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lundi 13 février 2023

PULSATILE ANAMORPHOSE

PULSATILE ANAMORPHOSE

 

Aux plaintives poussées d'abbesses, jadis

Vous sûtes délier les plus fins stratagèmes

D'amants piégés, abusés de dilemmes ;

Connurent-ils sans mal l’atroce préjudice ?

 

L’amour en éclosion dénature l’ivresse…

Le plaisir est un feu sans flammèches,

Ni escarbilles déclinées de la mèche :

Ephémères brandons écorcés de liesses.

 

S'en faut prémunir ! point en rougir,

Au soir où la dérive enquille l’ironiste,

Poussé aux lazzis dont l'antipodiste

Aux folles cabrioles, pulpe le réagir.

 

Aux mesquines confesses annihilant le vrai,

S’évaporent le rêve, la folie… sombrent

Aux froides alcôves d'aveux sans nombre;

S’en venant naître, souffle désœuvré.

 

Vous aviez hélas ! des libertines serves

Dont le talent tacle la retenue, impudence

De gaupes drapées de démesure, cadence

De chasseresses louves sans minerve.

 

Vous voilà céans, marquise à la cour

De nobles maniérés : damoiseaux poudrés,

Finaudes silhouettes de madrés

Baisant de la mitaine l’auriculaire court !


 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

jeudi 9 février 2023

IMPROBABLE MENEE

IMPROBABLE MENEE

 

Ils avaient sur le sable écartelé l’enfance,

Pour boire du désir, en de rudes lampées,

Le plaisir et l’offense dont s’aimeraient draper

Les amants agrippés au col de l’insolence.

 

Leur peau apprivoisait de la soif abonnie

La saveur et le fiel d’étreintes malhabiles,

De ces gestes confus qu’ont les âmes nubiles

Accorées aux envies dont le cœur fait déni.

 

Ils avaient sur la vague bercée de roulis,

Abandonné l’espoir d’une vie plus mâture ;

Le silence des ombres éreinte la nature

Au cri de ces humeurs que l’on dit abolies.

 

Deux corps nus en l’entrisme de l’affaitement

Aux ductiles caresses pleinement contenues

N’imposent plus hardiesse à la retenue,

Ni souffrances baguées de flous halètements.

 

L’océan regardait sous le voile de mer

Avant de chavirer de la lame défaite,

Deux enfants possédés, figés au même faîte,

Bourgeons peu à peu encordés d’éphémère…

 

Le souffle haletant de la jeune moinelle,

L’exhalaison de l’ambitieux mâle

Cosmétiquaient la chair devenue animale,

Travestissaient l’esprit d’ardeurs pulsionnelles.

 

L’écume du ressac, de la berge dissoute,

Clarifiait l'écho lesté de mille plaintes,

Pour s’en mieux délier, en l’empreinte

Tallée de fugaces crachins… sans doute.

 

Ne restait plus, aux vespérales teintes,

Que profils larvés noués à l’aussière

De la gène palpable : chétives poussières,

Mortes illusions que le remords éreinte.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

MON ÎLE EST UNE ESQUISSE

MON ÎLE EST UNE ESQUISSE

 

Mon île est un bassin où danse le fretin

Entre les algues folles, le corail nacré ;

Les bateaux, parfois, s’y viennent ancrer,

Longeant de l’estuaire l’étrange muretin.

 

Mon île est un jardin où pousse la rosée

Perlant des roses-thé au petit matin clair,

L’épineuse couronne irradiée d’éclairs,

Le soyeux sépale au foliole irisé.

 

C’est un noir volcan ajouré de lave,

Poudré de cendres, de frêle lapilli ;

L’espère conquise aux primes embellies,

La désire soumise, défaite d’enclaves.

 

C'est un palais à l’altier beffroi ;

Epiée dessous la canopée, d’oisillons

Chus de vents tropicaux, de bouvillons

Repus, méconnus des grands froids ;

 

Une oasis en un désert de souffre :

Palmeraie dressée en éventail

Sur la peau d’atoll où broute le bétail

Encoffré au bedon d'un long gouffre.

 

Rustres carcajous, gloutonnes mouettes

Aux moites rémiges balaient au soir

De l’éther azuré l'ardente aplatissoire

Percutant de ses rais les flexibles rouettes.

 

C'est un hameau aux portes d’outre-lieu :

Etrange bourgade grisée de sel marin ;

Se veut messagère au matin ivoirin,

Du zéphyr blessé, l’ouragan bilieux.

 

C'est un bateau, une riche bélandre

Chargée de victuailles, sur l’océan plombé

Caressé de la lame aux frisures bombées ;

Elle assèche mes pleurs à pierre fendre,

 

Quand s’enflent au soir sur ma couche nue,

Le spleen du pérégrin mué là, en poète,

Le chagrin du penseur, cet anachorète,

Et que raillent encor les tristes ingénues.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

mardi 7 février 2023

INDECIS EBAUCHAGE

INDECIS EBAUCHAGE

 

Cent fois perdu au sein des nuits d’orage ;

L’âme, le cœur en sang… abandonné, blessé...

Endormi quelquefois aux sépulcres d’alfange

 

Ton amour à l’orgueil fait encor barrage,

Comme le jaseran sur la peau agressée,

L'élégant haubert protégeant de la fange….

 

Tes luttes ont percé le voile des jocrisses,

L’armure des jobastres au pérore facile ;

Peut s’en fallait aux nouvelles prémices,

Que la peur vienne rompre cet abord indocile.

 

Mille fois tourmenté de violents graphèmes

Qui de la linguistique empaquète l’aura ;

Te faisant enjamber du fastueux morphème

La beauté du style que jamais tu n’auras.

 

Tes cris sont des jets d’ombre pris au rets

De mensonges d’arrogants scribes ; nage

En tes eaux moins vite qu’il n’y paraît,

L’obsédante folie de l’infatué en cage.

 

Tu voudrais t’arrêter aux portes du savoir,

Donner à ta faconde de seyantes couleurs ;

Oui !... tu essayes ; tu aimerais pouvoir

Animer de ton verbe, cet inutile leurre,

 

Les riches accointances, et sans jamais faillir ;

Hélas ! la docte sapience initie_ ou si peu,

Le censeur violenté que semblent ébahir

Les absconses formules d’organes sirupeux.

 

Mets-toi vite à l’ouvrage ; admoneste l’idoine !

N’accuse de sa fougue les multiples largesses !

Le formel que souvent ton sabir dédouane

Pose encor jalons aux ignobles bassesses…

 

Si le temps agrémente en l’absurde l’acquis,

Il te viendra couver de moult prétentions…

Tes mots enjôleront l’obséquieux conquis

De ta prolixité… fais montre de rétention !

 

Quand l’orgueil empanache l’écrivassier,

L’audace du paraître embouche l’ironiste…

Privé de son dialecte, son moral d’acier

N’est plus céans, qu’ultime tour de piste.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

EVOCATOIRES RIMES

EVOCATOIRES RIMES

 

Flottent les matins engainés de rosée,

S’humidifie la nue transpercée d’ouragans ;

La faune malmenée, au saut de l’achigan,

Scrute les fonds marins, avant de s’y poser.

 

Les terres désolées s’envasent peu à peu,

Perçant de l'aube, avant de disparaître,

D'altérables stries refoulées des reîtres

Pris au bataillon à l’axiome pompeux.

 

Quand les berges lacustres fondent au ressac,

Les insolubles rives dévient du littoral,

Pour bordurer l’espace mué en corral ;

Y paissent les chevaux abreuvés au grand lac.

 

Du courtil givré, aux vertes prairies,

Les saisons décélèrent… le froid transit

Les premiers drageons ; puis, de cette adipsie,

Emanent des spires voilant la métairie…

 

De la bise fondue, aux spumeux crachins :

Tout rappelle, en ce flux hiémal, le déclin

De dame nature encoffrée sous le clin,

Abîmée sous le bât ignoré du fraîchin.

 

Faudra du renouveau lier d’autres lunes,

Pressentir de l’éveil aux moites afflictions,

La beauté du printemps ivre d’ovations,

Riches de fragrances sous l’arche falune.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

dimanche 5 février 2023

PENETRES D’ABSOLU

PENETRES D’ABSOLU

 

Laisse-moi parfumer de ton cou abyssin

Les secrètes ridules, pénétrer sous la moire

Le soyeux chatoiement ; et garder en mémoire

Les fiévreuses poussées du regard assassin !

 

Sur ta chair blessée de tant d’émotions,

Ma lèvre vient briser, en des mots incertains,

La jouissive lie… quand le désir s’éteint,

Ne reste plus d’ivresses ; se fane la passion.

 

Laisse-moi semer en tes jachères, consteller

De tes larmes butées de généreux influx !

Plus efficaces_ peut-être_ sans miser refus,

Nos caresses cloueront, sans jamais panteler,

 

Du raisonnable l’immodeste sagesse… l’aube

S’en vient quérir aux nuances cupriques,

La beauté de l’instant pris en l’assertorique ;

Tes yeux en domestiquent le chassieux d’engobe.  

 

J’aimerais aspirer en de brèves lampées

Les diaphanes glaires de l’enfantine moue

Dont ta lèvre essaime les fascinants remous

Pour en mieux pincer la gloutonne lippée.

 

Au bord de tes nuits noires, en l’oubli taraudé

De vaines somnolences, j’avance en reptation

Jusqu’au tertre feuillu plein d’ostentation

Dénervée de plaintes aux râles érodés…

 

Tel l’épicurien barbé de confort, j’évince

La cuvée lestant du plaisir la débauche

Encor coutumière… capturant de l’ébauche

La maladresse pleine, l’amusette trop mince.

 

Défaites de sophisme, mes lutines pensées

Equarrissent du jeu les replets contours ;

Fallait-il que j’amputasse, sans détours,

Les chahuts, les geindres insensés :

 

Possibles récriminations qui du verbe,

Au mutisme, écornent du conciliabule

La secrète arcane : cette absconse fibule

Ajustant de l’envie la dialectique terbe (!?)

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

samedi 4 février 2023

POUSSENT LES JOURS

POUSSENT LES JOURS


Il pleut des coteaux de ruisselantes larmes

 

Baignant des vallons la belle houppelande

 

Ébouriffée, hirsute ; n'y jamais désarment,

 

Faune et flore de la secrète lande.

 

De doux parfums évincent la puanteur

 

Du visqueux ruclon, ce remugle mouvant ;

 

S’entrouvre la plaine épiée des hauteurs

 

Du bouquetin des degrés éprouvants.

 

Nos humeurs chagrines se dissolvent,

 

Ecimant des rancœurs la contrescarpe ;

 

Nos rires engainés d’impudeur absolvent

 

Des lourds grimauds, le tissu épicarpe.

 

 

Ô nature plaintive ! tes chutes ondoient…

 

Que n’aurais-je donné en cette circonstance 

 

Quand les froids me roidissent des doigts

 

Les cicatricules grisées de tant d'essence !

 

Bouche bée sous de froides coulées

 

Au reflux sécrétoire ; j’y calme ma pépie

 

En l’anhydre trop souvent refoulée

 

De la glotte… peut-être par dépit.

 

Les premiers pas de l’enfance bohème,

 

Aux primes incartades, tallaient ta peau

 

Sur des terres qu’excitait la birème,

 

Sans vaincre des flots, l’élégant tirant d’eau ;

 

 

Y déroutent la vague, la lame ondulée,

 

L'abysse, le corail de nos fonds marins…

 

Loin de toi, tu le sais, je me sens refoulé,

 

En gabier couché au noir du souterrain

 

Où paissent les outardes aux pas désaccordés

 

Chichement parfumées de poudrin lacustre ;

 

Ma vie fait ce qu’elle peut avant de déborder

 

De mon cœur sinistré, cet organe si rustre

 

Qu’il faille l’endiguer de digressions

 

Se voulant jouer du circonstancié

 

Défroissé du tubule, pour de l’ascension,

 

En ravir des degrés le col émacié.

 

Tombent sur mon sopor de nuageux flocons ;

 

Fardant de l'insomnie, l’errance

 

Sophistiquée de nuits au vétuste acon ;

 

Ils taclent mon double, sans autres manigances.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023