MAGNANIME GENTRY
Le monde est un miroir où s’allongent
Des êtres asexués, des profils mutants ;
Leur chair que les ans rongent
Pendouille en lambeaux, aux ires lévitant.
C’est en ce microcosme boudé du Ciel,
Que s’attardent les âmes engrossées
Du sophisme des clercs… l’essentiel
Est ailleurs… En l’éclos d’androcées.
Ceux qui fardent du temps avec faste,
Le trompeur stoïcisme, amputent
De l’amour le galbe prometteur ; les castes
S’en infèrent aux prémisses que dupe
L’enthymème du raisonnement creux…
Peut s’en faut qu’advienne en ces flous
L’atticisme qui, de Quintilien, ce preux
Admoneste l’ego si le verbe l’encloue,
Loquacité d’Isocrate puisant en logographe
La sagesse pratique finement agencée
Du rhéteur mis à mal, sans parafe,
Sans sceau, ni pointes nuancées.
Le monde les a couverts d’un drapé mité :
Funeste toge empruntée au silène
Paradant au cénacle dont il a hérité,
Lié au triumvirat recognant cet hellène.
Avant de naître au soir, d’eau, de sang,
A sa table faisait invite aux gueux.
Mais ce monde invaincu du puissant,
S’étoffe de cancanes de prélats fougueux.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022
