costume losangé, s’étirent

Les tons du mime aux multiples facettes ;

Sa pauvreté éveille conscience… sans cassette,

Ne s’offre que le nécessaire… sans le pire.

 

L’ancien français parle d’escorte d’Hellequin :

Mesniee Hellequin, dès le XIème siècle, puis,

Du génie malfaisant hiberné_ démenti depuis,

Sous la peau d’un bouffon sans sequins.

 

Moi, je le vois servile, en de plus justes prises ;

Ne peut-on, de l’envie, aux frasques du besoin,

Accéder, sans plisser du confort de l’ivresse,

Notoires palinodies ? est-ce mal, de l’allégresse,

Puiser en lapidaire, et, sans serrer les poings,

Sans déflorer du temps, l'entremise,

 

Efficace breuvage, confortables lampées (!)

Que nenni ! _ direz-vous… alors, pourquoi,

De la réserve pleine, de l’aube en décroît,

Dénerver l’effilure d’imposants drapés ?

 

Avant la Renaissance, Arlequin (Alichino,

Mentionné par Dante), dès le XIIIème siècle,

Alimentait, des salons, subtiles épécles :

De ces tacles, naquirent frondes de ladino.

 

Orderic Vital : moine anglo-saxon, désigne

Le cortège sauvage des mythologies, comme

L’approche du génie chu de l’homme,

(Comme si la chasse, dévoilait de l’insigne,

 

La poursuite du mal, autant que celle

De l’âme qui s’en veut démunir…) Sic.

La Germanie en donne la mesure ; le hic ?

Personne ne porte foi à ces moites libelles !

 

Ce turbulent contrefacteur, désenclave,

En de folles pirouettes, allégorie princière ;

Pour lui, l’allégorie sert de souricière

A la bedole en fripe, ce trop larvaire esclave.

 

Maurice Delbouille, ce linguiste suggère,

Le nom de : Herla, (traduit du latin Herla Rex)

Pour, du mythologue, sublimer de vains textes,

Où le roi, en sa métamorphose, exagère,

 

Du propos, à la pantomime, l’esquive…

Se peut-il qu’il dise vrai !?... Pas si sûr ! …  

Arlequin, porte deuil, en cette pressure,

De la gent le voulant céans : nature vive.

 

De Wotan l’imbu, aux contes de Sorquainville,

La légende tresse lauriers aux cacographes :

Fiers précepteurs férus d’orthographe,

Fascine encor la plèbe d’Harcanville.  

 

Du soufisme, aux fables atellanes, Arlequin,

S’auréole d’impudiques tercets… dommage !

Si la prosopopée donne langage au loup,

La comédie, elle, décrante du jaloux,

Autant que de la reine entichée du coquin,

Improbable ruisselle, goudronneux damage.

 

J’ai rêvé d’Arlequin en habit de parade

Sur un gris boulevard, entre Rome et Paris ;

Les gens le saluaient… j’en aurais fait pari_

Eberlué, refusa, pour elle, de gravir l’estrade.

 

Je voyais du manège, l’étrange tourbillon…

En mon costume clair, j’écoutais claironner

L’immodeste cacarde de censeurs étonnés

De l’active influence de ce fou sans Bâillon.

 

Je savais, des nuits bleues, en l’exsangue,

Me désaccoutumer de l’onirique chappe

Plombant de mes humeurs, l’encape

De ces vaques transmuées de harangue.

 

Peut-être qu’Arlequin, cet inutile pitre,

Avant de disparaître de l’imaginaire,

Peuplera la faconde de latitudinaires

Perchés, en arrogant, sur bancal pupitre.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

mardi 19 septembre 2023

TRAPEZE

TRAPEZE

 

Sur d'étranges trapèzes, me suis balancé ;

Oubliant des heures : minutes et secondes

Peu à peu traversées de spires rubicondes

Déliant du coucher, les cerces nuancés.

 

Du fragile agrès, le monde semblait

Plus petit, plus pâle aux solstices présents ;

Les hommes marchaient voûtés, absents,

En la nébuleuse les faisant trembler.

 

L'enfant allant matin, triste, pleurait

De l’uniformité... pauvre créature

Dont les guerres clivent, sans villégiature,

Le désir de grandir, le cœur désemmuré 

 

De cette casemate : fortin sis au centre

De cités qui, dépoutrées, désossent

Des trémies, le trépied, aux bosses

Du ralentisseur chu de son épicentre.

 

De la tour bancale, d’où je me balançais,

Les filles cachaient de leurs vingt ans,

Ce ventre rebondi, ce giron abritant

D’indiscrètes amours, le fatal insuccès :

 

Fautives traites contractées en un soir,

Payées au prix du parjure de l’ombre :

Illicite manœuvre... bien trop sombre,

Au pinacle des louves sans histoires.

 

Etarqués, les derniers bourgeons

Semblaient vidés de leur riche tubule…

La sève de l’arbre, gangrenée de fibules,

De ronces et d’épines enfiellées le surgeon.

 

Hideuse diathèse de  vieux terrains,

Macrocosme de géomorphogenèse,

D'orogénie, au bedon de caryocinèse

Fragilisant des fiefs la structure d’airain.

 

Du fragile trapèze, je regardais pourrir

Des saisons mutées, la faune, la flore ;

De l’écornifleur, les griffes perforent

La censive… même la mort doit mourir,

 

Sans plus paître en robe d’apparat,

Drapée de sultanat... se faire digne…

Que faut-il en ces sinistres guignes,

Au trompeur, ce zélote indigne ?

Sinon: purgatif dès le premier signe

Désobstrué de l’esprit encavé, tel un rat !


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

AMOUREUX… PEUT-ÊTRE

AMOUREUX… PEUT-ÊTRE

 

Les amoureux, en la paresse du petit matin,

Construisent forteresses… sous la soie, le satin,

S’esbaudissent, quand la nuit fuit le jour,

Repus de suavité, prisonniers de l’ajour

Dont la noblesse farde l’altière enjolivure :

Imposante évasée posée en gélivure…

 

Les amoureux bâtissent des empires cossus,

De riches métropoles, des fiefs pansus ;

Au cœur de leur demeure, s’emplissent

Les crédences… les vivres en alourdissent

La mince verrerie, le gradin des cristaux

Aux miroitants reflets épiés du boqueteau.

 

Les amoureux s’illusionnent, au soir

Où tanguent les promesses faciles : pressoir ;

Y gouttent les mensonges d’amants nus,

Cloqués de pragmatiques donnes ; ténus,

Sont les projets de ces craintifs servants…

Se défloutent les ombres du remords éprouvant.

 

Les amoureux détissent de leurs rêves déchus,

Le fragile tramage… au cantre d’autres chues,

Se délassent l’ambition, le fallacieux avoir ;

Leur semble _ pensent-ils _ que prévoir,

Quand l’ivresse coagule l’idoine, affecte

De l’envie, les pulsions soudaines ; l’affect,

Mis à mal, dénature du style, la propension ;

Comme eux _ c’est vrai ! _ jadis, le pensions.

 

Les amoureux présentent, aux primes marées,

Au ressac d’ires injustifiables, l’orée

D’autres matins ramenant d’outre-lieu,

Les merveilles d’Alice… bercés du courlieu

Dont le fredon s’égaie ; patinent au saut du lit,

Ecrasés sous le poids de trompeurs parhélies,

Broyés sous fardeau d’immondes simulacres

Inquisitives quêtes aux portes du vrai sacre.

 *

Quand je suis amoureux, défait de têtière,

Desserti de frontail, au nord des pentières,

Je regarde le monde s’agiter en la nasse

De prévarications, de pétun de canasse…

Heureux, je mords au fruit de la vraie liberté…

L’amour est un appui pour le déconcerté.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

lundi 18 septembre 2023

SOMBRES INFLUENCES

SOMBRES INFLUENCES


Avant les nuits d'orage, s’éveille l’astre,

S’ébrouent les baleines, en l’abysse bleuté

Déliant sous les algues, la faune agitée,

Entre les orbes de la voie périastre.

 

Dans l’humifère vidée de substrat,

S’abreuve la flore, au ru serpentant

De steppes ignorées de l’autan,

Envahissant, peu à peu, le claustra.

 

Perdus, naufragés volontaires,

Engloutis du sable chaud de Qom,

Les vents ont balayé, des hommes,

L’agonie coagulant la terre.

 

N’est ici, entre l’ouest et l’est,

Nulle frontière… le sort en est jeté ;

Au pied du quai, où se perd la jetée,

La mer écume des vagues, l’asbeste :

 

Spumescentes giclées sur la rade ;

S’en éloignent, les mouettes grisées

D’iode, d’embruns : volatiles prisés

Du chasseur, sur la berge maussade

 

Où l'ombre du cosmos vieillit

Sous la gaine ridée de planètes folles,

Étiolées dans l’opprobre, l’alcool

De noceurs abjects, en quête de saillie.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

dimanche 17 septembre 2023

ARRIERE-SAISON… ENTRAVES

ARRIERE-SAISON… ENTRAVES

 

La plage s’était vidée ; les bruines délavaient

La sablonneuse rive… assombrie, la falaise

Dressée entre les noirs rochers, du malaise

Accroissait l’étrange mutation… cendrées,

 

Quelques broutilles, au vent, s’éparpillaient,

Avant de se glisser sous la vague de mer ;

L’été en sa disloque, son éclat éphémère,

S’en venaient trépasser, seul… désenquillé.

 

L’automne, tel la dame à la faux, ajustait

Sa mornifle à la joue de cette décadence…

Les frimes de septembre en condensent,

L’inexacte portée, la dérive butée.

 

Le gris emmitouflait de l’aurore transie,

L’humide fulgurance ; la mousse au pied de l’arbre,

Laissait s’évaporer, du mausolée de marbre,

Les fluettes veinules infestées de moisi.

 

A l’orée des grands bois, la gerbille épiait

Les armillaires baguant les conifères…

Le preste souriceau, lui, s’y semblait défaire,

Pour de la bryophyte, et sans s’en méfier,

 

Tapisser son long breuil… la faune hibernée,

Du méritoire repos, salivait l’agrément…

La flore rabougrie, piégée des éléments,

Amortissait sa chute, déviée… consternée.

 

De l’improbable deuil des saisons affectées,

Le biotope, de l’homogénéité, rassurait

L’ovivore voulant faire ripaille ; emmurée

Sous la vasque, la véreuse granule infectait

 

Le verdoyant tapis de la plaine meurtrie,

Le fleurissant parterre des mas provençaux ;

Les orbes observaient du pâle jouvenceau,

Les primes cabrioles, quand le péon contrit,

 

Pleurait à pierre fendre sur sa terre ridée ;

Le gel en piégeait des jachères, les stries ;

Au printemps dernier, les rais avaient flétri

Sa tellurique nappe, et, jusqu’à l'en brider.

 

Des plis du lore de son bec, le verdier,

Faisait fi… emplissant de brindilles,

Son majestueux nid : couvoir de grenadilles

Aux frugifères sucs, au faîte d’anacardier.

 

Complainte du Horsain, souffle du Vouêtier,

Attouchaient du silence, le cylindre cuivré…

Hier, feuillus, l’aulne, l’insolente ivraie,

Le Liquidambar… même la Vinette (héritiers)

 

Des jardins de bohème _ se voyaient peu à peu,

Dessertis de leur belle parure : tiare nervurée

Qui, de l’arboricole, adorne le structuré,

Rehausse du crépi, le tronc sec et râpeux.

 

Automne, toi qui en l’anonyme, bouscules encor,

Et la faune, et la flore : _ éloigne de la sente,

Le cruel chardon, le nuisible sylibe ; des pentes,

Où s’éclatent les fruits... adoucis le décor !


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023