LAISSEZ PASSER L’OUBLI
Des souvenirs
éteints, enfouis sous la cendre ;
Des songes
compulsés d’inconfortables nuits,
N'est plus que
cendres entassées au réduit
D'un vieil
habitacle d’où j’aimerais descendre :
Pompeux cauchemar
jouxté de la narcolepsie ;
Bien étrange
voyage d’un errant sans monture :
Pauvre itinérant,
égaré, sans solde, ni toiture…
L’amour lui
a confié les clés de l’antisepsie,
Pour le mieux
protéger des fléaux à venir,
Pour le
mieux prévenir de l’empreinte rougie
D’anonymes dérives…
quand la mort les régit,
Que s’amplifient
les râles de notre devenir.
Aux
nocturnes voilées, la sépia jaunie pince
De l’inconfort
des rides, la défectuosité ;
L’ivresse,
en ce flou graduel, sans ingéniosité,
Décille de
l’oubli l’étançon bien trop mince.
Nous voilà aux
portes d’un passé décati !
Nos quinze
ans font la nique au temps…
N’est_ et c’est
peu de le dire_ en ce distant,
Nulle offre
mutagène, en gavée d’abattis !
Notre enfance
surnage en la cuvette pleine
Où les
rires se cognent aux colères fardées,
Les grimaces
d’adultes nous venant harder,
En troupeau
assoiffé, altéré, hors des plaines.
Anamorphes poussées
dilatées en l’aurore
De jours
sans harmonie, quand l’efficace
Adorne le
spleen de promesses loquaces,
Et que
taisent encor, les larmes indolores ;
Vous engrossez
de fièvres constantes, l’âme
Du racheté :
ce nouvel apôtre de la foi ;
Vous ensemencez,
aux germes de grands froids,
Nos plaintives
jachères, tous nos guérets agames.
Les clichés
d’autrefois, les portraits de jadis,
Aux troubles
de l’espoir, souvent, s’accumulent,
S’amoncellent,
à l’aube, en précieux abacules
Posés là,
au vitrail d’inaccessibles indices.
Empaumé de
disgrâces, le cœur, lui, écale
Des aveux,
la retorse confesse… désengagé
De stupides
rituels, il semble engranger
De nos
besoins, chaque visée focale.
Lors, tel derviche
en pirouette, ce nervi
Désarmé du
reître qui l’asservit, notre profil,
Cette ombre
dilatée, dénerve du faufil
La friable
fronce du vulgum en survie…
La solitude
entrône de la peur, en sa lie,
De profondes
blessures, de béantes crevasses ;
Il suffirait
d’un mot_ un seul_ pour que passe
Jeunesse…
peu s’en faut, qu’au matin, je l’oublie !
Armand
Mando ESPARTERO© copyright 2023