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samedi 24 juin 2023

DE L’AUTRE CÔTE D’HIER

DE L’AUTRE CÔTE D’HIER

 

Était-ce en des nuits d’encre, sans lunes,

Que, peu à peu, les reîtres de naguère,

Lestés d'un barda, partaient en guerre,

Traversaient les ronces de l’infortune ?

 

Avaient-ils, des matins sans fleurs,

Suffoqué le nard, pour au soir, s’enivrer

De subtiles fragrances, peu à peu, délivré

Des mensonges intrônant la peur ?

 

Les filles de musarde, avaient-elles pris

Des sombres raccourcis, la traverse ?

Aurions-nous, affolés, sous l’averse,

Bravé les interdits, contourné le mépris ?

 

M’imagine serein, en un enclos lointain,

Sur un banc moussu, craquelé, écaillé ;

En l’aurore, poserais livres et cahiers,

Pour de la buissonnière, accéder, en mutin.

 

Quand le soleil éveille la nature, l’espèce

Qui de nos vies, égrène passions, effile

Ma doublure, qui de la mue fébrile,

Enclenche du rivet les fatales détresses.

 

L’homme d’hier, aux cycles intactiles,

Rêvait-il d’un monde sans scissions,

D’un cosmos desserti de prédations

Dont le frêle béjaune aux besoins futiles,

 

Décélère rythmique… comme appointé

De tares, de viatique : piètres émoluments

Au tain de mire trompeur ? … mollement,

S’accotaient les gerçures, se fanait la beauté ;

 

La joie cosmétiquait de chaque déshérence,

Le support intestat… si nous étions, en fait,

Métempsychose d’un esprit défait

De sa superbe, errant de l'existence :

 

Fantôme, ectoplasme, ersatz, palliatif,

Répliquant d’un espace en folie ?

Là, de mémoire butée, sous hallali,

En sèvrerais les geignements plaintifs ;

 

En la soif du connaître, l’intenable pépie

Qui nous tance, souvent, nous admoneste,

Acquiesçant du savoir, avant de la tester,

La fonctionnalité, sans montre de dépit.

 

Du généreux babil, aux sanglots du poète,

Ai, avec indulgence, insufflé à la rime,

L’inconfort du rhapsode, ce félibre sublime

Dont l’iambe goulue chagrine l’épithète.

 

Si j’avais pu restreindre permanence,

Aurais sans doute, brisé des protocoles,

Dispendieux, cérémonial ; rompu du col,

Les tatillonnes règles de prédominance ;

 

Hélas ! Mes songes font ripaille ailleurs ;

Suis de ces solistes dénervés de pouvoir :

Celui que s’octroie le silène bavard

Dont la béatitude déprécie le meilleur ? …  


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

ENFANT D’UNE SEULE MER

ENFANT D’UNE SEULE MER

 

O vaillantes écumes de l’onde majestueuse ;

Fougueuse mousse de la baille d’azur !

De la jale salée, montent quelques brisures,

Au faîte de sapines souvent tumultueuses.

 

La mer a fait son lit entre les blonds ajoncs,

Le landier ambré où se perdent les flots ;

Naissent de ces guiches, au roulis de l’eau,

Fretin, et menuaille… désoclés du donjon.

 

Aux lointaines verses du profond Miquelon,

S’étirent en arabesques, les compressibles vagues,

La lame soutenue de la vasque saline, et qu’élague

La brise, en d’infimes frissons ignorés du belon.

 

D’aquatiques remous gondolent la marbrure

D’insolents reflets, dont les éclats perforent,

Puis, talonnent l’irisation… le soleil, en renfort,

En taquine la houle, modulant sa cambrure.

 

Il fait bon vivre en ces métamorphoses, au seuil

De ce bassin noyé sous les crachins, en plongée,

Au cœur de la cuvette, la faune en vient ronger

Le friable corail, émue, quand il s’effeuille,

 

D’écouter le long râle de riches madrépores,

De se laisser bercer de fascinants cnidaires ;

La flore en agrémente, aux ides calendaires,

L’aquicole vision… comme éloignée du port.

 

La mer m’a fait complice, aux îles Mascareignes,

Aux tropicales rives, aux atolls des tikis,

De ces froides colères, me grisant du raki

Enivrant le marin que les cyclones ceignent

 

D’un rustre baudrier… égaré, aux cyclones

De lointaines Antilles, me suis laissé charmer ;

L’enfance qu’il m’en souvienne, a su armer

Mon deuil, de possibles victoires, au pylône

 

De rêves trop tôt écartelés ; de songes mutilés,

Et qu’absolvent les nuits de la désespérance ;

Mais l’océan est là : altier, souverain… en transe

Sur l’horizon : sublime quiétude de perles rutilées.

 

Loin des mesquines nasses de vaques banales,

Me suis, seul, retrouvé outre-lieu… mes rires

Jaunissaient, ridés aux rades longitudinales

Enclouées malgré elles, au tertre d’autres vires.

 

Alors

J’ai, du bâbord, chaviré, et sans peine… pour, céans,

Apprivoiser du grondement des eaux, au soir blême,

L’étrange doublier : peau, dont l’antique birème

Ourle bâti, sans poser bornes au cœur de l’océan.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

jeudi 22 juin 2023

INTERVALLE (Le silence est un cri)

INTERVALLE

(Le silence est un cri)

 

Le silence est un rêve aux portes de l’oubli ;

Une absence qu’enrouent les vents de la mémoire ;

Il drape la conscience d’un chatoyant moire,

Enguenille l’orgueil que l’ivresse ennoblit.

 

Le silence fascine, aux moindres aléas, le sage

Dont l’hermétisme façonne l’intellect,

L’opacité du verbe mis à mal de l’affect ;

Il conspue le crédule poncé d’équarrissage.

 

Le silence manœuvre en l’étrange coulisse

Où permutent encor de vaines assertions ;

Quand l’argutie pénètre la noble confession,

Donne aux railleries l’ardeur de la Palice.

 

Le silence découpe l’inutile bréchet : carène

Insupportée de l’aigle en son survol… aiguise

Des volées, quand, au ciel, s’harmonisent

Les bondrées apivores épiées de sphyrènes.

 

J’ai vu poindre silence, aux vents chauds de marées,

L’ai entendu pleurer au ressac de longs flots,

Aux ires indomptées aspirés d’un soufflot ;

L’hiver aurait voulu, au soir, s’en emparer…

 

Le silence a bercé de mes stances lyriques,

L’immuable constance ; il a fait s’accorder

Aux iambiques moulures, au listel débordé,

D’élégiaques épreuves ointes de poétique.

 

Quand, l’âme morcelée d’attentes, j’avivais

De désirs mes nuisibles pensées, le temps

Encageait du silence mien le précaire battant…

J’avais pour rémission, quand d’autres en rêvaient,

 

L’étrange liberté ignorée de l’ilote, l’aisance

Du gerfaut aux navigues célestes… l’espace

Ajustait aux palmes des fugaces traces,

De riches estampilles ceintes de luxuriance.

 

O silence, mon exquise lie : captivant élixir

Au fantasme de nard subtilement dosé !

Silence : parfum des îles où se viennent poser

Les cœurs démarouflés de captieux messires ;

 

Je te fais confidences de mes solubles peines…

Jadis, aux aubes claires, je parcourais la lande,

Piétinant sans mal, sa belle houppelande,

Noyé sous les grimaces de flux lacrymaux…

 

Ne point savais en la douceur de mai, l’exacte

Calandrage de ma peau métissée : ce tissu effilé

Dont les filles, en l’appréciative, voulaient exfolier

Les bribes de ramure, les miasmes compacts.

 

Silence, mon eau claire : _ laisse-moi m’abreuver

A ta source butée ! j’ai soif d’être moi-même ; seul,

En cet apesanteur, ma chair fuit du linceul,

Les subéreux plis… pourrai-je, en toi, me retrouver ?


 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

dimanche 18 juin 2023

SOMBRE ANTAGONISME

SOMBRE ANTAGONISME

 

A vos jeux interdits, me suis laissé griser,

Ignorant du supplice de soumission,

L’intenable tumulte ; là, et sans rétention,

Perciez de ma chair les cerces irisées.

 

A vos lèvres moqueuses, se fanaient des baisers,

Et que je voulais nôtres… équarris, vos silences

Liaient de mes doutes palpables, en l’offense,

Le circonstancié… jusqu’à m’en épuiser.

 

Femme, en cette impédance où l’audace chavire ;

Femme blessée au plus fort de l’ondule ;

Femme asservie aux rites que la honte module ;

Femme lassée, démunie de déclives vires,

 

Voyez de l'apparoir, aux brumes dissolues,

En l’asservissement, la noblesse du geste !

J’enfante, aux crédibles souhaits, l’almageste

Qu’étoile Ptolémée, l’astrale voie… tel un goglu

 

Aux miroitantes ailes, ce malicieux chantre

Dont l’aria pénètre au-delà de la nue, les vents

Désamorcés de lointaines contrées… survivant

De ces râles détramés de vos cantres.

 

Vous dépotez des telluriennes mises,

Le noduleux concept : cet estoc enfoncé

Au ventre de l’intime… la peur vient en poncer

L’admirable équilibre, et par cette entremise,

 

Concilier, vices et probité… n’est à ces bigarrures :

Insolvables prisées_ attenance aucune ; je fuis

De l’amalgame, prudent, le trompeur enduit ;

J’accuse performance, quand l’épaisse fourrure

 

De l’odalisque, adoucit de mon nerf affolé,

L’érectile tubée… au clair de ce chambranle ;

J’en fore la trémie, épuisé de l’écho du branle

Percé de la manœuvre le voulant assoler.

 

Vaincu de cabrioles, de tendres chatteries,

Mon double à vau-l’eau s’en vient honnir

Hors des flux éthérés, comme pour s’en bannir,

Sa glaireuse mixture… aux pauses amerries.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

samedi 17 juin 2023

PUSILLANIMES SERFS

PUSILLANIMES SERFS

 

Enfiévrés d’insolences, d’iniques remontrances,

Longent seuls, la coursive des sectaires dupés

De l’ingérence de manipulateurs drapés

De lourds raglans, lainer, en l’autosuffisance

 

Dont s’arment les kaisers en perte de vitesse,

Ces tristes suzerains formolés de préceptes :

Indignes, voire, ignobles clercs de concepts

Aux abstraites litotes échues d’impolitesses.

 

Aux pas désenchantés de suivistes séduits,

D’adulateurs bornés, de tifosis claniques,

S’entremêlent souvent, les trottes mécaniques

De cacochymes nonces ; de kyrielles… induits.

 

Je me gausse, au soir où perdent pied, frustrés,

Les clownesques profils d’étatiques promesses ;

Je salive, à l’idée, qu’au sortir de messes,

Deviendront ‘’ pauvres choses’’, nuisibles fortraits

 

Dont le mors égratigne la carne sans litière…

Heureux de voir s’essouffler le mol assujetti

Pris au rets de la chasse à courre : abruti,

Quand grogne la curée de noblesse altière.

 

Aux primes clartés, s’amoitiront, dès l’aube,

Diaphane rosée, vagues pointes défigées

D’un espace sevré de ventées… les voilà, érigées

Au faîte du renouveau, ce bel arc : riche quadrilobe

 

Dressé sur terre meuble… ici, point d’insoumis,

De bouvier hésitant, de triste manadier apeuré ;

Point de gardian aluné, qui, sous l’astre égaré

Psalmodie, afin de se griser de vains compromis.

 

Parfois, au jour s’en venant poindre, heureux,

J’enquille de mes rêves, aux propices transmues,

La chimérique sève… aimerais confesser, ému,

Mes nocives colères, oublier le garnement peureux

 

En l’hiberne probable de l’enfance mienne…

Satisfait, lors que le temps m’encloue au possible,

De n’avoir_ tel le lâche, en l’humeur cessible,

Parafer l’édit de récipiendaires d’ides permiennes :

 

Ces parchemins moussus, oints d’intolérance…

Les ai su éborgner, et sans mal ; mon verbe,

Loin s’en faut_ n’accorde aux brettes acerbes,

Vaseuse cuvée, ou cédules ivres d’obsolescence…

 

Il clarifie ma prose encline au subjectif…

Elle est encor fragile… l’inspiration la bonifiera,

Me laissera peut-être, quand la crainte me défiera

Aux diamantines heures, l’us de ce présomptif.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

lundi 12 juin 2023

IMPERTITENCES D’AEDE

IMPERTITENCES D’AEDE

 

Et si je veux, du monde, défiger les entrailles,

Abolir du plaisir, les fantasques manœuvres ;

Si je veux, pour muer, quand siffle la couleuvre,

Ecarteler du vice, aux salves de mitraille,

 

L’aliénation, l’inféodation… qui m’en peut empêcher,

Moi, qui, du libre arbitre, ambitionne, confiant,

En ce déterminisme, aux râles du méfiant,

Salutaire portée, sans craindre l’emperchée ?...

 

Pouvez-vous me contraindre à saluer, dès l’aube,

Le drapeau d’allégeance, l’étendard du reître ?

Suis-je aux profanes actes, affublé du paraître,

Ce masque... si du compendieux, l’âme probe

 

S’attèle à la miséricorde, déliée d’agrégats :

Branlantes concrétions d’ascètes essoufflés ?

Ne me peut retenir ce dogme boursoufflé,

Alimenté de prêches chus de prévariquât.

 

Êtes-vous de taille à m’astreindre aux admonitions ?

De vos tristes palabres, vos ennuyeux débats,

Me saurai, seul, défaire… usés de vains combats,

Vous cheminez, vaincus de l’appréhension…

 

Si je veux _ ne vous en déplaise ! faire la nique

Aux conseils des sages, déjuger l’érudit,

Pour confondre le docte, autant que l’étourdi,

Qui a le droit_ aux plus nobles paniques _

 

De m’enjuguer de tatillonnes règles ? s’il faut,

Aux cireuses aurores, donner corps aux esprits,

Railler, de l’ectoplasme, en verse de mépris,

La glaireuse coulée, les multiples défauts,

 

Tallerai serein, quant aux attentes miennes ;

Riche d’amativité, les passages zygotes,

Pour retoucher, en brandissant la sciotte,

La callipyge croupe d’amantes permiennes.

 

Au deuil des chattes poudrées : fières gourgandines ;

À leurs larmes truquées, leur altérable geindre,

Je dédie_ sans retenue aucune _ sans me plaindre,

Avant que de vaquer du boudoir de l’ondine,

 

Mon mécompte… j’ignorais de l’impétuosité,

Subtiles échappatoires… d’autres avant moi,

Eurent_ sans doute, des serves qui larmoient,

Et de l’absolution, ceints de somptuosité,

 

Le princier langage des tartuffes pansus…

Mais, l’histoire se rétorque, avant de dévoiler

De l’immuable constance, au ciel étoilé,

L’itérative allégorie… que ne l'aurais-je su !


 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023