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vendredi 19 août 2022

SEPTEMBRE


SEPTEMBRE

 

Les ombres déclinent, se meurent les vents,

Les plages s'enfoncent dans la baie ;

Flottent en surface le spectre des carbets

Aux cyclones ouvrant larges auvents.

 

Des grands bois, frémissent les gerbilles,

Les souriceaux en quête de feuillage

Pour tapisser du nid le branchage

Sous la volve parsemée de brindilles.

 

De loin en loin, s'enflent les pépiements

D'oisillons sans duvet, ni plumet…

L'automne paraît loin des frasques de mai,

De la flore où de son dénuement

 

Montent la sève culturale, la vigueur

Piégée de septembre, sa verdeur estivale

Entre les stries de serres ogivales

De pergolas liant ma peccante langueur.

 

De la breneuse tourbe, du ruclon, la vermine

Alimente la faune ; on voit encor

Aux lunaisons de sénescents corps

Sous la fumure que la bise achemine.

 

Sevré des restes du mois d'août,

J'emprunte de froids corridors…

Mes yeux s'abandonnent au silence d'or,

Aux bruines chues du lénitif bayou.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

lundi 15 août 2022

IGNIFUGE SOPHISME

IGNIFUGE SOPHISME

 

N'aviez que faire de mes rires figés,

Mes larmes de probant sans haussière

Dérivant des sentes de clairières ;

S’y tanne mon derme d’affligé !

 

Mes rimes d'oaristys sombrent peu à peu

D'élégiaques distiques ; la plume en édulcore

La fadeur… de l’épithalame, nos corps

Récusent l’éloquence… je peux,

 

Sans réserve lier l'iambe, donner

Aux priapées rythme de pastourelle,

Flouer l'hémistiche enquillé aux modèles ;

Le rhapsode en condamne, et sans pardonner,

 

L'achronie…  voudriez-vous en ces soifs

Encor m'abreuver d’empirisme ?

Je talle céans ce brûlant sophisme

Empoté d'orgueilleuses sans coiffe,

 

Domptant des peines la turbulence pleine,

Des chagrins toute l'ambivalence ;

En des poncifs enfiévrés d’expectance,

Me suis assujetti aux aveux de reines…

 

Illusoire, fantasque, la rotrouenge anime

En des sizains la versification…

J'y pose en aède de fortifications,

Des musiques boudées du pusillanime.

 

Villanelles complaintes d'antan,

Fabliaux d'autrefois, comptines de matins,

Dormez-vous quand du ciel adamantin

S'étire l'orbe du cosmos serpentant

 

Entre Cassiopée et Neptune l'infidèle ?

Bercez-vous les nymphes de Corrigan ?

Me plairait parfois en intrigant,

De soulever votre voile rebelle.

 

Des thrènes aux sirventes joutes,

J'ois de l'acrostiche l'assonance ;

Dois-je enclore de la rémanence,

La spécieuse vue des prolégomènes ?


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

mardi 2 août 2022

DEROUTANTES INTRICATIONS


DEROUTANTES INTRICATIONS

 

Quand ma pensée essouche du passé

Les mutantes défaites, les perfides frottées,

Les désirs s’en viennent ressasser

Les spoliations de ces unions ratées,

 

Et qui de l’hédonisme, en des nuits glacées,

Perforent le cliché de brèves unions

A l’heure où les amants y semblent nuancer

Du fantasme buté l’escarre du brion.

 

Quand mes songes pénètrent l’adolescence folle,

Ecalent de mes mots la vexante phonie,

Mon verbe en sa faconde molle,

Tonitrue au faîte d’abruptes gémonies.

 

Affolé des grimaces de la gent narquoise,

J’aspire de ma ruine en un spécieux deuil

Les restes épandus sous la toise

Du temps flou se brisant à mon seuil.

 

Lors, je fais montre en ces rudes escales

Et avec prud’homie, de componction,

Brisant de l’obséquiosité le reflet afocal,

De la servilité la hideuse fonction.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

GENEREUSE DONNE


GENEREUSE DONNE

 

Je donne des forêts, des lacs, des jardins,

Aux vents se délaçant des cruelles tempêtes ;

J’offre aussi aux saisons qu’émiettent

Les solstices voilés de cycles almandins,

 

Beauté du renaître en un matin bruineux…

J’allume de l'espace l’imprécise forure,

Duvetant peu à peu de l’épaisse fourrure,

Le trop souple bâti, ce revers cotonneux.

 

Je pose le maillet au galbe d’années

Dont sont tributaires fugitives heures,

Succinctes minutes, secondes floues : leurres

Au bout du gluau de cycles surannés.

 

Je desserre l’ajour de l’abstruse nuit

Couchant sur nos remords, son drapé :

Filandreuse parure quelquefois achoppée,

Chatonnée d’affiquets, l’agouant ennui.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

samedi 16 juillet 2022

SANS ECURER L’ASCESE (AUX MORTES BRUMES)

SANS ECURER L’ASCESE

(AUX MORTES BRUMES)

 

Au soir d’inhumaines ivresses,

Fantasques… de coupables liaisons,

Quand la mort vient taler la raison,

Les femmes piègent de détresses

 

L’amant dépité : ce triste greffier

Miaulant aux nuits bleues :

Vil grippeminaud au mont sableux

Que foule l’ocelot toujours mystifié.

 

Aux geôles d’hédonisme, avec lésinerie,

La matrone d’un miteux bordel :

Maritorne poudrée, volage asphodèle

Dévoie la rosière de l’aumônerie.

 

Le vice fait recette en ces flottantes ides ;

Agnostiques et clercs tissent de l’absolu

En cette récréance, l’euphorie goulue

Dont s’imprègne le mol achalé de rides.

 

De larmes retenues, au fatales plombées,

S’enorgueillit la vierge blessée,

La mutine nymphette, lasse, oppressée,

Comme déracinée de l’axe bilobée.

 

On voit poindre des rires, les entend

Percer la douleur liant la retenue ;

Les mots vrais en détissent du nu,

L’irrévérencieux ton, l’abattant

Couvant de l’alliance… au temps

Des froides grimes, la belle ingénue

Venue mordre au péché qui lui tend

La carogne, au spectre hésitant,

Le fruit gaulé et son pulpe charnu.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

lundi 11 juillet 2022

EN L’AZUR ESTIVAL

EN L’AZUR ESTIVAL

 

Il y a des vagues dont le crachin poudrait

Les revêches frisures… les vents en dénudaient

La lame sur corail quand s’y venaient vider

D’acidifiantes bruines détachées de l’adret.

 

Il y a encor des algues sous la houle,

Du fretin, du nostoc pollué, du plancton

Dérivant du rostre, au fin ponton

Où les conques fatalement blackboulent.

 

On voyait de l’azur, les mouettes rieuses,

Les sternes vagabondes, les frégates

Balayant de leurs ailes, au ciel agate,

Les nuages renflant au soir la nébuleuse.

 

Et puis, il y a nous : deux pèlerins

Surpris des tempêtes cuivrées…

Il y avait aussi accroché à l’ivraie,

Le hallier coupant redouté du marin ;

Sous le roseau, la douceur de tes reins,

La pâleur de ta peau me voulant sevrer.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

 

samedi 9 juillet 2022

MAGNANIME GENTRY




MAGNANIME GENTRY

 

Le monde est un miroir où s’allongent

Des êtres asexués, des profils mutants ;

Leur chair que les ans rongent

Pendouille en lambeaux, aux ires lévitant.

 

C’est en ce microcosme boudé du Ciel,

Que s’attardent les âmes engrossées

Du sophisme des clercs… l’essentiel

Est ailleurs…  En l’éclos d’androcées.

 

Ceux qui fardent du temps avec faste,

Le trompeur stoïcisme, amputent

De l’amour le galbe prometteur ; les castes

S’en infèrent aux prémisses que dupe

 

L’enthymème du raisonnement creux…

Peut s’en faut qu’advienne en ces flous

L’atticisme qui, de Quintilien, ce preux

Admoneste l’ego si le verbe l’encloue,

 

Loquacité d’Isocrate puisant en logographe

La sagesse pratique finement agencée

Du rhéteur mis à mal, sans parafe,

Sans sceau, ni pointes nuancées.

 

Le monde les a couverts d’un drapé mité :

Funeste toge empruntée au silène

Paradant au cénacle dont il a hérité,

Lié au triumvirat recognant cet hellène.

 

Avant de naître au soir, d’eau, de sang,

A sa table faisait invite aux gueux.

Mais ce monde invaincu du puissant,

S’étoffe de cancanes de prélats fougueux.

  

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022