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vendredi 28 octobre 2022

EFFLORESCENT EVEIL

EFFLORESCENT EVEIL

 

S'envole seul l'oisillon moqueur,

Quand le badaud interpelle la rue

Où traîne le passant apparu

En l'aube matutinale, en traqueur.

 

S'entrelacent les amants conquis

Au nord de Bagatelle, les spires

Du Phoebus ; parfois, elles s'étirent,

Repues de rosée, aux maquis.

 

De la lèvre enivrée de soupirs

Suintent encor des baisers

Attisés de promesses grisées,

Enjôlées de frissons ; ils expirent 

 

D'influx savamment agencés,

Du damoiseau ; son cœur en aimante

Le présomptueux d'amantes,

Tel l’entrelacs s'y voulant poisser.

 

Fait beau au soir dans le nid,

Aux branches, quand, à l'aube,

La riche nitescence engobe

De faïence l'ondée démunie

 

Du mistral de la belle Provence,

Aux mas d'oliviers, thym-serpolet,

Juteuse gariguette, cèpes et bolets,

Sous la rotonde d'arborescence.

 

Ici, loin des plaines moussues,

Ma plume s'entoile de feutrine,

Mes stances elles, de moleskine,

En l'antre de mots subtilement cossus.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

AU REVERS DU MIRAGE

AU REVERS DU MIRAGE

 

Les rêves sont des nuits pénétrées de soleil,

Des matins accrochés au revers des nuits ;

Ont de la douceur, quand l’aube s’enfuit,

Toute l’agilité de l’inflexible sommeil.

 

Ils sont des ombres étarquées de lunes,

De molles silhouettes, de fuyants profils ;

Glissent agilement sur le précaire fil

Du temps prisonnier de broutilles falunes.

 

Les rêves sont des mots privés de résonnance,

Des phrases ajustées aux mensonges faciles ;

Accusent du raisonnable la réplique docile,

Enonce du probable toute l’inélégance.

 

Quand l’offense pénètre l’angoisse du pensif,

Imprègne l’idéologue privé d’épistèmê,

Le rêve vient incarner sur l’onde sublimée

La fatale paresse du noroît incisif.

 

Alors…

Se meurent aux premières craintes, les râles

D’insomniaques engouffrés en la mort,

Ce friable tissu plastronné de remords

Encageant le songeur en quête d’idéal.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

mercredi 26 octobre 2022

INHUMATION


INHUMATION

 

Se ferment doucement les volets palpébraux

D’amants agonisant au linceul de licences

Clouant au pilori, au for de manigances,

Les âmes éclatées, ces friables gabbros.

 

S’étiolent peu à peu les rires ingénus

De naïves donzelles, de frêles rosières

Déviergées du loup quittant sa tanière,

Le rusé qu’apprivoise l’arrogance du nu.

 

S’éventent patiemment les lascifs soupirs

De couples prisonniers de jeux libidineux,

D’écarts défiant le triste boutonneux

Evincé du couloir de fastueux empires.

 

Plus personne au balcon du rêve abouti ;

L’amour a pris le large… pérégrine…

S’illusionne le cœur où chagrine

L’ivresse… la mort l’a engloutie.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

IL EST DEJA TROP TARD


IL EST DEJA TROP TARD

 

Femme aux pleurs subtilement posés

Sur l’étrange dupant la gent irraisonnée

Au faîte de passions empoisonnées

De larmes éclatées, de cris décomposés,

 

Tu voudrais t’amender, puis disparaître,

Confesser angoisses et mensonges

Lestés de remords, entoilés de songes

Mis à nu aux flamberges de reîtres.

 

Tes rires portent deuil au silence fragile

De dryades liées, griffées en l’automne

De roses effeuillées, d'ides monotones,

Et qu’enrouent les brises indociles.

 

Femme aux gestes ramoitis,

Halitueuses lèvres de candace brisée,

Tu aimerais aux plus folles risées,

Te laisser emporter au centre du bâti

 

Dédoublant du confort l’aisance

Grisée de tacles aux teintes éculées ;

Y pâlit l’aquarelle désarticulée

D’un trait miné d’intolérance.

 

Au jour démuni d’octobre suranné

Choiront tous tes caprices ; l’absence

Te grimera d’un vieux pastel rance

Enfiellé de rides pris à ta chair fanée.

 

Ne seront plus en ces lourds poncifs,

Les feintes du temps cardé,

Ces riches ornements : offrande d’affidés

Aux sirènes blessées au pied du récif.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

PREMIERES LUNES

PREMIERES LUNES

 

Je m’étais assoupi en l’aurore pâlie,

Au matin assiégé de rêves maladroits ;

Que n’aurais-je en quelque endroit,

En ce lieu semblable, ce parhélie,

 

Si ce n’est cagneuse butée d’attentes

Au rets de désirs fagotés, astreints

Aux vains plaisirs qui, contraints,

Enveniment la joie d’illusions constantes !

 

M’étais encagé de songes athrepsiques,

En fragile poupon d’oniriques percées ;

Lors, naissaient de ces mues nuancées

Qu’insupportable glaire, èbe chimérique.

 

Au matin renaissant, en l’éveil éclatant,

Ma peau battait silences… affligée.

S’éteignaient peu à peu l’aube ennuagée,

La rosée démunie, et qu’exhalait l’autan.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

vendredi 19 août 2022

SEPTEMBRE


SEPTEMBRE

 

Les ombres déclinent, se meurent les vents,

Les plages s'enfoncent dans la baie ;

Flottent en surface le spectre des carbets

Aux cyclones ouvrant larges auvents.

 

Des grands bois, frémissent les gerbilles,

Les souriceaux en quête de feuillage

Pour tapisser du nid le branchage

Sous la volve parsemée de brindilles.

 

De loin en loin, s'enflent les pépiements

D'oisillons sans duvet, ni plumet…

L'automne paraît loin des frasques de mai,

De la flore où de son dénuement

 

Montent la sève culturale, la vigueur

Piégée de septembre, sa verdeur estivale

Entre les stries de serres ogivales

De pergolas liant ma peccante langueur.

 

De la breneuse tourbe, du ruclon, la vermine

Alimente la faune ; on voit encor

Aux lunaisons de sénescents corps

Sous la fumure que la bise achemine.

 

Sevré des restes du mois d'août,

J'emprunte de froids corridors…

Mes yeux s'abandonnent au silence d'or,

Aux bruines chues du lénitif bayou.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

lundi 15 août 2022

IGNIFUGE SOPHISME

IGNIFUGE SOPHISME

 

N'aviez que faire de mes rires figés,

Mes larmes de probant sans haussière

Dérivant des sentes de clairières ;

S’y tanne mon derme d’affligé !

 

Mes rimes d'oaristys sombrent peu à peu

D'élégiaques distiques ; la plume en édulcore

La fadeur… de l’épithalame, nos corps

Récusent l’éloquence… je peux,

 

Sans réserve lier l'iambe, donner

Aux priapées rythme de pastourelle,

Flouer l'hémistiche enquillé aux modèles ;

Le rhapsode en condamne, et sans pardonner,

 

L'achronie…  voudriez-vous en ces soifs

Encor m'abreuver d’empirisme ?

Je talle céans ce brûlant sophisme

Empoté d'orgueilleuses sans coiffe,

 

Domptant des peines la turbulence pleine,

Des chagrins toute l'ambivalence ;

En des poncifs enfiévrés d’expectance,

Me suis assujetti aux aveux de reines…

 

Illusoire, fantasque, la rotrouenge anime

En des sizains la versification…

J'y pose en aède de fortifications,

Des musiques boudées du pusillanime.

 

Villanelles complaintes d'antan,

Fabliaux d'autrefois, comptines de matins,

Dormez-vous quand du ciel adamantin

S'étire l'orbe du cosmos serpentant

 

Entre Cassiopée et Neptune l'infidèle ?

Bercez-vous les nymphes de Corrigan ?

Me plairait parfois en intrigant,

De soulever votre voile rebelle.

 

Des thrènes aux sirventes joutes,

J'ois de l'acrostiche l'assonance ;

Dois-je enclore de la rémanence,

La spécieuse vue des prolégomènes ?


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022