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mercredi 16 novembre 2022

J’IMAGINE UN SOLEIL

J’IMAGINE UN SOLEIL

 

J’imagine un jardin au printemps

Révolutionné de terres endormies,

De prés conquis d’ovules mutants

Dont la flore enivre les semis ;

 

Un vallon où paissent les juments,

Un espace… en attendant juillet ;

Y passerait nonchalamment,

La rosière au profil guilleret,

 

La mutine aux gestes nuancés,

Et qui fuit le lutin de la lande,

Étranglée de ronces, blessée

De fables, de baveuses légendes 

 

De nuits, quand l'étoile brillante

Affole l'irascible tonnerre...

La faune nyctalope ; elle enfante

Des songes prétendus salutaires.

 

J’espère une planète oblongue,

Sur la berge longée du littoral,

Un autre cosmos... sur barlongue

Gothique proche de cathédrales.

 

J’imagine une serre aux saisons,

Enchâssées de subtiles fragrances

Pour du seuil des maisons,

Aux frimas, voir la belle Provence.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

mardi 15 novembre 2022

AUTRE PART… L’ENVIE

AUTRE PART… L’ENVIE


Terre de mes ancêtres, tu m’as surpris ;

Éveille encor en moi les silences d’hier,

Les mots tus, ajustés au mépris,

Puis tancés sforzando, de bignoles fières !

 

Île de mon enfance, oasis de faïence,

Plonge-moi sous la crique ; s’y accouplent

Naïades et marins ; leur pulvérulence

Obère le sable aux granules souples !

 

Aimerais revenir en la belle saison,

Voir Périnelle s’enivrer du parfum,

De sa plaine, au point de l’horizon

Au radieux soleil aspiré de l’embrun.

 

En mes dix ans fragiles, Plaisance

Allumait pour moi d’espiègles brandons

Chus de l’astre moqueur, en partance ;

Sa solennité semblait m’en faire don.

 


Prosimien de lianes en lianes, balancé,

Conquérant d’ombres marottes,

Je planais au-dessus des rais nuancés

Du domaine des Marraud des Grottes.

 

Les vents chauds frôlaient de ma joue,

L’angélique mafflue… candide en l’errance,

J’ajustais aux rondes les spires acajou

Du Phébus éclaté en éclisses d’offense.

 

L’étrange fardait mes ambulations,

Ma pâle silhouette d’aventuriers ;

Assoiffé, je le fus, et sans prétentions ;

Aussi, n’ai-je offensé les turbellariés.

 

Ici-bas, se pâment mes envies

De revenir au pied du mont Pelée

Avec si peu de notes aux partitions ; je survis

Sans mal au temps voulant m’écarteler.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022 

lundi 14 novembre 2022

BON GRE MAL GRE

BON GRE MAL GRE

 

Ce n'est rien… juste un peu de soleil

Sous l’arche de mon rêve… un reflet

De tes yeux descellés du sommeil

D'où s'isolent les fous, et qu'enflaient

 

Brume et vents de l'autre dimension,

Aux mortes nuits de septembre ;

S'y prélassent les peurs, l'inhibition

Du fuyard en sa modeste chambre.

 

Un peu de démesure, d'immodération,

Pour cacher de mes cuisants échecs,

L'entropie du mal-être, l'inaction

D'impécunieux astreints à l'hypothèque.

 

L'ordre trahit des désaffections le lien

Le retenant aux justes accointances…

Il survit malgré lui en triste paulien

En quête de subside, sans ganses.

 

Ce n'est rien… l’issue est céans,

Ceinte d’espoir : ductile profil ; faut

En accuser quitus ; puis, bon an, mal an,

Avouer l'impair de nos maints défauts.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

AU RYTHME D’UNE AUTRE ESCALE

AU RYTHME D’UNE AUTRE ESCALE

 

Matutinales ivresses déflorant de l’automne

Premiers surgeons, et hideuses marcottes :

Noduleux courçons que façonnent

Les bruines aux grelots monotones.

 

Au souffle de la bise, aux primes avancées,

S’étirent les marbrures du jardin de Presles ;

Craintifs surmulots, rates engraissées

Accusent encor bombance aux grêles

 

Déversées sur la peau d'un espace clos

Où s’enquillent de rétives percées…

S’attardent les limaces du vieil enclos,

Et qu’agressent parfois les oiselles alcées.

 

Des pauses miroitant de grâce,

Les libellules flottent sans retenue

En amont du lac, puis s’enlacent

Avant de s’envoler en-deçà de la nue.

 

Délicates invites à mon double bercé,

Que ne puis-je, que ne pourrais-je là,

Dépecer de vos sons pleinement nuancés,

L’élégante rythmique, et qui s’accola !  

 

De vos riches ballets dessertis de mésaise,

Les fades lumières se veulent pénétrer ;

Il me semble toucher de la face niaise

L’étrange étonnure, l’évasive métrée.  

 

Subtiles confidences dont l’inclination

Parachève en doux conciliabule l’écho

De mille tances à l’ouïe, avec attention,

En de dolentes plaintes aux sens afocaux.

 

J’aime aux mornes grimes, élever trépied,

Poser aquarelles a l’étoupe fragile ;

Au canevas de mes fauves lapiés,

Un tableau amorcé de tons indélébiles.

 

L’hiver trop précoce aimerait écorcher

De mon style la folle maladresse ;

Aussi, pour ne point l'amocher,

Muni d’égide, ai fait montre d’adresse

 

Afin de fluctuer de l'escobarderie

Le jaseran des mutations : haubert

Où s’engouffrent à chaque avarie,

Les rus emperlés ; les ondes les libèrent.

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

dimanche 13 novembre 2022

REVÊCHES MUES

 
REVÊCHES MUES

 

Regarde le beau rivage ! alanguies,

Vaquent les dryades peau boucanée,

Les sirènes dont le derme tanné

Offense du regard le malheureux targui !

 

S’y défroisse des brumes, le diadème :

Ephémère tiare ; percent des gibbeuses,

Les frimas aux cimes de neigeuses

Qu’accentuent le pinacle trop blême.

 

De mes soleils, à tes lunes flétries,

Aucune radiance au col des rêves,

Chus du désir aux spécieuses trêves

Lestées de caprices contrits.

 

Astreins-moi aux préventives lois !...

M'y soumettrai avec attention,

Sans plus m'en faire… de l'ostentation,

Me dédouanerai, riche de cet exploit.

 

Peu à peu, se faneront nos doutes,

S'altéreront les craintes en ces lieux

Où l'aplomb interpelle le reître bilieux,

Ce servant à l'orée de nos routes.

 

Te coucherai sur de moelleux sofas,

A l’ombre du vieux baldaquin

Délaissé du minable faquin

Dont l'angoisse moleste la diffa.

 

En d’autres mues, corps enchevêtrés,

Briserons les caverneuses plaintes ;

Boirai à ta source, délié de ces feintes,

L'entropique cuvée… s'en m’y déconcentrer,

 

Escaladerai de ton ventre meurtri,

Le nombril… enfiévré d'éréthisme ;

Refoulerai des reflux d'eustatisme,

Ta chair endolorie de stries…

 

En la chambre baignée de doux reflets,

Nos lignes en arceau lieront du matin

La frêle quille de l'instant clandestin,

Épointée de nos formes renflées.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

SACHEZ FAIRE SILENCE

SACHEZ FAIRE SILENCE

 

A trop rêver, on oublie d'accoupler

Et l'esprit, et l'âme, et la foi,

Au Divin Sacrifice, quand le chapelet

De cagotes se coagule au froid.

 

A se flageller de folles harangues,

Se mutiler d'apocryphes libelles,

Le parpaillot à l’ego exsangue,

Intronise le mal, et en suppôt rebelle :

 

Pyrrhonien sectaire, mécréant,

Peut-être, libre-penseur acculé

Aux inférences de géants,

Ou prétendus tels, aux lois éculées.

 

L'enfer où sombrent aux nuits,

Damnés, incubes du parjure,

Est un brasier qu’emmurent

Les plus vils, si l’audace les fuit.

 

Ex cathedra, le prédicant enfume

De présages l’affidé de messe,

L’anachorète mou, que bitument

Moniales, nonnes, devineresses.

 

Bientôt, vous les verrez faner

Aux branches d'un chêne-liège,

En hardes, penailles profanées,

En génuflexion… éjectés du siège

 

De transhumance, d'expiation :

Obséquieux rites de carmel,

Suppliques de substrats, traditions

Percluses d'instances informelles.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

vendredi 11 novembre 2022

TRANSMUTATION

TRANSMUTATION

 

Voyez poindre des rives les reflets opalins

Du fleuve qui serpente aux nuits indomptées !

Ils posent des sillons au cœur du bel été,

De labiles rainures au récif hyalin.

 

Entrelacées parfois d’anonymes ventées,

Les spires se défont des figures vernales ;

Elles semblent ébraser des traces automnales,

Les froides particules, les teintes aimantées.

 

Ecoutez sur la dune les brises chapelées

Peu à peu s’émietter aux dômes des volcans !

L’oisillon doit quitter aux ombrageux décans,

Le nid encor humide, comme décapelé,

 

Pour de la ribambelle suivre sans retenue,

De la migration, le trop fuyant cortège

Où s’accouplent les vents du curieux manège

Egrenant de l’envol aux volutes de nue,

 

Les stratus pris au piège en l’éveil

D’indélicates bruines amoitissant l’azur

Qu'épient encor au clair de l'embrasure

D'infidèles profils qui toujours émerveillent.

 

Regardez se poser sur la berge poudrée

Les premières bernaches, les macroules

Effarées, bondir lorsque s’écroulent

Les friables cliquarts du glissant adret !

 

La nature conquise dévoile ses apprêts

Avant de disparaître au solstice nouveau ;

Les saisons dénouées de ce bel écheveau

Se grisent de pollen, de nuances diaprées.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022