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mercredi 28 juin 2023

AUX CROQUES DE L’ESQUISSE

AUX CROQUES DE L’ESQUISSE

 

Tu es, aux formes qui lévitent, un autre continent,

Oasis aux escales tranquilles : agréable relais

Pour pèlerins dociles, en quête d’un palais

Dont les fières sultanes, en s’y abandonnant,

 

Enfièvrent l’amant animé de désirs, l’amoureux

Pris au rets de compulsives soifs… à la proue du prao,

Sur des fleuves trop sages… évincés du chaos

De sélectives brises en dévoilent le galbe généreux.

 

Tu es, en l’écho des nuits d’encre, la périastre voie

Dont les globes étoilent la rebelle cambrure ;

Tes sens inassouvis, aux mille déchirures,

Ensanglantent mes rêves, aux pauses en louvoie.

 

Ecartelée, brisée, ta fatale détresse réajuste,

Aux distantes dérives, les taquines blandices

De ces douces étrennes subtilement complices,

Égrenées de l’ivresse de mimiques injustes.

 

Tu portes, tel un diadème, la prestance des louves

A l’orée de fantasmes en pleine discordance…

De ta bouche, à ma peau allégée de mordance,

Les frissons décélèrent les souhaits que je couve.

 

En ce déséquilibre, ma raison admoneste parfois,

Du malheur en approche, l’illusoire tramage ;

Elle épointe, aux tensions fautives, l’image

D’âmes désunies… à l’approche du froid.

 

Tu es, ô fragile naïade, la première rincée

De diaphanes bruines ! de tes humides clisses,

Suintent des léthargies… de tes crayeuses cuisses,

S’évaporent des perles halitueuses, pincées

 

De nuisibles entractes… ta moue en édulcore,

En ce satisfécit, l’impénétrable estuaire…

Dussé-je, malgré moi, et pour m’en satisfaire,

Accoster au havre de tes reins, en l’anse de ton corps !

 

Tu es, impavide druidesse, l’exacte crayonnage

De mes croquis d’artiste… en l’étoupe volage,

L’aquarelle alimente l’ensellure peu sage

D’une eau forte dont Bosch redresse l’empennage.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

mardi 27 juin 2023

IMPALPABLE MASSE (Confiscatoires atteintes)

IMPALPABLE  MASSE

(Confiscatoires atteintes)

 

Nuit de souffre, de sel : tropicales sorgues

Brisées comme la vague au pied du rocher ;

O nuit pâle, oscillant en souple trébuchet

Sur l’éphémère rade devenue triste morgue.

 

Les hommes ont pollué tes frêles interstices,

Accroché à ton voile de nocives buées :

Pétun de tavernes, résidus émottés, écobués,

En l’espace noueux ; les vents les investissent.

 

Nuit astrale déviée des boréales, nuit poncée

Du silex d’astéries vagabondes, aux doux flots

De salines transmues, aspirées du soufflot

D’Eole, ce nomade au litham défroncé.

 

Je vois du pont d’Arcole, lorsque Paris s’éveille,

Quand montent les vapeurs de ses estaminets,

De brèves étincelles : brandons acuminés

Déposés sur la Seine sclérosée de sommeil.

 

Aux artères bondées de la capitale, s’attardent

Des noceurs dont tu te fais conjointe ; ils longent

De la rive gauche, emmitouflés de songes,

Saint-Germain, Cluny : ces impudiques bardes.

 

Nuit aux cuprifères flammes, toi qui traînes parfois,

Aux ventées incertaines, entre les lourds cirrus,

Et les orbes exsangues, dénerve du chorus,

Les augurales notes dépréciées du froid !

 

De téméraire plume, aux farouches lueurs,

Je me fais herméneute, pour te mieux prévenir

Des complots ourdis, quant à cet avenir

Qu’effilochent les ruses de fantasques pollueurs.

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

RESCAPE EN SURVOL

RESCAPE EN SURVOL

 

Animal blessé, nu sous les barbelés, tu pries

En un patois superbe ton Créateur béni…

Tes yeux inondés acceptent, sans déni,

La Merveilleuse Grâce, sans montre de mépris.

 

Essoufflé, pantelant, tu trébuches, tel Gavroche

Au pied des barricades… la guerre vient ensiler,

En tes songes meurtris, ses riches mausolées ;

Te voilà ! démuni, besogneux, en l’approche

 

D’une impossible trêve… l’hiver te vient ruiner ;

Floconnent, en tes plaintes, d’imperceptibles râles ;

Messagère d’insultes, de pensées amorales,

La mort, ce pétrichor, empuantie, pour bruiner

 

Au seuil de ton agonie, décélère l’espoir

Dont tu fais quémande, au deuil de ces matins

Enfouis sous la brèche de jours diamantins

Torsadés de lézardes affinées d’un guipoir.

 

Tes pas flottent en l’aurore vaincue… ondulent

Sur la masse liquide… de guingois, la nuit,

Tu arpentes les serres ; puis, quand l’aube fuit,

En captes moiteur et miasmes de barbules.

 

Qui verra _ comme toi _ naître des lendemains

Attifés de breloques, d’horribles affiquets ?

Sont-ce ces fanatiques au baume boriqué ;

Tous ces encellulés, ces profils inhumains ?

 

Au renouveau de vaillantes conquêtes, l’asservi

Deviendra, serti d’un baccalaureus, monarque

Dun royaume où la paix fait école… sans la Parque

Où bouillonnent succubes, apsaras, grisés d’akvavit.  

 

Bercée de nonchaloir, adoucie, ta chair,

En l’appréciative, modulera de ce permanent,

L’agréable rythmique: tempo ramenant

Du repli de l’outrance, tout ce qui t’était cher…

 

Tes soleils perceront d’autres nues, éveilleront

Des fadasses brumailles, l’ouateux embonpoint ;

Lors, aux ides amoindries, en l’espace qui point,

S’ouvriront arpèges, et synapses, augerons.


 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

lundi 26 juin 2023

J’AI ABOLI LE TEMPS

J’AI ABOLI LE TEMPS

 

J’ai froid, dans ces matins étroits, où l’automne

Epulpe la raison… ma peau fait caprices

De ces étés devenus : baume pour cicatrices

Posées au cœur d’une mémoire gloutonne.

 

Je fuis l'allée pentue de sciences frelatées ;

Ces lieux où la morale dégrade le scélérat,

Quand l’hiver dénature l’indigent… il fera,

Aux sombres lunes, le tour de nos cités,

 

En quête de litière, en quête de pitance ;

Son sourire chéloïde, ses larmes-cataractes,

Affadissent ses mots, thésaurisent ses actes

Pour lier du futur l'appréciable constance.

 

J’exècre des moites caves, l’aparté donnant ton

Aux vains conciliabules : synodes ecclésiaux ;

N’est de la probité, en ces flous abbatiaux,

Que trappe du réel emmurant l’avorton.

 

Loin de harangues moussues de cessionnaires,

Je navigue par vent debout ; bravant tempêtes

Et maelströms ; les soufflées s’y répètent ;

S’enflent encor les tornades binaires.

 

J’efface des jours gris, la froide nébuleuse ;

Je diligente seul mes rus accusateurs

Au-delà du repos : ce violent abducteur,

Dont l’esprit tacle la rythmique éveilleuse.

 

Sanglée de part, en part, mon enfance a su

Sans mal, émietter des jours sans, l’algarade ;

Je fais de mes chagrins : précieux alcade

Auquel l’espoir, en ses donnes cossues,

 

Ne peut insuffler d’insipides axiomes… sereine,

Se fait ma rémanence… j’ai trop longtemps, tu,

Aux immuables grimaces, ces désordres obtus :

Roides torsions d’images souveraines

 

Du poète aguerri ; elles dupliquent son art,

Hier, infécond, céans prolifique ô combien !

Que ne puis-je user de modestie ! grand bien

M’y fasse ! j’ai, du verbe loquace, en bavard,

 

Assermenté le rêve de mon intime mue…

Pour confondre, aux possibles chues,

Et la mort, et la rage de son ange déchu ;

Je confesse ces ires, en logographe ému…

 

Démuni de confesses aux heures ajustables,

Ai rompu le silence des réminiscences…

Je me dois d’exister ; les souvenirs me tancent,

M’enclouent au palimpseste de rappels acceptables.

 

Je suis vide de tout… et empli à ras-bord ;

Je suis_ sans le prouver _ aux tenailles moqueuses :

Dilution consommée… aux pochades croqueuses, 

S’écaille au fusain mon instable vibord ;

 

De l’accoudoir où s’effeuillent mes stances,

Je prends, des dérives, la traverse lointaine,

L'oubli me couvre d’attaquables fredaines,

Le passé, lui, de chimériques songes… d’absences.


 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

FADE ANTERIORITE (Au temps consomptible… cet ennemi)

FADE ANTERIORITE

(Au temps consomptible… cet ennemi)

 

Le temps passé achève de nos souvenirs,

D’opportunes liesses, aux béants chagrins,

Tout le substantifique de l’esprit pérégrin,

Le mirifique alliage de ce retenir.

 

Le temps présent dilue de nos veines figées,

Le vaporeux savoir, l’illusoire acquis ;

Il confère au vouloir de nos actes conquis,

Malléables désirs, aux regrets infligés.

 

Bercés de traditions, de coutumes barbares,

Nous fîmes_ instables forcenés _ montre,

De rétention, le soir où, à nos montres,

Les pesantes minutes se muaient en bayart.

 

Prisonniers des heures de notre devenir,

Nos pâles silhouettes floutaient le paysage,

Embrumaient le tableau, d’un opaque nuage ;

Redevenions poussière de l’abscons obvenir.

 

Le temps nous en dévoile, aux primes angelus,

Malgré les digressions du double mutagène,

De l’offre, à la demande_ l’aspect hétérogène,

Sans pour autant baguer le tore de nos us.

 

Pour s’en mieux convaincre, l’homme pose,

En périmétrie de l’orgueil, nouvel acronyme

En livrée… altier, en ce paraître, anime

Du regard, des flammèches qui s’imposent.

 

L’histoire aurait voulu accéder aux degrés

De l’enfance bafouée, l’adolescence folle ;

Bien sûr ! elle aimerait accéder à la fiole

Où fermentent tous nos vices migrés,

 

Cependant que l’espèce crispe l’évolutif, irrite

L’adaptable en cette endogamie, cet agnat

Insufflé en l’âme du croyant, et qu’assigna

Le Dieu Tout-Puissant annihilant les rites.

 

Si le temps a œuvré, sans se laisser contraindre

Aux formules sucrées de diocésaines clauses ;

Ne se peut, en l’état, aux actes qui l’enclosent,

Affirmer, tel souverain trôné, et sans geindre !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

dimanche 25 juin 2023

LA PARESSE DU MÂLE



LA PARESSE DU MÂLE

 

J’avais, de mémoire, remisé mon enfance :

Douloureuses années sans espoir de survie ;

Jamais _ hélas ! _ n'en parlent en l’absence,

Les adultes replets, et qui vous l’ont ravie.

 

Je me voyais longer le caniveau du temps ;

S'en émiettaient les rires, l’innocence ;

Je suivais, aux jours sombres, l’étang

De mes nuits blanches ; la souffrance

 

Donnait à ma faconde de fragiles besoins

Au soir où la soif agresse du plaisir,

Chaque souhait enfermé dans les poings,

Laissant l'homme déçu, altéré de désirs.

 

L'errance mienne dupait du vrai confort

Tenaillé de gênes, d’altérables vacances ;

Chahutaient en mes gènes, puis, en mon for,

D'ancestrales défaites, de nuisibles carences ;

 

Ma peau décolorée, ce subéreux chiffon,

En faisait quémande, niant de l’angoisse

Forcie de l’incivil, l’entrave ; s’y défont _

Dit-on, les sages… la souffrance les poisse.

 

Mes yeux flous sublimaient sous la sève,

Les précognitions: cette prescience

Bradée sans mal, voire, sans trêve,

Souvent huée d'experte sapience.

 

Le spleen traîne en mes tares butées,

S’apitoie du deuil de mon double laptot,

Navigue sur le flanc d’une mer voûtée

D’autres vagues trochées de vibratos.  

 

Je grandirai, sevré de mésaventures,

Peut-être, _ qui sait ! _ cosmétiqué d’aveux

Vidés de quintessence… en ma villégiature,

Tous les rêves seront insufflés du verveux

 

D’un fugitif brisé de plates plaintes ;

Tailladé de l’alfange d'un reître :

Aliéné, inféodé, à la soluble empreinte

Peu à peu, déliée du sang l'ayant vu naître.


 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

PREAMBULATION

PREAMBULATION

 (Noblesse d'âme)


Comme diffuses plaintes de l’âme émulsionnée

De doutes parachevés d’ignobles repentirs :

Ces mutantes grimaces, dont veut s’assujettir

Le zélateur enflé de compulsionnelles ires

De bedonnants prélats au col amidonné.

 

Pompeuses invites de sages illusionnés,

Sans doute, au for de jésuitiques thrènes ;

Intonations de sbires, d’affidés, qu’assènent

De grandiloquentes mises passionnées,

 

Empuantissent l’esprit du disciple borné : émule

De l’auto séduction… au tramage des prévariqués,

Se laisse modeler ; n’est rien de louable, au flanqué  

Serti d’injustes donnes ! aux affres du cumule,

 

S’insèrent des frayeurs, de nuisibles hantises ;

Se peut-il qu’elles en viennent à translater l’ego ?

La mort en ses apprêts, voile d’un albugo,

D’un moite néphélion, le péché qu’il attise…

 

*

Comme attentes déchues, obtuses appétences

D’un cœur pris en l’entrisme de groupales idées,

L’émotion imbibe du cerveau malade, trop ridé

De cognitifs flux : jusants investis d’expectance.

 

L’homme, ce prédateur : incivil pecus, ce loup_

Engrosse de poncifs le votant d'une plèbe muchée,

Pour en faire impétrant… se laisse trébucher,

Pour se mieux retenir, en brave gabelou,

 

Aux rampes de la servitude décriée du serf…

Le temps-amortisseur fait la nique, parfois,

Aux récipiendaires dont le manque de foi

Trouble le béotien que l’idéal enserre.

 

Aux pochades conquises d’amateurs alunés,

S’écaille la peinture d’adeptes du fauvisme :

Ces expressionnistes enclins au cubisme,

Sans se jamais l’avouer : pauvres infortunés !

 

N’est_ du translatoire, à l’apathique_ variantes

Aucunes… en l’aporie de fiévreuses objections,

Se décline souvent, l'offre de dénégation :

Palpable rouerie de l’habile tangente…

 

Comme avortés aux vespérales complies,

S’évaporent les rites de catéchuménat…

Il pleut des tragédies, quand l’offre du mécénat

Se refuse au triste sermonneur : lui qui supplie

 

La généreuse main : prébendière donatrice,

Compassionnelle, magnanime ô combien !

Rien qui ne se puisse, aux largesses… c’est bien !

Accorder au lazzarone pincé de cicatrices.

 

De nuits blanches, aux matins écurés, n’ai fait

Réserves du moindre denier… offrir sans retenue,

Donner, par passion… sans mal, vêtir le plus nu,

Est pour moi_ princière entreprise… défait

 

D’exclusivisme, je me targue, en ces jours

Où l’amour barricade_ aux propices portées,

En la reviviscence, aux appels déportés,

De donner à ma vie le faste d’un ajour.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023