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vendredi 19 août 2022

SEPTEMBRE


SEPTEMBRE

 

Les ombres déclinent, se meurent les vents,

Les plages s'enfoncent dans la baie ;

Flottent en surface le spectre des carbets

Aux cyclones ouvrant larges auvents.

 

Des grands bois, frémissent les gerbilles,

Les souriceaux en quête de feuillage

Pour tapisser du nid le branchage

Sous la volve parsemée de brindilles.

 

De loin en loin, s'enflent les pépiements

D'oisillons sans duvet, ni plumet…

L'automne paraît loin des frasques de mai,

De la flore où de son dénuement

 

Montent la sève culturale, la vigueur

Piégée de septembre, sa verdeur estivale

Entre les stries de serres ogivales

De pergolas liant ma peccante langueur.

 

De la breneuse tourbe, du ruclon, la vermine

Alimente la faune ; on voit encor

Aux lunaisons de sénescents corps

Sous la fumure que la bise achemine.

 

Sevré des restes du mois d'août,

J'emprunte de froids corridors…

Mes yeux s'abandonnent au silence d'or,

Aux bruines chues du lénitif bayou.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022