Les rêves sont des nuits pénétrées de soleil,
Des matins accrochés au revers des nuits ;
Ont de la douceur, quand l’aube s’enfuit,
Toute l’agilité de l’inflexible sommeil.
Ils sont des ombres étarquées de lunes,
De molles silhouettes, de fuyants profils ;
Glissent agilement sur le précaire fil
Du temps prisonnier de broutilles falunes.
Les rêves sont des mots privés de résonnance,
Des phrases ajustées aux mensonges faciles ;
Accusent du raisonnable la réplique docile,
Enonce du probable toute l’inélégance.
Quand l’offense pénètre l’angoisse du pensif,
Imprègne l’idéologue privé d’épistèmê,
Le rêve vient incarner sur l’onde sublimée
La fatale paresse du noroît incisif.
Alors…
Se meurent aux premières craintes, les râles
D’insomniaques engouffrés en la mort,
Ce friable tissu plastronné de remords
Encageant le songeur en quête d’idéal.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022
